Médicaments essentiels: l’Acame renforce les performances de ses membres

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L’Association africaine des centrales d’achat de médicaments essentiels (Acame) et ses partenaires ont initié un projet de renforcement des performances de 14 centrales d’achats membre de l’Acame dans l’approvisionnement des produits de santé essentiels de qualité. Ce projet permettra aux centrales d’achats de mettre en place un système qualité dynamique, proactif, capable d’anticiper les risques. La cérémonie de lancement dudit projet a eu lieu ce lundi 17 juillet 2017 à Ouagadougou sous la présidence du ministre de la Santé, représenté par son secrétaire général Robert Kargougou.

Du 17 au 19 juillet prochain, la capitale politique burkinabè abritera les travaux du comité de pilotage du projet «renforcement des performances de 14 centrales d’achats membres de l’Acame dans l’approvisionnement des produits de santé essentiels de qualités». L’opérationnalisation de ce projet passe obligatoirement par un engagement concret, fort et visible des directeurs des centrales d’achats grâce à un leadership fort dans le management de la qualité.

Selon le secrétaire permanent de l’Acame, Jean Chrisostone Kadéba, cet atelier de lancement est un cadre de concertation dont le but est d’obtenir l’adhésion et l’engagement de toutes les parties prenantes dans la mise en œuvre du projet dans chacun des 14 pays. Le présent projet, d’une période de mise en œuvre de 36 mois, est financé par «l’initiative 5% Sida, tuberculose, paludisme» du gouvernement français à plus de 965 000 Euros soit environ 633 millions de nos francs. Il permettra à l’Acame, aux dires du secrétaire permanent de l’association, de poursuivre son accompagnement de 14 Centrales membres dans leur démarche qualité, mais également de renforcer leur crédibilité auprès des Etats et des partenaires.

A écouter l’ambassadeur de la France au Burkina Faso, Xavier Lapeyre de Cabanes, une des particularités de cette «initiative 5%» est qu’elle s’appuie sur la mobilisation de l’expertise francophone du Nord et du Sud. Chose, explique-t-il, qui contribue à renforcer la complémentarité et les synergies entre les acteurs de la lutte contre les pandémies soutenues par la France de manière multilatérale et bilatérale. «Cette initiative permet ainsi à la France d’apporter un soutien spécifique aux pays francophones en matière de renforcement des systèmes de santé et d’appui aux populations en situation de vulnérabilité; deux sujets sur lesquels la France est particulièrement engagée», dit le diplomate français.

Pour lui, en ce qui concerne le Burkina Faso, le renforcement des performances de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (Cameg) en matière d’approvisionnement des produits de santé essentiels de qualité devra impacter positivement les «mesures de gratuité des soins» du programme présidentiel.

De son côté, le représentant du ministre de la Santé, Robert Kargougou, précise que ce projet impactera positivement la qualité des services offerts par les centrales d’achats concernées et par ricochet, la qualité des systèmes de santé en Afrique de façon générale par le renforcement du lien étroit qui existe entre les centrales d’achats et les directions de la pharmacie et du médicament. «Le renforcement de notre capacité à rendre accessible et disponible des produits pharmaceutiques abordables et de grande qualité parmi les médicaments essentiels, contribuera à améliorer les résultats en matière de santé et à générer des bénéfices économiques directs et indirects», affirme le représentant du ministre. Il indique aussi que ce projet vient à point nommé au regard de son utilité pour chaque pays pris individuellement et; pour l’ensemble des pays africains, dans la perspective d’un processus visant à terme la viabilité d’une industrie pharmaceutique dans le continent.

L’Organisation mondiale de la Santé, par la voix de sa représentante résidente au Burkina Faso, Alimata Nama Diarra, se réjouit du lancement de ce projet qui intervient à la suite du «projet de renforcement des systèmes d’assurance qualité de 10 Centrales d’achats», comme une consolidation des acquis. Au comité de pilotage et aux centrales bénéficiaires, elle les exhorte à un suivi et une mise en œuvre rigoureux du projet et à profiter pleinement des partages d’expérience entre pays.

A noter que l’Association africaine des centrales d’achats de médicaments essentiels (Acame) a été créée en 1996. Elle a pour objectif d’améliorer les performances des Centrales membres afin de rendre les médicaments essentiels de qualité disponibles et accessibles géographiquement et financièrement. Elle regroupe aujourd’hui 22 membres répartis entre l’Afrique occidentale, centrale, l’Océan indien et le Magreb.

Fasozine