Fichier électoral au Burkina : 1 425 725 doublons identifiés et supprimés

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Du 7 au 21 octobre 2020, un comité ad hoc d’audit du fichier électoral du Burkina Faso a été constitué avec 22 experts et personnalités. Au terme de leur travail, les experts, tout en décelant des forces et des faiblisses ont conclu à : « Un fichier électoral constamment amélioré qui ne peut faire l’économie d’une refonte, compte tenu de ses limites », lors d’une présentation, le mercredi 21 octobre 2020 à Ouagadougou.

Les différents acteurs prenant part au processus électoral ont assisté à la restitution de l’audit international du fichier électoral du Burkina Faso, le mercredi 21 octobre 2020. L’Opposition politique représentée par Zéphirin Diabré, la Majorité présidentielle représentée par Simon Compaoré, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le ministère en charge de l’administration et les partenaires techniques et financiers étaient présents.

De la synthèse du rapport présenté par l’expert Cyril Kulenovic, il ressort que la CENI a garanti l’unicité de chaque électeur, en procédant à un important dédoublonnage des enrôlements multiples, avec 1 425 725 enregistrements identifiés et supprimés, sur la totalité de la base de données de 2012 à 2020.

… des électeurs décédés estimés entre 280 000 et 320 000 personnes

Par ailleurs, selon les auditeurs, les opérations d’enrôlement initiées par la CENI ont permis de garantir le caractère inclusif du fichier électoral burkinabè, qui atteint aujourd’hui 6 490 926 électeurs. « La CENI a fait preuve de transparence et de professionnalisme tout au long des opérations de révision et d’audit du fichier électoral, renforçant ainsi la confiance des parties prenantes », a ajouté l’expert Cyril Kulenovic.

Outres ces « forces », les experts ont également décelé des « faiblesses » dans le fichier électoral burkinabè. La nature du système de révision entraîne deux faiblesses majeures à savoir, explique Cyril Kulenovic, d’une part l’accumulation non maîtrisée des électeurs décédés, estimés dans le fichier électoral entre 280 000 et 320 000 personnes, et d’autre part l’empilement de données désuètes issues des révisions de 2012, 2014 et 2015.

Par ailleurs, selon le rapport, le taux d’enrôlement situé autour de 63,2% de la population cible, est particulièrement marqué par une sous-représentativité chronique des jeunes et des femmes et ce, depuis 2014.

Téléchargez 👉 Le communiqué de presse de l’audit indépendant du fichier électoral

Simon Compaoré, représentant les partis de la Majorité présidentielle a salué le consensus de la classe politique burkinabè pour la tenue de l’audit du fichier électoral. Sur le résultat du travail des auditeurs, « même si nous n’avons pas eu le document avant, a regretté Simon Compaoré, de ce que nous avons entendu, on peut conclure que le fichier présent du Burkina Faso permet la réalisation, la tenue des élections couplées, présidentielle et législatives, le 22 novembre prochain, dans la transparence et la sérénité ».

Du côté de l’Opposition politique, présent à la cérémonie de présentation du rapport, Zéphirin Diabré a laissé à Victorien Tougouma, le soin de s’adresser au nom de l’Opposition. Il a de prime abord salué le travail qui a été abattu par les auditeurs. « Notre fichier électoral n’est pas parfait et du reste, aucun ne l’est. Il comporte des faiblesses et des forces, mais à ce stade, nous pensons que tout cela n’entache pas la sincérité du fichier électoral », a indiqué Victorien Tougouma.

Il a précisé que l’Opposition burkinabè organisera une conférence de presse après cette restitution pour, dit-il, « mieux rentrer en profondeur » dans la lecture du travail d’audit fait sur le fichier électoral.

En rappel, les élections couplées, législatives et présidentielle, se tiendront le 22 novembre 2020. 

Source : Burkina24.com

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