Transport urbain au Burkina Faso : Vers l’élaboration d’une stratégie de mobilité urbaine

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Transport urbain au Burkina Faso : Vers l’élaboration d’une stratégie de mobilité urbaine

« L’urbanisation est une réalité mondiale. La ville africaine doit se réinventer pour se retourner vers elle-même pour pouvoir être aménagée en fonction de ce que nous sommes », préconise le premier responsable du département des transports lors de l’ouverture d’un atelier de 48 heures, le 13 mars 2018 à Ouagadougou. A ce titre, le gouvernement, les autorités municipales et la Banque mondiale multiplient les actions en vue de répondre au besoin d’infrastructures et de services de base urbains.
Pour Vincent Dabilgou, l’érection du ministère des transports, de la mobilité et de la sécurité témoigne de l’engagement du gouvernement à prendre en charge les questions liées aux transports urbains et à la mobilité. Ce ministère, faut-il le rappeler, vise deux objectifs majeurs : Créer des villes qui produisent des richesses et permettre aux Burkinabè de vivre dans des citées où il n’y aura point de pollution. Toutefois, sans une meilleure stratégie, des plans d’actions mais surtout un dialogue continu entre les différents acteurs, ces défis complexes sont voués à l’échec. Car la problématique de la mobilité urbaine est transversale.

Transport urbain au Burkina Faso : Vers l’élaboration d’une stratégie de mobilité urbaine« On doit traiter avec les municipalités, des opérateurs au niveau des transports, mais nous devons aussi traiter avec beaucoup d’efficacités parce qu’il faut des financements. C’est pour ça que vous avez à côté ici la Banque mondiale qui nous accompagne », a dit le ministre en charge des transports.
Poursuivant, il a fait part de sa conception de la voirie urbaine : « Le Burkinabè n’est pas nécessairement le même que le Français. Donc, nous ne devons pas concevoir la route comme si nous étions en France. Il faut concevoir la route en nous regardant nous-mêmes. Permettre à ceux qui ont les deux roues d’avoir une partie de la route, la plus grande pour circuler ».

Parti du constat que les Burkinabè ont du goût pour le déplacement, le ministre a révélé qu’ils se déplacent au moins 3,5 fois par jour. D’abord pour aller chez eux. Ensuite pour aller au service mais aussi pour les relations interpersonnelles et familiales.

Transport urbain au Burkina Faso : Vers l’élaboration d’une stratégie de mobilité urbaineLa mobilité urbaine en plus d’être une préoccupation pour la Banque mondiale, constitue un vecteur de développement économique des villes, selon la spécialiste principale en transport à la mission résidente de la Banque mondiale au Burkina Faso. Et qui dit développement économique dit certainement lutte contre la pauvreté.

« Si nous voulons aider le pays à accroitre sa capacité à lutter contre la pauvreté, il faut qu’on soit à ses côtés quand il a besoin de nous », a lancé Adjiratou Sawadogo. Relativement aux transports urbains, l’institution s’est résolument engagée à aider les autorités à planifier et à avoir une vision du type de mobilité souhaité. « Nous les aidons avec les expériences internationales que nous avons la chance d’avoir : Comment on adapte le Burkina à la mobilité ? Comment on adapte les paramètres de mobilité de notre cité vis-à-vis des préoccupations du développement économique et la fonction économique de nos villes ? » ajoute Mme Sawadogo.

En retour, le département des transports et du développement digital et celui du développement urbain à la Banque mondiale placent un espoir sur les résultats de cet atelier.

Transport urbain au Burkina Faso : Vers l’élaboration d’une stratégie de mobilité urbainePour sa part, le maire de la ville de Ouagadougou a fait un témoignage : « Tous les jours, nous sommes interpellés par les citoyens par rapport à l’occupation anarchique des rues, à l’encombrement des camions et à l’étroitesse des avenues ». Et d’ajouter : « Cet atelier doit donner un signal fort aux Burkinabè. Maintenant, nous allons passer à l’action ».

Ces journées de réflexion, faut-il le souligner, s’inscrivent dans une dynamique de prolongement du processus global qui a permis de définir les textes de création de l’Autorité organisatrice de la mobilité urbaine et celle des transports urbains de Ouagadougou.

A l’issue de travaux, une feuille de route déclinant les actions phares à mettre en œuvre par les différents acteurs en charge de la mobilité urbaine sera élaborée. Les formes de management, de régulation, des besoins et des sources de financement de la mobilité urbaine seront également définis.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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