Quota genre aux élections : La Majorité présidentielle déclare son soutien à la mise en œuvre de la loi

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Quota genre aux élections : La Majorité présidentielle déclare son soutien à la mise en œuvre de la loi

Une rencontre d’échanges et de plaidoyer sur la loi portant fixation de quota et modalités de positionnement des candidat(e)s aux élections législatives et municipales au Burkina Faso, a eu lieu ce jeudi 17 septembre 2020 entre la ministre de la Femme, Marie Laurence Ilboudo/Marshall, et les responsables de l’Alliance des partis politiques de la majorité présidentielle (APMP). Cette initiative émane du PNUD, en partenariat avec le SP/CONAP Genre, la CENI et quatre OSC féminines influentes, parmi lesquelles le Cadre des OSC et le Caucus genre.

La tenue de la présente rencontre coïncide avec le début de la réception des candidatures en vue des échéances électorales prochaines. « Il était bon que nous puissions rappeler aux acteurs politiques, cette loi qui a été votée le 22 janvier 2020 pour permettre une plus grande visibilité des femmes en politique. Ce qui peut ressortir, c’est que nous avons fait un plaidoyer sur cette loi portant quota et modalité de positionnement des candidat(e)s aux élections législatives et municipales. Ils ont été très attentifs. Nous n’allons pas être utopiques pensant que nous allons arriver au 30% comme le dit cette loi, mais nous avons attiré l’attention des acteurs politiques que si nous ne pouvons pas atteindre 30%, nous ne devons pas être en dessous de ce que nous avons aujourd’hui », a signifié la ministre de la Femme, Marie Laurence Ilboudo/Marshall, tout en invitant « ses sœurs » à davantage s’impliquer pour que la lutte aboutisse.

Le premier électeur d’une femme, c’est son mari

Au cours de cette rencontre, des préoccupations sont revenues sur la table des discussions, comme les mesures d’accompagnement des femmes positionnées sur la liste des candidats, les pesanteurs socio-culturelles, les préjugés et les stéréotypes qui entravent la participation de la femme dans la vie politique. A toutes ces préoccupations, la ministre a apporté des réponses. Selon elle, le premier électeur d’une femme, c’est son mari. « S’il ne peut pas vous aider, ce n’est pas la peine d’aller en politique. D’où l’idée de commencer l’apprentissage dans le couple, c’est-à-dire faire comprendre à l’homme que votre engagement c’est peut-être une ambition personnelle mais aussi la volonté de participer et d’être un modèle », a-t-elle laissé entendre. Elle a aussi abordé le cas des chefs coutumiers accusés à tort ou à raison d’être une entrave à la participation des femmes dans les instances décisionnelles.

« Nous aurions souhaité avoir ces éléments d’informations un peu plus tôt »

En tant que ministre de la Femme, elle confie avoir fait le plaidoyer auprès de la chefferie coutumière, à commencer par le Mogho Naaba Baongo qui s’est engagé à accompagner les femmes en politique. « C’est souvent un disque rayé des hommes pour éliminer les femmes », a-t-elle rétorqué. Cette rencontre a pu atteindre ses objectifs escomptés. Comme engagement, on peut retenir le soutien de l’APMP à accompagner les femmes dans la politique. « C’est vrai que nous aurions souhaité avoir ces éléments d’informations un peu plus tôt, mais il vaut mieux tard que jamais. Nous n’avons pas encore déposé nos listes. Nous pouvons toujours faire des aménagements pour mieux positionner les femmes aux élections législatives (…) Nous osons croire que chaque parti à fait ce qu’il devrait faire pour atteindre ses objectifs », a, pour sa part, notifié le coordonnateur de l’APMP, Clément Sawadogo.

Suite aux échanges engagés au cours de la présente rencontre, la ministre Ilboudo/Marshall a pris l’engagement de poursuivre le plaidoyer. Parce qu’après les législatives, il y a des élections très sensibles de proximité que sont les élections municipales. « C’est un travail qu’il faut mener d’arrache-pied et sur la durée, pour avoir des résultats à la hauteur des attentes », a reconnu M. Sawadogo. Avant de se quitter, la ministre a remis à Clément Sawadogo une brochure de la loi portant fixation de quota, une copie de son décret d’application, des documents de plaidoyer et des supports audio de la loi traduite en langues nationales.

Aïssata Laure G. Sidibé

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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