Gestion du fret : L’Union des chauffeurs routiers du Burkina apporte son soutien au Conseil burkinabè des chargeurs

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Les premiers responsables de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) étaient face à la presse, ce mercredi 20 janvier 2021, à Ouagadougou. Objectif : dénoncer les agissements des intermédiaires qui freinent la mise en œuvre du décret sur le bon de chargement. Ils ont réaffirmé leur soutien au Conseil burkinabè des chargeurs chargé de l’exécution dudit décret.

Les chauffeurs routiers du Burkina ne sont pas contents. Et pour cause, la mise en œuvre du décret sur le bon de chargement, adopté par le gouvernement en 2020, tarde à voir le jour. En effet, en 2015, le gouvernement de la transition, alors dirigé par Yacouba Isaac Zida, avait décidé d’instaurer un bon de chargement pour le fret en provenance du port de Tema, au Ghana. L’expérimentation avait rencontré la satisfaction des chauffeurs routiers et la structure faitière avait fait de son élargissement à tous les pays de desserte l’objet de sa lutte.

En février 2020, la lutte a abouti avec l’adoption d’un décret portant gestion du fret à destination et en provenance du Burkina Faso. Les chauffeurs routiers et autres acteurs du corridor Lomé-Ouagadougou avaient jusqu’au 15 décembre 2020. La gestion et le contrôle du fret sont confiés au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC). « Pour une gestion transparente et participative, le CBC se fait assister par un représentant des transporteurs et un représentant des chauffeurs pour la délivrance gratuite du bon de chargement dans le respect de la procédure », souligne Brahima Rabo, président de l’UCRB.


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Mais à la date du 15 décembre 2020, les choses évoluent négativement. « D’autres acteurs que ceux que nous connaissions ont apparu sur la scène pour saboter le travail », regrette le conférencier. Ces acteurs sont, de l’avis de Brahima Rabo et ses camarades, des intermédiaires, des chauffeurs routiers et des institutions qui ne sont pas contents de voir filer entre leurs doigts les frais de chargement qui oscillent entre 100 mille et 150 mille francs CFA par camion.

« Ils cherchent à révolter des individus à travers la fermeture des locaux du CBC et de l’OTRAF (Ndlr, Organisation des transporteurs routiers du Faso) », présume le président de l’UCRB. Ces individus ne s’arrêtent pas là puisque, selon les responsables de l’UCRB, certains font des sorties en vue de déjouer le projet du bon de chargement.

Face à cette situation, Brahima Rabo et ses camarades, convaincus que la mesure va permettre d’assainir le milieu et d’améliorer les conditions de vie des chauffeurs routiers, exhortent le gouvernement à poursuivre son œuvre de salubrité publique. Ils réaffirment aussi leur soutien au CBC chargé de la mise en œuvre du décret.

Si la situation est en train de se dégrader, les responsables de l’UCRB estiment que le gouvernement a sa part de responsabilité pour avoir délivré un récépissé de reconnaissance à une autre faîtière des chauffeurs routiers. « L’Etat burkinabè, à travers son ministère en charge des Transports, a failli dans sa mission d’unifier les transporteurs à travers une structure faitière qui pourra représenter dignement notre secteur », a relevé Brahima Rabo. En outre, il a aussi déploré l’ingérence du politique dans la gestion des transports avec le risque de « détruire l’industrie des transports au Burkina Faso ».

Pour les conférenciers, tout est encore rattrapable pour peu que le gouvernement travaille à réunir les transporteurs au tour d’une seule et unique structure faitière reconnue par tous, à éviter l’immixtion du politique dans le secteur et à associer les acteurs dans les prises de décisions qui les concernent.

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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