Extradition de François Compaoré: le délibéré renvoyé au 3 octobre 2018

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Ce mercredi 13 juin, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris devait dire ce 13 juin 2018 si elle accepte la demande d’extradition formulée par le Burkina Faso à l’encontre de François Compaoré, le frère de l’ancien président burkinabè, arrêté à Paris en octobre suite à un mandat d’arrêt émis par le Burkina Faso.

Mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo, François Compaoré refuse son extradition. La décision de la justice française était particulièrement attendue. Mais le délibéré a été renvoyé au 3 octobre prochain, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris demandant des informations complémentaires. 

Ali Traoré porte-parole du Balai citoyen en France, qui a assisté à l’audience, a confié à Radio Omega que la justice française a «demandé des éléments de preuves matériels qui montrent l’implication de François Compaoré dans les quatre assassinats de Norbert Zongo et de ses compagnons.»

La justice burkinabè devrait également fournir plusieurs éléments complémentaires, selon le même témoin. La justice française souhaite notamment savoir «quand est-ce que la nouvelle convention de coopération entre les justices burkinabè et française entrera en vigueur. Ils ont aussi demandé s’il existe des dispositions d’aménagement de peine par rapport aux personnes qui sont condamnées à perpétuité au Burkina», fait savoir la source de Omega.

«Je constate que la Cour vient de dire et juger, ce que nous avions suggéré, à savoir de dire et juger que le dossier est vide. Et d’ailleurs le parquet était convaincu par nos arguments, puisque le Parquet l’avait dit aussi. Il avait demandé un complément d’informations. Cela veut dire que le Burkina Faso, depuis un an maintenant que cette procédure a commencé, n’a pas été en mesure de nous adresser les pièces matérielles qui peuvent corroborer les accusations portées contre François Compaoré», a réagi de son côté un de ses avocats, Me Pierre Olivier Sûr, dont les propos ont été recueillis et diffusés dans une vidéo sur Twitter par une consœur de Jeune Afrique.

«Pourquoi?», questionne-t-il, avant de répondre que c’est «parce ce que ces pièces n’existent pas.»

Me Sur ajoute avoir mis en garde la chambre de l’instruction, en lui disant: «si vous renvoyez, faisons bien attention que nos adversaires aient la tentation de produire du faux, de fabriquer des pièces, des preuves».

Et l’avocat de conclure que «si les preuves existaient, si les procès-verbaux figuraient dans les dossiers, on les aurait déjà depuis longtemps.» 

Fasozine