Syndicat du trésor- Gouvernement burkinabè : Toutes les compromissions se payent !

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Syndicat du trésor- Gouvernement burkinabè : Toutes les compromissions se payent !

Le 8 mai, le Syndicat autonome des agents du trésor du Burkina (SATB) entamaient un débrayage de deux semaines. Cela après moult sit-in, grèves de quelques jours et grèves illimitées au cours desquels ils ont fermé tous les guichets, et joué aux cartes… Le 29 mai 2017, il a signé un protocole avec le gouvernement.

Pendant la signature et après, les journalistes ont fait des pieds et des mains, pour connaitre le contenu dudit accord. Motus et bouche cousue. Portes fermées des deux côtés. Le Syndicat, très prompt à appeler ses ‘’amis de la presse’’ pour faire écho de ses mécontentements, est resté désespérément aphone. Rien n’a filtré. Et ce manque de transparence a été entretenu de ‘’connivence’’ avec le gouvernement.

La poule aux œufs d’or, la caverne d’Ali Baba a été soigneusement gardée. Pourquoi le grand public (qui a le plus souffert des multiples grognes) ne méritait pas de savoir ce qui a été concédé de part et d’autre ? Les acquis étaient-ils tellement mirobolants pour susciter des jalousies ou inspirer d’autres groupes ?

« Au nom des militants du SATB, je félicite le gouvernement pour avoir accepté, même si ce n’est pas dans l’intégralité, de répondre favorablement à nos préoccupations », avait déclaré Séini Kounda, SG du SATB après la signature du document.
Quelle ne fut pas la surprise d’apprendre que les acolytes d’hier ne sont pas finalement tombés d’accord ! Et c’est le SATB qui crie encore au scandale parce que son partenaire n’a pas été si loyal. L’idylle est donc finie entre les deux ‘’partenaires sociaux’’.

Dans un communiqué signé le 16 juillet 2017, le gouvernement mettait en garde le syndicat. Le porte-parole du gouvernement qui a signé le communiqué note « le caractère illégal du mouvement de débrayage général initié par le SATB car n’ayant fait l’objet d’aucune autorisation préalable comme l’exigent les textes en la matière et dénonce toute velléité d’extension de ce mouvement à tout autre syndicat ».

En refusant de rendre public le contenu du protocole, le SATB s’est tiré une balle dans le pied. L’opacité qui a entouré ce fameux document profite finalement au gouvernement qu’à Séini Kounda, SG du SATB et ses camarades. L’opinion n’a pas oublié et est ‘’fatiguée’’ de ce jeu du chat et de la souris.

Comme le disait Norbert Zongo dans l’éditorial, n° 00 du 03 Juin 1993, « toutes les compromissions se payent ». Une belle leçon de lutte.


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T.C.S.
Lefaso.net

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