Retour volontaire de 146 migrants burkinabè de la Libye

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Des migrants burkinabè en provenance de la Libye ont été accueillis dans l’après-midi du mercredi 13 septembre 2017 à l’Aéroport international de Ouagadougou. Ils sont au total 146 personnes dont 13 dames, une fillette et un bébé. L’âge moyen de ces jeunes est de 30 ans.

Organisé par le gouvernement burkinabè et l’agence onusienne pour les migrations (OIM) avec l’appui financier de l’Union européenne, ce retour volontaire s’inscrit dans le cadre du programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration (AVRR) de migrants.

« L’OIM n’intervient pas dans les retours forcés ou les expulsions, mais elle dispose d’un programme d’appui au gouvernement pour le retour volontaire des migrants dont l’objectif est d’offrir, en bon ordre et dans les conditions respectueuses de la dignité humaine, la possibilité d’un retour et d’une réintégration à des migrants qui ne peuvent ou ne veulent plus rester dans le pays d’accueil et souhaitent retourner volontairement chez eux », a fait comprendre la Chargée de projet à l’OIM Burkina, Nathalie Duveiller.

Le Conseiller technique de la ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, Youssoufou Ouédraogo, a remercié l’OIM et les autorités pour leur soutien constant à ces jeunes. Il s’agit de la 3e vague de migrants burkinabè ayant pris l’initiative de rentrer au bercail « dans la dignité humaine ».

Des migrants témoignent

« Nous, on en avait marre et puis on est parti en Libye. Mais, vraiment, les problèmes qu’on a vécus en Libye, on ne peut pas expliquer. Même si tu es dans ta chambre, malgré n’importe quels papiers que tu possèdes,… d’ailleurs ils n’ont pas besoin de papiers, ils ont seulement besoin de l’argent. On t’attrape et on te met en prison si tu n’en as pas. On n’était pas libre là-bas. C’est pourquoi nous retournons dans notre pays pour avoir la paix. Sinon, vraiment, tu pars pour chercher et tu fais des pertes ». (Mounirou Zombra)

« Huit mois de prison, on ne mange pas, mais par la grâce de Dieu, ça va. Il y a eu des morts. C’est un autre monde. Ce n’est pas facile. Nous remercions les autorités… J’appelle ceux qui veulent partir de changer rapidement d’avis. Ma destination, c’était de partir en Italie ». (Tendéogo Mariam).

« On ne peut pas perdre le temps là-bas et puis ça ne marche pas. Ça ne fait que s’empirer. C’est pour cela on est revenu. On n’était vraiment pas à l’aise. Ce n’est pas la peine d’aller en Libye. Il n’y a même pas de route pour y aller. Toutes les routes sont bloquées. Ceux mêmes qui sont là-bas, pour sortir c’est tout un problème. La nuit à 3h du matin, on vient ramasser les gens pour aller les mettre en prison. Vraiment, ce n’est pas la peine. On ne peut pas parler quoi ». (Daboné Emile).

Ce retour volontaire de migrants est organisé en collaboration avec le ministère des affaires étrangères ainsi que celui de la solidarité nationale. De janvier 2017 à ce jour, le Burkina a enregistré 529 migrants retournés volontairement du « Pays de Kadhafi » sur un total de 1560 migrants de 2012 à maintenant.

Les 146 migrants dont 13 femmes, une fillette et un bébé accueillis ce 13 septembre ont été conduits sur le site d’hébergement du Centre de formation professionnelle de Ouagadougou (CFPO) de Somgandé. Ils seront pris en charge par le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) et la direction régionale de la solidarité nationale avec l’appui de l’OIM.

Ils bénéficieront chacun d’un appui technique et financier afin de rejoindre leurs localités d’origine, subvenir aux besoins élémentaires et de réintégrer la société de façon durable.

Noufou KINDO

Burkina 24

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