Médias: sept principes utilement questionnés

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A grands traits et sans vouloir entrer dans les complexités des histoires contemporaines de l’Afrique, on pourrait dire que la première décennie des années d’indépendance est marquée au plan médiatique  par le journalisme dit  «de la conscientisation autour des questions politiques et d’unité nationale », La deuxième d’un discours sur le journalisme dit « de développement et de la défense de la promotion culturelle».

Ensuite, toujours dans une description globale, la décennie 80 sera celui du questionnement scientifique ou /et  militant autour  de concepts  qui ont connu des fortunes diverses comme le NOMIC (Nouvel Ordre mondial de l’Information et de la communication).

Puis survinrent au cours des trois dernières décennies, les cataclysmes des terribles conflits qui ont éclaté  çà et là sur le continent et notamment dans la région des Grands Lacs. En filigrane, on ne peut ignorer le rôle des médias, « capables du meilleur mais hélas également du pire ». 

On note également que ces dernières décennies sont marquées par des questionnements sur « la communication pour développement » ou  encore sur les « changements de comportement ». Tous ces éléments sont  comme des cartes rabattues par les défis de la convergence au plan technologique, et les conséquences de l’historique  « discours de la Baule » au plan politique. C’est dans cette dynamique qu’apparaissent et se développent  progressivement des « Maisons de la presse », des institutions de régulation de la communication, des instances d’autorégulation etc.

 L’ouvrage « Notes sur les médias » revient sur tous ces aspects à travers sept peintures critiques  sur l’état des lieux des médias notamment au plan des normes éthiques et déontologiques.

Il s’agit des sept principes suivants : « Principe de la clepsydre », « Principe  du triptyque », «Principe du pompier non pyromane », «Principe de la termitière », « Principe  de la toile », « Principe du tambour » et « Principe de la praxis ».

L’ouvrage est quelque part, la résultante des parcours professionnels de deux confrères dont les chemins se croiseront à plusieurs reprises notamment en Afrique dans la région des Grands Lacs et en France. Ce sont ces rencontres professionnelles faites d’exposés, de communication, de sessions, de monitoring au profit de journalistes ou de régulateurs  que les deux journalistes ont voulu consigner pour l’histoire. L’ouvrage est traversé par la quête de ce qui est l’épine dorsale des deux confrères : Les plumes doivent interroger, questionner, critiquer, proposer, composer, suggérer, pour la paix et le développement sans compromission.

A l’heure où la profession de journaliste s’inscrit dans une dynamique de « dé-tricotage conceptuel et pratique », l’ouvrage de Cyprien Ndikumana et de Songré Etienne Sawadogo touche donc un public large, aussi bien les théoriciens que les praticiens et même les consommateurs des produits et services informationnels et communicationnels. Nous refermons cet ouvrage original de 180 pages avec une  intime conviction : celle que la  contribution des auteurs est à la fois dense et très utile et même vitale pour la profession. Les deux auteurs ont   donc, de toute évidence,  réussi leur pari !

 

Fasozine