Nuits atypiques de Koudougou : La 22e édition tient ses promesses

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Les Nuits atypiques de Koudougou (NAK)  se sont déroulées, du 29 novembre au 3 décembre 2017, dans la «cité du cavalier rouge». Pour cette 22ème édition, le thème retenu était a. Cette  édition  était placée sous la présidence du ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme,  Issouf Sawadogo, et le parrainage du Larlé Naaba Tigré. 
Après l’ouverture officielle et de la coupure inaugurale de la rue marchande, voilà Koudougou en plein dans les Nuits atypiques. Les Nuits atypiques de Koudougou (NAK), ce sont les spectacles la nuit et la rue marchande la journée, donnant ainsi une vie exceptionnelle à la ville de Koudougou pour un temps. Et pour cette année, vingt et un groupes invités du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Bénin et naturellement du Burkina Faso ont animé les NAK. Côté forain, plus de deux cents stands ont été occupés par les festivaliers venus présenter en majorité des objets d’art. A l’ouverture, l’honneur est revenu au maire de la commune de Koudougou, Maurice Mocktar Zongo, de dire la satisfaction du conseil municipal qu’il dirige pour les effets positifs des NAK sur la vie de sa ville. Il a saisi l’occasion pour saluer le professionnalisme confirmé d’année en année dans l’organisation des NAK. Le directeur du festival, Koudbi Koala, s’est, lui, appesanti sur les difficultés d’une telle organisation. Convaincu que la culture est fondamentale, il a toujours eu du tonus pour la tenue effective du festival. Se prononçant sur le thème de l’édition, Koudbi Koala a dit que le but  est d’intéresser  la jeunesse à sa culture. Elle qui se laisse omnibuler  par la technologie et se nourrit à travers les réseaux sociaux et la télévision. Le patrimoine que nous ont légué nos parents et que nous devons transmettre aux générations futures sera-t-il possible ? Les jeunes joueront-ils leur partition pour défendre et sauvegarder notre patrimoine ? Ce sont autant de questionnements autour du thème qui ont du reste fait l’objet de conférence ou de rencontres thématiques en marge du festival.
Quant au parrain de la 22e  édition des Nuits atypiques de Koudougou, le Larlé Naaba Tigré, deux éléments majeurs ont guidé sa présence aux NAK. Il s’est agi premièrement, du fait que c’est une manifestation culturelle et en tant que ministre du Moogho chargé de la culture, il se devait de répondre favorablement  aux organisateurs. La seconde raison est que le Lallé Naaba qui règne sur Koudougou est nommé par le Moogho Naaba et c’était l’occasion pour lui de venir découvrir son histoire. Tout en reconnaissant la part contributive des NAK à la promotion de la culture burkinabè, le Larlé Naaba a exhorté le directeur du festival à persévérer car il a le soutien des mânes et des ancêtres. Il a aussi rendu hommage à Koudbi Koala qui, de par sa ténacité, a pu tenir  vingt-deux éditions sans interruption, faisant de Koudougou une ville culturelle par excellence
De beaux spectacles servis aux festivaliers !
Au-delà des mots, la fête de la culture a tenu toutes ses promesses aussi bien dans l’enceinte du théâtre populaire pour les spectacles qu’à la rue marchande. Les vingt et une troupes qui se sont succédé sur scène au théâtre populaire, à en croire les  spécialistes, ont toutes été à la hauteur des attentes du public. A tout seigneur tout honneur, c’est la troupe Saaba de Koudougou, une création du directeur du festival lui-même qui a ouvert le bal des prestations. Quatre nuits durant, le public a communié avec des artistes ou groupes artistiques tels que Salif Widga, Zougnazagmda, Mama Dorinthié du Mali, l’ensemble artistique de Bolomakoté, Elifaz du Bénin, Cisby et  Doussou Bagayoko du Mali pour les deux premières nuits. Les nuits du 2 et 3 décembre ont encore été plus électriques avec des artistes comme Habibou Sawadogo, Daisy Franck, Sofiano, Révolution de la Côte d’Ivoire, Pamika et Alif Naaba. Quant à la rue marchande, on peut même dire qu’elle s’est transformée en ville marchande car tout le centre-ville de Koudougou était transformé en marché. Une occasion pour les festivaliers de faire des affaires tout en participant à la fête de la culture la nuit venue, au théâtre populaire. Et que dire des buvettes qui à longueur de journée comme de nuit, ont refusé du monde.
François KABORE

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