Obsèques de Youssouf Ouédraogo

41

L’ancien Premier ministre, Youssouf Ouédraogo, décédé le 17 novembre 2017 à Abidjan en côte d’Ivoire, repose désormais à Tikaré dans la province du Bam. Parents, amis et anciens collègues ont accompagné l’illustre disparu dans sa dernière demeure le mardi 5 décembre 2017.

C’est à Tikaré que repose désormais l’ancien Premier ministre, Youssouf Ouédraogo. Ville qui l’a vu naître un 25 décembre 1952 et qui lui a rendu ses derniers hommages dans la journée du 5 décembre 2017 en présence de sa famille, parents, amis, autorités administratives et politiques.
Partie de Ouagadougou aux environs de 7h, la dépouille mortelle de l’illustre disparu à fait successivement escale à Guibaré, Sabcé et Kongoussi. Dans ces différentes localités, les autorités administratives, coutumières et religieuses ont présenté les condoléances des populations à la famille du regretté. Elles ont exprimé« la perte d’un digne fils qui a beaucoup fait pour la nation.» Elles lui ont traduit leurs reconnaissances et formulé des bénédictions afin que son âme repose en paix et que « le bon Dieu console les cœurs de ses proches».
Après ces escales, c’est aux environs de 11h30 que le convoi transportant la dépouille mortelle a fait son entrée dans la cour familiale à Tikaré sous une forte mobilisation de la population et dans une ambiance pleine d’émotions, rythmées par des prières et invocations des religieux.A cet endroit, la famille et les proches de l’ancien Premier ministre du Burkina Faso ont pu se recueillir sur sa dépouille  dans une certaine intimité avant qu’il ne reçoive les derniers hommages officiels de la nation. Tour à tour, les autorités administratives, coutumières et religieuses, le président de l’association des anciens ambassadeurs et le ministre d’Etat, ministre de la sécurité, Simon Compaoré, représentant le président du Faso, ont reconnu  la perte «d’un valeureux et digne fils du pays des Hommes intègres». Simon Compaoré dans son discours a retracé le parcours de l’homme  jusqu’à son décès et a loué ses qualités d’homme de culture et d’une grande capacité d’écoute. «Rien qu’à écouter le parcours de Youssouf Ouédraogo, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que l’homme a tout donné pour son pays (…) Youssouf Ouédraogo, à l’heure où tu vas rejoindre ta dernière demeure, le gouvernement et la nation tout entière te rendent un dernier hommage et te disent merci pour le service rendu et pour l’héritage que tu nous a légué et que nous avons le devoir de perpétuer pour la postérité», a-t-il affirmé. Le ministre d’Etat a terminé son allocution en souhaitant que son âme repose en paix et que la terre de Tikaré qui l’a vu naître lui soit légère.
La dépouille de Youssouf Ouédraogo a reçu sa dernière prière musulmane aux environs de 13h30 avant d’être enterrée dans sa cour sous le regard triste et impuissant de son épouse et de ses enfants.

Yssouf SANA
[email protected]

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Quelques témoignages de proches du disparu

«Au-delà du service, c’était un homme sociable»
«J’ai travaillé avec Youssouf Ouédraogo pendant deux ans et aujourd’hui nous sommes tous dans la tristesse car nous avons perdu un homme dont le parcours est riche d’enseignements. Ce que je retiens de lui, c’est qu’il était un grand travailleur qui prêtait vraiment attention à tout ce qui touche à son personnel. Au-delà du service, c’était un homme sociable qui n’a cessé de nous soutenir et de nous côtoyer à tout moment».
«Il avait le contact facile, aimait la culture nationale… »
« C’est un haut cadre de l’Etat, un technocrate qui aimait bien son pays, le Burkina Faso et qui a influé sur son développement économique. Il n’a surtout pas oublié sa province du Bam, sa ville Tikaré et la région du Centre-Nord. J’étais assez proche de lui et je puis dire que c’était un homme qui avait le souci de contribuer au développement et un de ses aspects est le jumelage dont il s’est bien occupé. Il avait le contact facile, aimait la culture nationale et cela se traduisait par les proverbes.  Facilement Youssouf vous faisait sortir une centaine de proverbes qu’il trouvait bien à propos pour résumer les situations vécues. Evidemment on a connu sa femme, ses enfants, son père qui est enterré dans la cour ici, donc, c’est la famille. Nous prions en ce jour solennel pour que le bon Dieu le reçoive dans son paradis».
« Socialement, beaucoup de gens ne le comprenaient pas  parce qu’il avait la culture de l’engagement »
« J’ai en gros deux ans de plus que lui mais nous avons été ensemble depuis notre enfance parce que son père était l’ami de mon père. C’est ce qui nous a unis depuis le primaire. J’étais là quand il a rencontré sa femme, j’étais là quand il a soutenu sa thèse et nous étions ensemble en France. Youssouf Ouédraogo était quelqu’un de très intelligent qui sait anticiper les choses ; conséquence, il atteint souvent des résultats qui étaient au-dessus de ce qui était prévu. Les gens s’étonnent de la carrière politique et administrative qu’il a pu avoir mais ce n’est pas étonnant pour moi. Socialement, beaucoup de gens ne le comprenaient pas  parce qu’il avait la culture de l’engagement et il voulait que tout le monde aussi réussisse par l’engagement et le travail. On peut penser qu’il était plus ou moins réservé mais c’est simplement parce qu’il n’avait pas le temps, il travaillait tout le temps. On croit que c’est quelqu’un qui avait la force mais au contraire il était fragile et très sensible».

Propos recueillis par Y.S.

sidwaya.bf