Positionnement des femmes sur les listes électorales : L’Assemblée nationale monte au créneau

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Le réseau « caucus genre » de l’Assemblée nationale a initié, du 3 au 8 avril 2019 à Ouagadougou, des rencontres de plaidoyer auprès des partis politiques pour la responsabilisation politique des femmes sur le thème «Positionnement des femmes sur les listes électorales». Ces rencontres visent à faire une compilation des meilleures stratégies en matière de positionnement des femmes sur les listes électorales.

Le Burkina Faso s’est engagé pour prendre en compte la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques avec l‘adoption de la loi portant quota genre en 2009. Cependant avec cette loi, son application jusqu’à présent n’a pas produit les résultats escomptés.

Malgré l’importance numérique des femmes, le constat est qu’elles contribuent peu à l’animation de la vie politique alors qu’elles constituent paradoxalement un potentiel électoral important. A l’Assemblé nationale, on a 15 femmes sur les 127 députés et un taux de 2,43 % des femmes maires au Burkina Faso.

Les membres du caucus genre de l'Assemblée nationale
Les membres du caucus genre de l’Assemblée nationale

Dans l’optique d’impliquer plus les femmes à la chose politique et de rechercher un meilleur positionnement sur les listes électorales, le caucus genre de l’Assemblée nationale organise du 3 au 8 avril 2019 à Ouagadougou, des rencontres avec les partis politiques sur le thème «Positionnement des femmes sur les listes électorales».

Il s’agit de rencontrer les différents partis politiques pour échanger sur la question afin de trouver une stratégie pour promouvoir la participation des femmes aux sphères de décision du Burkina Faso. Le député Noël Toé, membre du caucus genre à l’Assemblée nationale, a fait comprendre, lors d’une rencontre le mercredi 3 avril 2019 à Ouagadougou, que ce plaidoyer rentre dans le combat pour la responsabilisation politique et l’autonomisation économique des femmes.

« La gent féminine représente plus de 50% de la population burkinabè. Il est important que cette frange de la population ne puisse pas être mise en marge du processus de développement. Il est aussi important que la loi sur le quota genre que nous avons votée puisse être mise en œuvre intégralement par les Etats-majors des partis politique », a-t-il indiqué. A écouter le député Toé, pendant les processus, les femmes sont mal positionnées sur les listes électorales.

Les membres du parti politique UNIR/PS
Les membres du parti politique UNIR/PS

« Ce qui fait qu’au bout de compte, nous avons -30% de femmes élues. Chaque parti a sa stratégie. A l’issue des différentes concertations des partis politiques, nous prenons les éléments que nous allons compiler et faire un document de plaidoyer afin de voir comment nous pouvons améliorer ces stratégies en matière de responsabilisation des femmes », a-t-il souligné.

Binta Hama, secrétaire nationale chargée de la question féminine de l’UNIR/PS, participante à la rencontre, a salué l’initiative du caucus genre. Pour elle, la participation de la femme aux sphères de décision cause vraiment un problème de contenu.

« Au sein des partis politiques, tout le monde s’appuie sur la loi quota genre pour simplement se contenter d’avoir les 30%. Mais les femmes ne sont pas bien placées sur les listes et au finish, on se retrouve avec peu de femmes élues. La loi sur le quota genre est une bonne chose. Mais, c’est son application qui pose problème, compte tenu du manque de décret d’application, chacun interprète à sa guise », a fait savoir Binta Hama.

Jules César KABORE

Burkina 24

Burkina24.com