Perturbations des cours à Bobo-Dioulasso : L’AEEEF donne de la voix

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Perturbations des cours à Bobo-Dioulasso :  L’AEEEF donne de la voix

« Attachées à l’excellence en milieu scolaire et conscientes des effets néfastes des grèves notoires sur la qualité de l’éducation », l’Association des Élèves et Étudiants pour l’Émergence du Faso (AEEEF) et la Coordination des Délégués Généraux (CDG) des lycées et collèges de la ville de Bobo-Dioulasso ont tenu à donner leur appréciation sur le mouvement de grève du mois de décembre en milieu scolaire et estudiantin à travers la tenue de ce point de presse.

En effet, depuis 1998, le mois de décembre a toujours été une période particulièrement agitée en milieu scolaire et estudiantin. C’est une période marquée par les suspensions de cours avec son corolaire de manifestations contre l’impunité en rapport avec certains nombres de « crimes de sang », notamment l’assassinat du journaliste Norbert Zongo le 13 décembre 1998, de l’étudiant Flavien Nébié le 06 décembre 2000 et celui de l’étudiant Dabo Boukary en mai 1990.

Pour le coordonnateur de l’AEEEF, Omar Traoré, la lutte contre l’impunité ne saurait être une mauvaise chose. « Nous sommes tous engagés dans la même logique ; se battre pour que la lumière soit faite sur ces dossiers de crimes de sang qui sommeillent dans les tiroirs », a-t-il laissé entendre.

Selon lui, la plupart des élèves grévistes ignorent les raisons même de ces manifestations en désertant les classes dès début décembre, ce qui a pour conséquence d’affecter la qualité de l’enseignement et de l’éducation de ces derniers en tant que futurs responsables du pays.

Le coordonnateur de l’AEEEF, d’affirmer que ces grèves notoires, susceptibles de nuire aux ambitions du ministère en charge des enseignements sont défavorables à l’évolution annuelle des élèves eux-mêmes.

Perturbations des cours à Bobo-Dioulasso :  L’AEEEF donne de la voix« Il nous est parvenu de sources dignes de foi que les agitateurs préconisent la fermeture des classes du 04 au 08 décembre et du 12 au 16 décembre 2017 sur l’ensemble des établissements de Bobo-Dioulasso. Cet état de fait n’honore ni la nation, ni notre système éducatif. Cela baisse le volume horaire prévu. Et nous sommes foncièrement défavorables à la forme de lutte », s’est indigné Omar Traoré.

C’est pourquoi, il invite tous ses camarades à se démarquer d’une telle forme de revendication, « pas parce que l’on s’oppose à l’impunité, mais nous ne sommes pas favorables à cette forme de lutte de nature à perturber le bon fonctionnement de notre année scolaire et académique », a dit ce dernier.

Par ailleurs, toujours à l’endroit de ses camarades élèves et étudiants, Omar Traoré les invite à poursuivre les cours normalement aux dates sus mentionnées par les perturbateurs ; à être des acteurs de maintien de la paix, de quiétude en milieu scolaire et estudiantin, qui selon lui est facteur incontestable pour l’atteinte de meilleurs résultats scolaires au bonheur des parents.

Et à ceux qui prônent le boycott de cours en ces périodes-ci, il lance un appel à la retenue et au sens de la responsabilité.

Toutefois, a-t-il interpelé les chefs d’établissements, les autorités en charge de l’éducation et les autorités communales de procéder au démantèlement des kiosques, bars et autres débits de boissons dans les alentours des établissements.

Cette conférence de presse a été également le lieu pour elles (les deux structures) de donner le mot d’ordre de « manifestation citoyenne » à la journée du 13 décembre de commun accord avec l’ensemble des structures sœurs qui se résume au port de brassard noir ce jour-là. « Il va s’agir de marquer un arrêt de cours dans la matinée du 13 décembre afin de se retrouver devant le lycée Ouézzin Coulibaly où seront lues les motions marquant notre sympathie et compassion pour solliciter justice à nos illustres disparus. Et les cours se poursuivront normalement dans l’après-midi », a expliqué le coordonnateur de l’AEEEF, Omar Traoré.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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