Grossesses non désirées en milieu scolaire : La solution par la contraception

54

Grossesses non désirées en milieu scolaire : La solution par la contraception

La précocité sexuelle reste une réalité au Burkina Faso surtout en milieu scolaire. Les conséquences nous les connaissons tous. La multiplicité des grossesses non désirées, les avortements clandestins, les abandons d’enfants et des cursus scolaires suite à cet état de fait. Selon le document de politique nationale de la population de 2016, les adolescentes et jeunes filles de 12-24 ans constituaient 25,8% de la population féminine totale du pays et la contribution des mères célibataires à la fécondité était de 27, 8%. Aux côtés des conséquences ci-dessus évoquées, on peut également retenir le fort taux de prévalence du VIH et des IST, une mortalité maternelle et infantile, une faible prévalence de la planification familiale (environ 17% selon les statistiques officielles), etc.

Une réalité qu’on peine à comprendre, hormis les filles qui ont vu leur virginité volée de force par des individus sans moral et qui par la suite sont tombées enceintes. « Je ne savais pas que je pouvais tomber enceinte en faisant des rapports sexuels », a confié une adolescente de 17 ans au quotidien d’information Sidwaya, qui portait déjà une grossesse de sept mois. Pourtant, à l’instar d’autres pays de la région ouest-africaine, le Burkina Faso a engagé des politiques en matière de population par le renforcement du système de santé en termes d’accessibilité aux services de santé et de qualité des soins intégrant aussi bien les soins curatifs que la prévention des maladies, et la promotion de la santé. Dans la dynamique d’endiguer l’épiphénomène, ils sont soutenus dans leur élan par des associations, ONG, organisations de la société civile. De même que la majorité des médias écrits et audiovisuels qui réalisent des productions sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Du coup, on est tenté de dire que l’adolescente avait bel et bien connaissance des retombés d’un tel acte.

Face à la recrudescence du phénomène de grossesses non-désirées des jeunes filles en milieu scolaire, tous les intervenants s’accordent sur la nécessité d’un engagement aussi bien individuel que collectif. « Investir dans la planification familiale est une nécessité pour le développement économique du Burkina Faso », disait la représentante résidente de l’UNFPA, Edwige Adekambi Domingo lors de la cérémonie de lancement de la semaine nationale de la planification familiale le 8 mai 2017 à Saponé. A ce niveau, il existe toute une gamme de produits contraceptifs. Et spécifiquement pour les adolescents, il leur est fortement recommandé l’utilisation des préservatifs et des contraceptifs oraux. Toute chose qui contribuera à relever le défi de l’UNFPA, celui de « réaliser un monde où chaque grossesse est désirée, chaque accouchement est sans danger et le potentiel de chaque jeune est accompli ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Lefaso.net