« Le pays va très mal et jamais, le Burkina n’est descendu aussi bas qu’aujourd’hui »,affirme le responsable des jeunes du CDP, Mathias Ouédraogo

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« Le pays va très mal et jamais, le Burkina n’est descendu aussi bas qu’aujourd’hui »,affirme le responsable des jeunes du CDP, Mathias Ouédraogo

« Dans un Etat de droit, la liberté d’expression et d’opinion a toujours été le fil conducteur de la démocratie. Elle permet de conserver les acquis démocratiques du peuple et donne l’opportunité d’apporter son opinion sur les grandes questions de la vie politique nationale », ont posé les conférenciers dans leur déclaration liminaire. Ils affirment que les jeunes du CDP « veulent franchir la barre contre le recul démocratique pour dire non à l’autocratie mise en place par le régime actuel ».

Par un regard sur la situation qui prévaut autour de la décision de liberté provisoire du général Djibrill Bassolé, les premiers responsables des jeunes de l’ex-parti au pouvoir ont confié « respecter les institutions nationales » et, par conséquent, ils disent se soumettre aux décisions de justice. Ils ont, de ce fait, déploré qu’à l’annonce de cette liberté provisoire, il y ait des appels à manifester contre cet acte de justice. Pour eux, il est à se demander si l’on est dans un Etat de droit.

« Le pays va très mal et jamais, le Burkina n’est descendu aussi bas qu’aujourd’hui »,affirme le responsable des jeunes du CDP, Mathias Ouédraogo« La démocratie burkinabè est en panne. Le régime en place tire à boulets rouges sur toute organisation qui veut déclarer l’incapacité du gouvernement. Ils ne veulent pas qu’on dise que rien ne va dans ce pays, pourtant, rien ne va, en témoignent les commerçants dans les marchés, les étudiants dans les universités, les élèves dans les écoles, les fonctionnaires et autres travailleurs dans les services, les paysans, les opérateurs qui quittent le pays, etc. Bref, le pays va très mal et jamais, le Burkina Faso n’est descendu aussi bas qu’aujourd’hui », estime le coordonnateur national des organisations des jeunes du CDP, Mathias Ouédraogo.

Pour M. Ouédraogo et ses camarades, un certain nombre d’évènements récents montrent bien ce ‘’mauvais état de santé’’ du pays. Il s’agit, énumère-t-il, de l’annulation du meeting du Cadre d’expression démocratique (CED), l’ « agression » de Thibaut Nana à Bobo-Dioulasso le week-end écoulé. Mathias Ouédraogo juge ce comportement ‘’déshonorant’’ et à même de porter atteinte aux droits d’expression et d’opinion. C’est pourquoi les conférenciers ont lancé un appel aux autorités afin que les auteurs de ces actes soient poursuivis, conformément aux textes en vigueur.
« La situation politique actuelle fait insomnie et inquiète les gens qui savent lire dans l’avenir. Nous, jeunes engagés aux côtés du parti du Président Blaise Compaoré, ne pouvons guère nous taire face à de telles manœuvres qui ne visent qu’à abolir nos acquis démocratiques », soulignent-ils. Ils ont également encouragé tous les jeunes militants du parti « à rester mobilisés pour réserver un accueil chaleureux au Président Blaise Compaoré, fondateur du CDP, car tôt ou tard, s’il le souhaite, il sera parmi nous et nous lui témoignerons notre fierté’’.

« Le pays va très mal et jamais, le Burkina n’est descendu aussi bas qu’aujourd’hui »,affirme le responsable des jeunes du CDP, Mathias OuédraogoSelon les intervenants à la conférence, Blaise Compaoré a aimé son pays et il a voulu ainsi préserver les acquis en quittant le pouvoir les 30 et 31 octobre 2014. Pour éviter le pire aussi.

C’est pourquoi ils ont conclu cette sortie publique en rappelant ces propos de Blaise Compaoré : « Je ne suis ni un ange ni un démon, ils voulaient que je parte, je suis parti. L’histoire nous dira s’ils ont eu raison ou pas ».

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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