Situation nationale : « S’ils ne peuvent pas, ils rendent le tablier et on repart à des élections ! », Zéphirin Diabré

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Situation nationale : « S’ils ne peuvent pas, ils rendent le tablier et on repart à des élections ! », Zéphirin Diabré

Venus de l’ensemble du territoire national, les membres du BPN de la première force politique de l’opposition, l’UPC, ont non seulement parlé de la vie du parti, mais également de la situation nationale. Dans cette salle de conférences du Centre Cardinal Paul Zoungrana, c’est par l’hymne du parti que les participants ont donné le ton des travaux.

Bien avant, Zéphirin Diabré et ses camarades ont observé une minute de silence en la mémoire des éléments des Forces de défense et de sécurité tombés sur le champ d’honneur.

Le président du parti est ensuite revenu sur quelques grands axes de la vie du parti, notamment le dernier congrès qui, selon lui, a été « fructueux et enrichissant ». « Le dernier congrès a été un succès très éclatant, déjouant tous les pronostics de mauvais augure. Ce qui a fermé beaucoup de bouches qui parlaient rapidement », titille le président du parti.

L’ouverture des travaux a été l’occasion pour les journalistes de revenir sur des questions d’actualité. Ainsi, sur la marche-meeting du 29 septembre prochain, Zéphirin Diabré a tablé sur les raisons qui ont conduit à l’organisation de cette manifestation. Il précise que ce n’est pas une « manifestation de l’opposition, mais plutôt de l’ensemble des forces vives de la nation ».

« S’il y a eu une casse, c’est que Simon a acheté des voyous »

Selon lui, la manifestation va maintenant au-delà de l’opposition. « Venir à la marche-meeting, ça ne veut pas dire qu’on est avec l’opposition ; ça veut dire qu’on veut sonner le tocsin pour qu’ils [les dirigeants, ndlr] se réveillent », exhorte-t-il avant d’affirmer que depuis que la manifestation a été annoncée, l’on sent que les lignes ont commencé à bouger.
Il en veut pour preuve la rencontre du Conseil supérieur de la défense qui, relève-t-il, ne s’était pas réuni depuis plus de six mois ; la prise de décret pour prendre en charge les pupilles de la nation (les enfants des soldats tués depuis janvier 2016) ; les sorties auprès des communautés sociales pour demander les prières.

« Tout cela nous encourage que nous devons continuer à faire ce que nous faisons en tant qu’opposants ; notre rôle est de nous opposer, notre rôle n’est pas d’être la boîte à idées du MPP ou de son pouvoir. Ils ont été élus parce qu’ils ont dit qu’ils ont la solution. S’ils ne peuvent pas, ils rendent le tablier et on repart à des élections ! », a noté M. Diabré, invitant, en outre, toutes les couches socio-professionnelles à la mobilisation.

Situation nationale : « S’ils ne peuvent pas, ils rendent le tablier et on repart à des élections ! », Zéphirin Diabré« Qu’ils n’aient pas peur. Il n’y aura pas de déstabilisation de quoi que ce soit. Ils me connaissent bien, ils connaissent l’opposition. Je n’ai jamais dirigé une marche dans ce pays-là et qui s’est terminée par une casse. Si le 29, il y a eu une casse, c’est que Simon a acheté des voyous pour qu’ils viennent le faire. Mais, ce n’est pas Zéphirin Diabré.
Qu’ils sortent nombreux pour qu’on montre au gouvernement du président Roch Kaboré qu’on n’est pas content ; cela fait deux ans et demi qu’il est au pouvoir avec son équipe. Nous ne nous attendions pas à ça, nous nous attendions à un vrai changement ; ce que nous voyons là, ce n’est pas pour ça qu’on est sorti et qu’on s’est battu », a soutenu le porte-parole de l’opposition, qui dit avoir l’impression que les dirigeants prennent les affaires du pays à la légère.

En réaction aux propos de Me Bénéwendé Stanislas Sankara, président de l’UNIR/PS (majorité présidentielle), Zéphirin Diabré a, sous un ton négligé, martelé : « Est-ce que vous pensez vraiment que moi, je vais passer mon temps à répondre à des politicards comme Bénéwendé Sankara ? Je ne suis pas dans ce registre-là. Il est très connu sur la scène politique. Ça fait deux décennies qu’il est là. Il conduit un parti dont on voit là où il a pu l’amener. Il est supposé défendre une cause que l’on voit.

Vraiment, je pense que quand nous avons l’occasion de nous rencontrer, parlez-moi des gens plus sérieux que ça et évoquons des questions des plus sérieuses pour la vie de la Nation. (…). Des pleurnicheries de leaders politiques qui sont supposés gérer un pays et qui passent leur temps à pleurer sur ce que fait et dit l’opposition. Ils n’ont qu’à se mettre au travail et puis nous oublier ».

Une collecte de fonds en soutien aux Forces de défense et de sécurité

Le Chef de file de l’opposition politique a saisi ce moment pour annoncer une initiative de soutien aux Forces de défense et de sécurité, inscrite dans le cadre de la marche-meeting du 29 septembre 2018.

« Nous avons décidé de lancer une souscription et de demander à tous ceux qui viendront à la manifestation, de préparer un petit quelque chose pour remettre à un comité qui sera chargé de transmettre aux Forces de défense et de sécurité, pour les encourager dans le travail qu’elles font.

Donc, j’invite vraiment tous ceux qui viendront, même ceux qui ne pourront pas venir à la manifestation, de trouver un moyen pour que cette contribution nous parvienne au niveau du CFOP [Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso, ndlr] afin qu’à l’issue de la marche, nous puissions donner ce qu’on aura récolté à nos vaillants soldats qui se battent de manière démunie, sans équipements, sur le front de la terreur », a dévoilé Zéphirin Diabré sous fond d’appel.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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