« La préoccupation première d’un député, ce n’est pas faire l’apologie de son parti »

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Il est l’un des 13 démissionnaires du groupe parlementaire de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Avec ses camarades, le député Jacques Kodjo Palenfo a créé un nouveau groupe parlementaire UPC/Renouveau démocratique. Face aux injonctions de militants qui demandent aux 13 de rendre leur démission, le député Palenfo reste stoïque : « j’ai dit à Zéphirin (Diabré) que je vais terminer mon mandat de député », a-t-il confié à Burkina 24 le mardi 10 octobre.

Si le député Jacques Kodjo Palenfo, le guerrier, surnom qui lui a été donné par le président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Zéphirin Diabré, n’a pas encore reçu de « visite inopinée » de la part de militants de l’UPC, certains de ses camarades l’ont eue. « J’ai été personnellement chez le député Ladji Coulibaly et effectivement sa maison a été vandalisée. Chez le député Simboro Daouda aussi, sa famille a été séquestrée. Chez Mme Korbéogo aussi et chez Mme Zongo Kadi. Voici les quatre députés qui ont fait l’objet de visite », cite le député Palenfo.

Mais Jacques Kodjo Palenfo nourrit l’intime espoir que les auteurs de ces actes « ne sont pas les militants de l’UPC. C’est une horde de bandits », relate-t-il. Sinon à l’UPC, poursuit-il, « nous sommes un parti, dit-on, libéral. Nous sommes les pères fondateurs de la démocratie, de la liberté d’opinion ». Ainsi, soupire le député Palenfo, que des militants qui se réclament de cette obédience agissent ainsi, « j’ai des inquiétudes ».

Et pour les militants qui comptent poursuivre ces visites, Jacques Palenfo insiste « dans ce pays, on ne se lève pas pour faire ce qu’on veut ! » et dit-il, pour réclamer leur mandat, il ne reste qu’une seule solution, celle judiciaire. « Mais là aussi, prévient le député, ça ne va pas prospérer parce qu’à l’Assemblée (nationale), ce n’est pas une histoire de partis ».

« … Ils ont été les premiers à être dans l’illégalité »

« S’ils disent que ce que nous avons fait c’est illégal, ils ont été les premiers à être dans l’illégalité et je vais vous dire pourquoi. Quand nous avons été élus, nous sommes 33 députés de l’UPC. Mais le groupe parlementaire de l’UPC ne compte pas 33 députés. Nous nous sommes permis de prendre trois députés pour prêter à d’autres députés pour former un autre groupe parlementaire. En plus, un député de l’UBN a rejoint notre groupe parlementaire. Donc, je ne vois pas en quoi nous sommes dans l’illégalité. L’article 30 du règlement de l’Assemblée ne dit pas que les 10 députés doivent être forcément du même parti. Si vous êtes 10, vous pouvez former un groupe et vous pouvez ne même pas être dans un groupe parlementaire. Le député n’est pas obligé, lorsqu’il est élu, d’être dans un groupe parlementaire (…) La préoccupation première d’un député, ce n’est pas faire l’apologie de son parti (…) Quand on prend un groupe parlementaire hybride comme le PJRN (Paix justice et réconciliation nationale) quelle visibilité on donne à son parti en prêtant trois députés à ce groupe ? Ce que nous avons fait est totalement légal ! ».

Pour répondre à ceux qui estiment que les 13 font ce tapage pour aller à la soupe, le concernant, Jacques Palenfo a pris un plaisir à le répéter : « Il y en a qui disent que nous sommes friands d’argent. J’ai abandonné un mandat de député pour venir à l’UPC. J’étais député du Rassemblement pour le développement du Burkina (RDB) et j’ai quitté, de par mes convictions pour venir créer l’UPC »,  tempête le député.

A en croire M. Palenfo, les problèmes à l’UPC demeurent. Pendant que les partis politiques sont en ordre de bataille pour 2020, à l’UPC, « ce sont des suspicions à n’en pas  finir. Et le meilleur député, c’est celui qui va aller siffler mille fois à l’oreille du président Zéphirin (Diabré) que j’aime bien »,  note le guerrier.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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