Orodara dans les Hauts-Bassins : Une fille  sous contraception à 9 ans

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La caravane de presse qui sillonne la région des Hauts-Bassins et les Cascades dans le cadre de la campagne de communication pour le changement social et comportemental a séjourné du 06 au 11 juillet dans la région des Hauts-Bassins.

Cette  caravane de presse qui s’inscrit dans le programme du projet d’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel (SWEDD) a permis aux hommes et femmes de médias participants  de s’imprégner de la situation de la femme et de la jeune fille dans cette région du Burkina. Le chef de canton de Bobo a rappelé les avantages liés à la planification familiale.

Sa contribution a permis de délier les langues et du témoignage de certaines femmes, les hommes constituent le vrai obstacle à la planification familiale. Plusieurs actions sont menées dans les communautés religieuses afin de donner non seulement à la femme son autonomie financière mais aussi et surtout de protéger la jeune fille du mariage précoce. 

Le Pasteur Siaka Traoré de l’Eglise méthodiste venait d’accompagner une jeune fille qu’il a hébergée et inscrite à l’école parce que promise au mariage. Selon les leaders de l’Eglise évangélique, plusieurs conférences s’adressent aux jeunes filles et abordent des thématiques liées à la responsabilité de la fille face au sexe, son rôle et sa place dans le foyer et l’abstinence comme méthode.

Cependant, les femmes mariées ont des cadres appropriés pour discuter de tout ce qui concerne la famille, y compris le planning familial. Le président de la communauté musulmane Mahama Sanou et ses condisciples,  s’exprimant sur la question du planning familial n’ont pas émis  d’objection, mais pas d’avis favorable non plus au compte tenu des exigences de la religion.

Le district sanitaire de Orodara a quant à lui enregistré un taux important de souscription au planning familial pendant le premier semestre de  2017. La semaine de la planification familiale a été l’élément catalyseur. Elle a permis de recruter 1 025 nouvelles utilisatrices, soit plus de 11% de la cible attendue au cours de la période.

Pendant la semaine du PF, une fille dont l’âge varie entre 8 et 9 ans s’est présentée pour souscrire. Selon Dr Oumar N’Do, la raison est qu’elle se sent active sexuellement. Elle préfère donc se protéger pour éviter une grossesse. Dans cette localité, plusieurs filles de la classe de CM2 ont contracté des grossesses, a indiqué le représentant de la Direction Provinciale de l’Education Nationale.

Awa Bassinga,  la présidente de l’association « Touré ka So ka di» de Péni, a souscrit au planning à deux reprises. S’il est vrai que les femmes parlent du PF dans l’association, elles sont nombreuses à ne pas être autorisées par leur mari. « Certains maris disent à leurs femmes qu’après avoir pris la contraception, elles peuvent continuer  chez elles», a-t-elle indiqué. C’est pourquoi plusieurs femmes sont obligées de se cacher pour faire la contraception avec tous les risques.

Dans la plupart des communes, le travail de la sensibilisation sur le planning familial est laissé aux agents de santé et aux associations. Les collectivités ne font qu’accompagner ces structures. Les associations de parents d’élèves peuvent jouer un rôle capital dans la sensibilisation dans les établissements de la ville de Toussiana. Cependant, aucune initiative n’est entreprise dans ce sens dira Éric Traoré, le président de l’APE du lycée municipal de Toussiana. 

Honoré KOUANGNY

Correspondance particulière

Burkina24.com