Hervé Oussalé : « On ne peut pas jouer sous ce chaud soleil et avec un terrain lamentable »

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Hervé Oussalé, néo-sociétaire de l’AS Douanes est bien connu pour son franc parler et ses nombreux coups de gueule qui peuvent faire l’unanimité ou pas. A l’issue de l’opposition de la troisième journée du Fasfoot entre son club l’AS Douanes et l’AS Police (0-0) au Stade Dr Issoufou Joseph Conombo, ce joueur qui n’a pas sa langue dans sa poche a, cette fois, crié sa frustration sur l’état de la pelouse synthétique avec des mots assez durs. Du Hervé Oussalé !

Burkina 24 (B24) : Vous disputez deux matchs avec l’AS Douanes. Quelles sont vos premières analyses ?

Hervé Oussalé (H.O) : C’est pas mal. Prendre quatre points en trois matchs (il s’agit de la troisième même si Hervé Oussalé a disputé seulement deux matchs) vu que c’est une équipe qui vient de monter en première division. Ce qui est sûr, c’est une jeune équipe. On va essayer de travailler et prendre les prochains points.

B24 : Hervé Oussalé qui se retrouve dans une équipe comme l’AS Douanes, quel objectif il s’est fixé ?

H.O : Pour une équipe qui vient de monter en première division, c’est un peu difficile de parler des objectifs. Mais comme tout club, on va essayer de jouer le haut du tableau, à défaut, jouer pour le maintien.

B24 : Je parle plutôt de votre objectif personnel 

H.O : Mon objectif personnel, c’est d’essayer d’aider le club au maximum.

B24 : Est-ce sûr qu’on verra Hervé Oussalé jusqu’à la fin de la saison (Hervé Oussalé n’avait pas terminé la saison lorsqu’il a tenté des retours dans le Fasofoot avec l’USFA et le RCK et avait claqué la porte à l’ASEC d’Abidjan)?

H.O : Pourquoi ? (Il rit). Je ne sais pas. C’est Dieu qui décide. Peut-être si vous avez la réponse avec Dieu, c’est mieux que moi. Je suis un humain. Je ne sais pas ce qui vient demain. Ce qui est déjà passé, ça, moi je connais…

Je profite de votre interview pour dire à nos dirigeants qu’il faut se réveiller. Ce n’est pas ça le foot. On ne peut pas jouer sous ce chaud soleil à 15h30 et puis avec un terrain lamentable comme celui-ci. Il faut qu’ils changent. On ne peut pas être là (…) se mettre les mains  dans les poches et puis ne pas investir pour le pays. Ça, c’est pour le pays. Il faut travailler pour le pays d’abord avant de chercher à travailler et à gagner honnêtement (sic).

La vie, c’est l’honnêteté. Quand on dit que le Burkina Faso, c’est un pays des hommes intègres. Il faut que l’intégrité règne. Je ne peux pas comprendre qu’un pays comme le Burkina, une fois troisième, une fois deuxième à la CAN et on se permet de jouer dans ces fichus terrains.  Ce n’est pas normal. Ils n’ont qu’à savoir que ce sont les enfants des gens qui jouent. Si on dit à leurs enfants de venir jouer sous ce chaud soleil à 15h30, comment cela va se passer ? Le caoutchouc sent et ça fait mal aux pieds. On ne peut pas jouer du football.  Les supporters ont raison de dire qu’il n’y a pas de beau football au Burkina parce que les terrains ne sont pas praticables. Maintenant, s’ils veulent, ils n’ont qu’à nous envoyer au Stade du 4-Août pour voir si on  jouera du beau football ou pas.

B24 : Pourtant le terrain de Majestic à Saponé est encore pire

H.O : C’est la faute à qui ? C’est la faute au gouvernement. C’est la faute aux dirigeants. Ouais ! On ne peut pas passer son temps à voler de l’argent et dire « c’est ainsi, c’est comme ça ». Dans les autres pays, on voit. Les infrastructures sont là. C’est clair.  Vous-mêmes vous avez vu l’exemple avec nos Etalons. Ils sont partis sur le synthétique (il fait référence au match des Etalons sur une pelouse synthétique en Mauritanie où les Etalons ont perdu  par 2 à 0) bien que ce soit un bon synthétique, ils n’arrivent pas à jouer. Et si on envoie un humain pour jouer sur ce synthétique… soyons sérieux. Travaillons d’abord pour le pays avant de gagner honnêtement notre vie (sic).

B24 : Mais Hervé, vous avez joué sur ce terrain récemment avec le RCK.

H.O : Mais j’ai toujours critiqué ! Moi j’ai toujours critiqué ! On ne peut pas passer tout le temps à voler l’argent et puis ne pas travailler. Il faut travailler quand même! J’assume quels qu’en soit les problèmes, quelles qu’en soit les responsabilités. Je vais parler pour que les autres puissent en profiter. Moi je n’ai pas peur de ça.

Propos recueillis par Boukari OUÉDRAOGO 

Burkina24

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