Education : Le syndicat interpelle le gouvernement, à la veille de la nouvelle année scolaire

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Education : Le syndicat interpelle le gouvernement, à la veille de la nouvelle année scolaire

Huit mois après la signature du protocole d’accord, et à l’orée de la rentrée scolaire 2018-2019, la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE) a convoqué les journalistes, ce vendredi 14 septembre 2018, afin de faire le point de la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement.

Et selon le coordonnateur de la CNSE, Bonaventure Belem, même si certains engagements pris par le gouvernement ont été respectés, il faut souligner que la plupart n’ont pas connu d’avancement.

C’est donc pour cela qu’elle prend l’opinion publique à témoin sur la responsabilité directe des autorités en cas de détérioration du climat social dans le secteur de l’éducation au cours de l’année scolaire 2018-2019. « Loin d’annoncer une année de crise, elle tient à rassurer l’opinion publique que c’est une interpellation vis-à-vis du gouvernement sur le respect de ses engagements », a déclaré Bonaventure Belem.

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Bonaventure Belem, coordonnateur de la CNSE

Pour lui, le dialogue n’est pas rompu mais il est important de souligner que la mise en œuvre du protocole est piétinée. « Sinon, comment expliquez-vous qu’à part le paiement des bourses aux élèves bénéficiaires qui ne s’est fait seulement que pour le premier trimestre de l’année, la constatation financière des avancements au titre de 2016 pour certains, le grand nombre des engagements peinent à être respectés ? », s’est-il interrogé.

Ainsi, parlant des engagements non encore respectés, le syndicat cite « le règlement de la situation des monitrices des ex-garderies populaires, la création des emplois des administrateurs des établissements du post-primaire et du secondaire, la structuration de l’éducation non-formelle, le statut valorisant de l’enseignement, la question du trousseau pédagogique, etc. qui ne sont pas encore mis en œuvre, bien que les échéances soient échues ».

Education : Le syndicat interpelle le gouvernement, à la veille de la nouvelle année scolaire
Une vue des journalistes présents à la conférence de presse de la CNSE

Par ailleurs, la CNSE est également revenue sur la situation des enseignants au Prytanée militaire de Kadiogo (PMK) sanctionnés pour avoir observé un mot d’ordre de grève. Malgré les promesses faites par le Premier ministre, les enseignants sont toujours hors de leur lieu de travail. C’est pourquoi la CNSE a tenu à rappeler au gouvernement que « les enseignants au PMK sont régis par la loi 081 des travailleurs, mais s’il [le PMK] a besoin des enseignants qui répondent à ses desiderata au même titre que les militaires, qu’il recrute des agents et les forment comme il le fait pour la santé ».

Au regard de certains faits et gestes, la CNSE s’interroge sur la bonne foi de la partie gouvernementale quant au respect des engagements pris. Toutefois, elle a annoncé qu’au cas où le gouvernement ne réagit pas, en concertation avec les différentes bases, des mesures seront prises.

Le cas du Sahel

La présente conférence a aussi permis à la coordination de se pencher sur la l’impact de la situation sécuritaire sur l’éducation dans la région du Sahel. Une situation qui, faut-il le rappeler, a causé la fuite des enseignants et la fermeture des classes dans certaines localités du Sahel au cours de l’année scolaire 2017-2018, a noté Souleymane Badiel, membre du bureau de la coordination.
Selon lui, bien que la CNSE soit consciente de tous les problèmes liés à la situation sécuritaire, l’Etat ne doit pas mettre entre parenthèses les questions liées à l’éducation. C’est pourquoi, dit-il, « nous pensons qu’il est du devoir de l’Etat, c’est-à-dire de ceux qui gèrent le pays, de trouver des solutions pour l’éducation au Sahel ».

Publication de la liste des établissements non-conventionnels

Sur cette question, la CNSE a tenu à souligner que c’était l’une des préoccupations inscrites dans le protocole d’accord, parce qu’elle avait demandé que la liste des établissements non-reconnus par l’Etat (établissements n’ayant aucune autorisation de création ni de fonctionnement) soit publiée le 30 août dernier. C’est donc ce qui a été fait.
D’ailleurs, selon le syndicat, ces questions ne devraient pas être une bataille des organisations syndicales, parce que dans un Etat de droit, on ne peut admettre des structures non-conventionnelles, dans un secteur aussi sensible que celui de l’éducation. « S’il y a des difficultés à ce niveau, nous pensons que les autorités ont les moyens pour faire respecter la loi », ont lancé les syndicalistes.

Yvette Zongo
Fabougué Sougué (Stagiaire)
Lefaso.net

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