Mois africain de l’amnistie : Une campagne de dépôt volontaire d’armes à feu illégalement détenues est lancée à Banfora

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Mois africain de l’amnistie : Une campagne de dépôt volontaire d’armes à feu illégalement détenues est lancée à Banfora

La période du 14 septembre au 31 octobre 2020 a été retenue pour encourager le dépôt volontaire d’armes à feu au Burkina Faso. Ce dépôt volontaire consiste à permettre à ceux qui détiennent des armes à feu acquises illégalement, de les remettre aux autorités compétentes sans encourir des sanctions. La cérémonie officielle de lancement de cette campagne a eu lieu le lundi 14 septembre 2020 à Banfora, dans la région des Cascades.

Cette campagne, organisée par la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL), entre dans le cadre de la commémoration du Mois africain de l’amnistie « Faire taire les armes ».

C’est la ville de Banfora, dans la région des Cascades, qui a abrité, dans l’après-midi de ce lundi 14 septembre 2020, la cérémonie officielle de lancement de ce Mois africain de l’amnistie. Elle a été présidée par la ministre déléguée en charge de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Madiara Sagnon/Tou. A l’en croire, le Mois africain de l’amnistie veut susciter une prise de conscience générale et soutenue sur l’impact de l’usage incontrôlé des armes à feu, et sur l’importance de limiter leur prolifération ainsi que leur circulation illicite.

Les participants à la cérémonie de lancement du Mois africain de l’amnistie

« Cette activité va permettre aux acteurs de développement d’apprécier de façon concertée la problématique de paix et de sécurité en général, et la stratégie de lutte contre la prolifération des armes à feu en particulier. L’objectif poursuivi est d’amener ces acteurs à se questionner sur les causes profondes des conflits et surtout sur les mécanismes d’alimentation de ces conflits à partir de la prolifération des armes à feu », a-t-elle laissé entendre.

La ministre déléguée en charge de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Madiara Sagnon/Tou.

Par ailleurs, elle a indiqué que le Burkina Faso, à l’instar de certains pays de la sous-région, connaît une recrudescence des attaques terroristes qui a mis à mal la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la paix dans son ensemble. C’est pourquoi, elle fonde espoir que cette activité permettra de renforcer la collaboration entre les FDS et les populations des régions du Sud-Ouest et des Cascades, dans la lutte contre la prolifération et la circulation des armes légères et de petits calibres.

Le mois africain de l’amnistie se présente ainsi, selon ses dires, comme une occasion pour sensibiliser les populations sur l’impact négatif de la fabrication de ces armes et leur circulation. D’où son invite à l’endroit de tous les acteurs « à contribuer à faire passer le message et à sensibiliser les populations à la détention des armes légères et de petits calibres qui constitue un danger permanent pour notre vivre-ensemble ». Tout en félicitant les organisateurs pour cette initiative, elle a soutenu que le Mois africain de l’amnistie est une grande activité qui vient à point nommé et permettra de diminuer l’insécurité au Burkina Faso.

Le secrétaire permanent de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères, le colonel-major Christophe Tapsoba.

Le secrétaire permanent de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL), le colonel-major Christophe Tapsoba, pour sa part, a rappelé que les armes à feu sont ces engins dangereux dont l’usage illicite ou incontrôlé contribue à la recrudescence de l’insécurité avec un impact « effroyable » sur les populations. Selon lui, la question de la sécurité a toujours été au centre des préoccupations des autorités du Burkina Faso, d’où leur soutien « indéfectible » à la CNLPAL. « Le Burkina Faso a toujours inscrit la question de la sécurité dans ses préoccupations, et la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères ne cesse d’entreprendre diverses initiatives afin de mettre à jour la stratégie de lutte contre les armes à feu », a-t-il laissé entendre.

La remise de prix à la lauréate du concours de logo et de slogan, Mireille Armelle Ilboudo.

Les activités prévues au programme devront ainsi contribuer, dit-il, à réduire la détention illicite des armes légères et de petits calibres et leurs munitions, diminuer les niveaux de violence armée, sensibiliser davantage les civils par le biais des médias aux conséquences néfastes de la possession illicite d’armes légères et de petits calibres et renforcer la capacité des FDS en matière de sensibilisation des civils. Ce mois sera marqué surtout par la collecte et la remise volontaire d’armes.

Le logo ayant remporté le premier prix.

Au terme de la campagne, les armes collectées seront détruites. Le SP/CNLPAL a saisi cette occasion pour remercier les partenaires techniques et financiers, notamment le Bureau des Nations unies pour les affaires de désarmement (ONUDA), la Commission de l’Union africaine, le Royaume du Japon, la commission de la CEDEAO, le RECSA et le partenaire national qui est Telecel Faso. Il a par ailleurs exhorté tous les acteurs à soutenir fortement le mois africain de l’amnistie « Faire taire les armes » afin de réduire la souffrance des populations, consolider la paix, la cohésion sociale et booster le développement.

La photo de famille.

Dans le cadre du programme « Faire taire les armes en Afrique en 2020 », un concours de logo et de slogan a été initié pour intéresser les jeunes à la problématique des armes à feu. La remise des prix a eu lieu au cours de cette cérémonie de lancement. Le premier prix est revenu à Mireille Armelle Ilboudo/Bamogo. Ingénieur réseaux et systèmes de formation avec une expérience professionnelle, elle évolue dans des organismes de lutte contre l’extrémisme violent et de promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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