Mois du BBDA : Le cap est mis sur la ville de Sya

18

Du 20 juin au 8 juillet 2018, la deuxième édition du mois du Bureau burkinabè des droits d’auteurs (BBDA) se tiendra à Bobo-dioulasso. Ce sera une campagne de sensibilisation des tenanciers des bars et maquis de la région sur les droits d’auteurs. La SODIBO (BRAKINA)  accompagnera la démarche de la structure durant cette édition.

La question du droit d’auteur est récente dans les pays africains. Le Bureau burkinabè du Droit d’Auteur, (BBDA) a été créé en 1985. « Difficilement les gens arrivent à comprendre qu’est-ce que le droit d’auteur, son utilité et pourquoi il faut le payer. D’où la campagne de sensibilisation que font les acteurs du BBDA », a expliqué Oumar Sanon, chargé des stratégies de développement. Ce dernier note également la mauvaise foi de certains payeurs. Et le DG du BBDA Wahabou Bara, d’ajouter que « quand on veut mener des actions audacieuses, on est confronté à cette donne qui fait que c’est assez compliqué. L’ensemble des  hôteliers est venu voir avec le BBDA comment ne pas payer les droits d’auteurs », soupire-t-il.

« Les tenanciers des bars et maquis doivent comprendre qu’ils participent à la promotion  des œuvres », souligne le DG du BBDA. Les acteurs de cette structure ont pensé à mettre en avant des ambassadeurs, qui ne sont rien d’autres que les artistes eux-mêmes. Ils restent convaincus que ces ambassadeurs seront enclins à mieux écouter la sensibilisation sur le recouvrement des droits d’auteurs.

C’est dans cette optique que l’institut a initié le Mois du BBDA, un tremplin d’où ils pourront mieux sensibiliser surtout les tenanciers de bars et de maquis. La première édition  a eu lieu à Ouagadougou en 2017, a mobilisé 3 000 personnes et 2 millions de F CFA ont été récoltés. Cette année, la structure met le cap sur Bobo-Dioulasso. Elle abritera la deuxième édition du 20 juin au 08 juillet et a pour thème « la place du BBDA dans la promotion des œuvres ».

Le Burkina Faso est 4ème en termes de collecte des droits d’auteurs.

Le Burkina Faso est 4ème en termes de collecte des droits d’auteurs. Ce rang pourrait enorgueillir la population. Le DG lui appelle à plus de travail pour la sensibilisation de la population pour qu’elle comprenne que les droits d’auteurs ne sont ni un impôt ni une taxe. Des chiffres que Wahabou Bara a donnés  laissent voir qu’il faut travailler davantage pour relever le niveau de la faiblesse de la culture des droits d’auteur au Burkina.

« La radio qui paie le plus de droits d’auteurs ici, c’est 600 000 F CFA. En Afrique du sud, 1er pays en Afrique, en termes de collecte de droits, cette même radio paie 50 000 000 de F CFA par an. En  Côte d’Ivoire, les maquis payent 2 500 000 F CFA par trimestre pendant que notre plus grand maquis au Burkina paie 200 000 F CFA par mois.   L’hôtel Libya ici, qui a à peu près les mêmes caractéristiques que l’hôtel Akamza situé en Algérie (2 ème en termes de collecte de droits d’auteurs), paie 1 200 000 F CFA et  hôtel Akamza paie 60 000 000 F CFA en Algérie. Le Burkina est 4 ème en termes de collecte de droit d’auteur devant le Sénégal qui a plus d’argent que nous et devant le Congo qui a plus de richesse que nous (…)», a expliqué Wahabou Bara.

«  Environ 300 000 000 de F CFA de droits d’auteurs ont été collectés pour cette année. Ce qui fait 30% des objectifs que s’est fixé la BBDA », a affirmé Armelle Compaoré, directrice de l’exploitation et de la perception.

Irmine KINDA

Burkina24

Burkina24.com