Eddie Komboïgo et le CDP à l’épreuve de la démocratie

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Eddie Komboïgo et le CDP à l’épreuve de la démocratie

Démocratie, un de ces mots qui chantent plus qu’ils ne parlent. Telle est la manière la plus appropriée de qualifier ce terme, dans son usage réel, tellement galvaudé. Certes la démocratie, dans son sens le plus noble, si tant est qu’on puisse en parler ainsi, reste un idéal, une idée. Aussi, l’utilise-t-on pour désigner diverses pratiques qui, bien souvent, sont aux antipodes de ce qu’il en retourne en vérité.

Reconnue de fait comme étant la manière la plus conforme à la justice dans la direction de la chose publique, elle est valable pour toute organisation humaine, en dehors de celles régies par la religion, et à plus forte raison pour un parti politique. C’est l’évidence même, car tout parti politique, en principe, aspire au gouvernement, et il serait dangereux qu’un parti politique, qui lui-même ne fait pas de l’exercice de la démocratie un mode de fonctionnement, accède au pouvoir. Chaque fois qu’un peuple en a fait l’expérience, il en a subi les pires conséquences et atrocités.

Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), sous la houlette de son Président, Eddie KOMBOIGO, vient de faire la démonstration de son attachement et de sa fidélité à la démocratie, et, plus que jamais, de son aptitude à gouverner notre pays, le Burina Faso. Démontrant ainsi, d’abord au peuple burkinabè, que lui confier les rênes du pouvoir lors des échéances électorales de novembre 2020, c’est être assuré de l’exercice d’un pouvoir démocratique, c’est-à-dire fait de justice sociale et d’équité, de paix et de sécurité, de fin d’impunité, d’impartialité et de lutte acharnée contre l’arbitraire qui, depuis longtemps déjà, ont déserté jusqu’au rêve des burkinabè ; ensuite, à la communauté internationale, il envoie des signaux d’un exercice inclusif du pouvoir d’Etat qui œuvre pour réinstaurer la confiance à travers une véritable réconciliation nationale conduisant à une paix sociale, un dynamisme économique. En somme, à faire recouvrer au Burkina Faso le rayonnement international qui fut le sien en d’autres temps aujourd’hui relégués dans une mémoire tombée presque en désuétude.

La désignation de son candidat, telle que cela a été conduit par le CDP, est sans conteste un acte démocratique majeur, rare au moins dans l’espace politique sous-régional. Déjà, on avait dit la même chose lors de l’élection du Président du Parti par son VIIème congrès ordinaire de mai 2018. J’avais moi-même, à l’époque, traité cela de « démocratie en demi-teinte » en rapport avec le collège électorale trop restreint à mon goût. Pour la désignation du candidat à la présidentielle, ce collège électorale s’est quelque peu élargi. Ce qui est une bonne chose, même si je considère qu’il y a encore de la marge, et que ce collège électoral peut encore être amélioré, prendre de l’ampleur jusqu’à concerner l’ensemble des militants du parti à jour de leur cotisation. Mais, comme qui dirait, qui trop embrasse, mal étreint.

En effet, comme dit l’Ecclésiaste, « il y a un temps pour toute chose sous le soleil ». Il faut donc laisser le temps au temps, et nous sommes sur la bonne voie. Cette grande première, à mettre sous le sceau du CDP, rend absolument caduque la notion de « candidat naturel ». Cela est définitivement entériné, au CDP il n’y a plus de candidat naturel à l’élection présidentielle, le président du parti n’est plus celui-ci, faisant du CDP l’exemple à suivre, le modèle.

Or, la coïncidence est belle qui se passe sous la présidence de ce même Eddie KOMBOIGO qui, dans un scrutin dont la transparence est indubitable, vient d’être désigné candidat du CDP à l’élection présidentielle par ses pairs. Un plébiscite qui tombe comme une réhabilitation de toutes ces invectives et faux procès dont il fait l’objet en permanence. Quel camouflet pour ses détracteurs ! Et quelle belle empreinte laissée dans et pour l’histoire ! Il faut bien le reconnaitre aujourd’hui, ce qui force le respect et l’humilité, l’homme, Eddie KOMBOIGO, revient de loin pour mériter la place qui lui échoit d’être le candidat désigné du CDP. Félicitations, Président !

Que de conspirations ourdies contre l’homme ! Que de médisances à son propos ! Que de diabolisations à son endroit ! Que de détracteurs croupis dans l’ombre ou à visage découvert ! Mais l’homme est toujours resté droit dans ses bottes, et, comme le lion d’Ethiopie, il est resté tête debout. Ce monsieur, et il l’a souvent montré, est un homme de tempérament et de conviction. C’est la marque des grands hommes, celle des hommes d’Etat et d’action, celle des hommes de destin qui résistent à toute adversité ; et lui n’a fait que cela, combattre l’adversité, se défendre contre elle. Quoi de plus légitime ?

Il est de ces hommes qu’il faut approcher et connaitre pour s’en faire soi-même un jugement (peu importe sa teneur, qu’il soit positif ou négatif), et non en juger à partir de faits rapportés, car tout ce qui est rapporté est empreint de subjectivité, voire de passion.

Par conséquent, de quiconque, il faut toujours se faire une opinion par soi-même et jamais par personne interposée ; telle est une des grandes leçons de vérité de l’existence humaine. J’ai en effet, pour l’avoir rencontré quelques fois, pu faire l’expérience de l’homme, et je dois avouer que mon sentiment à son égard se trouve aux antipodes de tout ce qui m’était revenu à son propos. Sans doute, comme tout homme, il a ses défauts sur lesquels il faudra qu’il travaille. Mais, je dois avouer avoir pour l’homme le sentiment convaincu d’être un candidat à la hauteur de la tâche qui lui incombe.

Sentiment subjectif, me diriez-vous. Je vous l’accorde. Mais tel est mon sentiment, et je n’y peux rien. La discussion n’est plus de savoir s’il est le meilleur de nous tous et, partant, le meilleur candidat pour le CDP ; la discussion, désormais, est de savoir s’il fait un bon candidat pour le CDP. Or, à cette question, la réponse est sans équivoque, elle est absolument positive.

En effet, l’occasion m’a été donné d’échanger avec l’homme, et j’ai pu constater combien était grande sa maitrise des dossiers politiques et socio-économiques, et, l’on a beau être en désaccord avec lui, on ne peut s’empêcher de lui reconnaître son intelligence certaine de la chose publique, pour parler autrement de la politique.

Cela suffit-il comme gage de victoire pour Eddie KOMBOIGO et le CDP à l’élection présidentielle de novembre 2020 ? Telle est la question brûlante de l’heure. C’est dire que rien n’est encore accomplit, et que tout commence maintenant. Il revient au candidat de transformer l’essai, et de faire de la marche inexorable du CDP vers cette licence de vertu qu’est la démocratie un achèvement. Pour cela, il doit rassembler sans ostraciser personne, tout en faisant attention aux faux amis.

La démocratie, en effet, ne se construit pas tout seul, et sa réalité repose sur une relation d’intersubjectivité régie par la discussion rationnelle et critique, préalable à toute société bien ordonnée. C’est dire aussi que la démocratie rime avec un espace public qui en constitue son cadre même. Un espace public propre au CDP où l’on peut débattre sans se faire la guerre. C’est sans doute par là qu’il faut commencer, car c’est ici que réside la première étape vers la victoire. C’est la condition sine qua non de la victoire. Et cela dépend de nous tous.

Paris, le 13 mai 2020

Jacques BATIENO

Militant CDP France

Source : lefaso.net

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