Festival Yeelba : Un rendez-vous pour valoriser la culture burkinabè en Italie

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Festival Yeelba : Un rendez-vous pour valoriser la culture burkinabè en Italie

L’ambassade du Burkina en Italie et l’association de la diaspora Unastoria Dafovola organisent le festival « Yeelba » qui signifie en langue mooré « bienvenu », du 13 au 15 décembre 2019 à Rome. Profitant de sa visite au Burkina, nous nous sommes entretenu avec l’ambassadrice du Burkina en Italie, Joséphine Ouédraogo, sur les grandes articulations de ce rendez-vous culturel.

Lefaso.net : Pourquoi le festival Yeelba ?

Joséphine Ouédraogo : Le festival Yeelba est une initiative qui a été prise conjointement par une association de la diaspora burkinabè qui s’appelle Unastoria Dafavola et l’ambassade, pour organiser un évènement qui permettrait aux Italiens de connaître davantage le Burkina Faso. Le Burkina Faso d’aujourd’hui et le Burkina Faso avec ses racines, ses ambitions sur le plan économique, culturel. Cette année le thème tourne autour du coton. Nous voulons que le festival Yeelba soit une série qui se réalise tous les ans ou tous les deux ans en changeant de thème.

Mais l’idée étant de faire connaître le Burkina Faso tel qu’il est avec ses ressources, ses produits, son inventivité ; avec ses talents et ses besoins, avec ses préoccupations sur le plan économique et culturel. C’est-à-dire tout ce que le Burkina Faso souhaite tisser comme partenariat ou type de coopération afin de contribuer à son développement à travers ce plan national de développement économique et social qui a été lancé depuis 2016. Cette année, en mi-décembre aura lieu la première édition sous le thème « Fil de coton, fils de coton ».

Quelles seront les grandes articulations de l’évènement ?

Le festival va se dérouler sur trois jours. La première journée sera dédiée à des conférences sur le Burkina Faso mais également sur l’Italie. Ensuite, il y aura l’ouverture de l’exposition-vente qui permettra de présenter ce que le Burkina a de mieux en termes de produits économiques, agro-alimentaires, culturels et produits issus du coton. L’exposition va se poursuivre toute la deuxième journée et la demi-journée du troisième jour. Pendant l’exposition, qui sera une exposition-vente, nous espérons pouvoir intéresser le public italien qui sera invité aussi pour exposer ce qu’il a également comme expérience dans ces différents domaines que nous allons présenter.

Notre souhait, c’est par exemple qu’il y ait des acheteurs italiens ou d’origine non-italienne, mais c’est aussi qu’il y ait des idées, des partenariats parce que tout ce que nous produisons, nous aimerions l’améliorer. Par exemple, l’Italie est un pays phare sur le plan de la confection. La confection n’est pas seulement de coudre un habit, ce n’est pas seulement avoir les meilleurs tissus, la confection ; il y a la finition, les colories, le style. Nous avons besoin de continuer d’apprendre pour affiner notre manière de nous habiller avec le Faso Danfani ou de l’utiliser sous d’autres formes. Donc à travers ce festival, nous espérons qu’il y aura des partenaires italiens qui vont permettre aux exposants de pouvoir apprendre et tisser des relations à long terme.

Parallèlement aux expositions-ventes, nous allons organiser deux ateliers sur des thèmes qui montrent que le Burkina Faso se bat dans divers domaines pour innover et pour contribuer à son progrès économique et social. Par exemple, la question de la souveraineté alimentaire est liée aux questions agroécologiques et à l’agriculture biologique. Ça, c’est un thème sur lequel travaillent des ONG burkinabè et sur lequel travaillent des chercheurs. Nous allons faire un atelier là-dessus pour présenter ce que nous sommes déjà en train de faire dans ce domaine et entendre aussi le public italien concerné sur la question et pouvoir échanger.

Le deuxième atelier portera sur comment exploiter au mieux notre Faso Danfani, notre cotonnade, comment exploiter au mieux le coton à travers toute la filière, la transformation, son utilisation et sa consommation par les Burkinabè eux-mêmes à grande échelle. Nous avons des pays qui ont fait cette expérience et qui pourront dire « voilà comment nous avons pu produire à grande échelle, comment nous avons pu percer en Italie et le grand marché italien pour tel produit. Comment est-ce qu’il faut faire pour qu’un produit ne soit pas seulement destiné à l’exportation mais à la consommation nationale ».

La dernière étape du festival, c’est la Nuit du coton. Là, nous allons présenter des prestations artistiques, des défilés de créations de stylistes burkinabè et italiens sur le Faso Danfani, et consommer pendant cette nuit des mets burkinabè pour montrer que nous avons des produits alimentaires qui peuvent être consommés à l’international.

Pour une manifestation qui se déroule dans un pays où la langue peut constituer un handicap pour les affaires, qu’est-ce qui sera fait à cet effet ?

C’est une question pertinente et c’est un point sur lequel nous travaillons. Vous savez que l’ambassade ne va pas faire seul cet évènement. Nous sommes accompagnées par le ministère du Commerce, le ministère de la Communication, le ministère de la Culture mais la diaspora burkinabè en Italie sera un partenaire important. Non seulement pour participer, nous donner les idées, pour être le public, peut-être exposant aussi. Mais la diaspora burkinabè pourra être sollicitée aussi pour que des jeunes burkinabè-italiens, c’est-à-dire qui comprennent l’italien ou qui ont même la nationalité italienne et qui comprennent français, puissent aider les exposant à communiquer avec le public italien, le public international.

Quelles sont les dates-clés de l’évènement ?

Le festival est prévu pour les 13, 14 et 15 décembre 2019 à Rome, sous le patronage du président du Faso.

Combien de stands sont prévus ? Et à quels prix ?

Nous espérons avoir 50 à 70 exposants venus du Burkina Faso. Nous espérons aussi mobiliser des exposants italiens dans le même domaine qui seraient intéressés déjà à voir les produits burkinabè, à présenter leurs propres produits et à tisser des liens. Nous espérons avoir du public, pas seulement italien. En Italie, nous aurons des ONG, des associations, les Italiens eux-mêmes. Nous aurons aussi tout le corps diplomatique basé en Italie et d’autres participants qui pourraient venir des pays voisins de l’Italie. Le stand coûtera 200 000 F CFA, mais nous travaillons pour proposer un coup forfaitaire pour les exposants qui souhaitent que le comité d’organisation leur réserve non seulement un stand, mais aussi le logement, le transport chaque jour depuis le logement jusqu’au stand, l’accueil à l’aéroport, la restauration, au forfait de 655 000 F CFA.

Quel message à l’endroit des participants ?

Pour séduire des clients et des partenaires, il faut présenter ce qu’on a de mieux. Nous voulons que les exposants apportent leurs meilleurs produits, non seulement ce qu’ils pensent être les meilleurs produits, mais des produits qui répondent à des standards internationaux. Il y a des normes qui sont fixées pour un certain nombre de produits.

Ils peuvent s’informer auprès de l’Agence de promotion des exportations (APEX), structure burkinabè qui connaît toutes les dernières mesures prises par les différents pays concernant les produits qui entrent dans leurs territoires, soit pour être simplement exposés, soit pour être vendus. Il y aura une procédure de sélection parce qu’il faut que les exposants répondent à un certain nombre de critères. Et c’est l’APEX qui va travailler avec le comité d’organisation pour opérer cette sélection afin qu’on soit sûr que ceux qui vont y aller répondent à tous les critères et pourront égaler revenir sans problème au Burkina Faso. La permanence se trouve à l’Agence de promotion des exportations (APEX).

Source : lefaso.net

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