Urbanisme au Burkina : « Aide-toi et le ciel t’aidera », enseigne Me Bénéwendé Sankara

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Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville, Me Bénéwendé Sankara, a animé une conférence de presse, ce vendredi 26 février 2021, pour annoncer les grands chantiers de son département. Des réformes sont attendues, a prévenu le ministre.

Après être installé aux affaires officiellement le 15 janvier 2021, Me Bénéwendé Sankara était face à la presse ce vendredi 26 février 2021 pour décliner les grands chantiers de son département. A l’en croire, il a été instruit par le président du Faso, Roch Kaboré, pour mettre en œuvre plusieurs réformes.

Le juriste de formation doit mettre en place une réforme des textes régissant le foncier urbain et rural, a-t-il dit. La contribution à l’évaluation pertinente du processus de mise en œuvre de la Réforme agraire et foncière (RAF) de 1984 à nos jours, est attendue. Pour Me Bénéwendé Sankara, il s’agit « d’en extraire le socle vertueux qui a permis la réalisation de multiples aménagements réussis » au Burkina Faso.

La promotion immobilière est l’une des patates chaudes entre les mains du nouveau ministre de l‘Urbanisme. Des voix se lèvent de plus en plus pour dénoncer des faits peu catholiques dans ce domaine. Me Bénéwendé Sankara semble en avoir conscience et fait la promesse d’entreprendre des révisions de plusieurs textes dont l’objectif global est « de mieux encadrer le secteur et en particulier l’activité de promotion immobilière avec pour but ultime d’offrir un logement décent à chaque Burkinabè ».

Pour le ministre Me Bénéwendé Sankara, les réformes doivent relever les défis et trouver des réponses aux nombreuses attentes des populations.

Quant aux autres réformes, il s’agit entre autres de la mise en œuvre des projets structurant dans chaque ville ; la création d’un environnement propice à l’accroissement de l’offre de logements publics et privé ; et l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme quinquennal conséquent de production de logements sociaux et économiques en privilégiant les habitas à loyers modérés.

« Ce sont des capitalistes, ils aiment l’argent… »

« Aide-toi et le ciel t’aidera, prends en main ton destin, c’est ce que nous enseignons », a-t-il déclaré. Pour le ministre, le lotissement est d’abord l’affaire de la population et non celle des sociétés immobilières. « Quand j’ai rencontré les promoteurs immobiliers, je leur ai dit : quand on crée une société commerciale, c’est pour faire du profit, du business, ce n’est pas pour faire du social. C’est clair ! Ce sont des capitalistes, ils aiment l’argent ; plus ils en ont, plus ils en prendront »,a-t-il expliqué.

Des proches collaborateurs du ministre étaient présents à la conférence de presse.

Toutefois, lorsqu’il s’agit de « l’exploitation de la misère du peuple », le ministre, « en tant que sankariste », dit interpeller le peuple sur sa dignité. « C’est nous, puisque j’ai cette flexibilité d’être collé à nos traditions, jadis, on ne vendait pas la terre. Nos arrières grands parents ne vendaient pas la terre au Burkina. Mais aujourd’hui, la terre est devenue un instrument de thésaurisation », a-t-il indiqué.

Me Bénéwendé Sankara a reconnu que « la loi a blessé et a péché ». Il a rassuré que le gouvernement va s’assumer en arrêtant cette pratique. « Et de la belle manière pour que celui qui est avec la loi soit protégé. Celui qui n’est pas avec la loi, eh bien, ne comptez pas sur nous », a-t-il tranché.

Selon le ministre Bénéwendé Sankara, l’apparition de la notion « Ville » dans la dénomination de son ministère interpelle sur la nécessité d’une approche globale, du renforcement des actions de gouvernance et de cohésion urbaine des interventions des différents acteurs.

Cryspin Masneang Laoundiki

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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