Échauffourées à la grande Mosquée de Ouaga : Les protagonistes s’expliquent

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El Hadj Oumarou Koanda est le nouveau président transitoire de la Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF). Il a été installé ce samedi 17 avril 2021 à la Grande Mosquée de Ouagadougou. Mais son installation s’est faite sous haute surveillance de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS). Pour des raisons de sécurité, El Hadj Oumarou Koanda n’était pas présent à la Mosquée ce jour. Et plusieurs commerçants ont fermé boutique jusqu’à la fin de la cérémonie d’installation.

La Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF) est toujours en train de régler la crise qu’elle traverse depuis plusieurs années. La tentative de médiation entreprise notamment par le Médiateur du Faso, Sara Sérémé, pour concilier les protagonistes et qui avait abouti à une déclaration publique de fin de crise ne semble plus être à l’ordre du jour. 

Ce samedi 17 avril 2021, El Hadj Oumarou Koanda, nouveau président transitoire, a été installé, non sans échauffourée. En effet, la Police a usé de gaz lacrymogènes pour disperser certains fidèles qui n’étaient pas favorables à l’installation de ce dernier.

« Il n’y avait plus de réunion »

« Ce qui nous réunit ce matin, c’est une application de la décision du ministre en charge de l’administration territoriale qui confie au bureau exécutif, qui s’est réuni à Bobo-Dioulasso, la gestion de la Communauté musulmane pour aller à une Assemblée générale pacifique afin de rassembler tout le monde. Ceux qui étaient là s’opposaient à la décision du ministère. C’est ce qui a emmené l’affrontement entre ces gens et la sécurité », a expliqué Dr Adama Ouédraogo, vice-Président de la Communauté musulmane du Burkina Faso.

Selon lui, le mandat du bureau exécutif sortant est arrivé à expiration depuis le 6 juin 2020 et que ce bureau n’existait que de nom. « Il n’y avait plus de réunion. Une grande institution comme la Communauté musulmane, la mère de toutes les associations islamiques au Burkina Faso, qui ne fait pas de réunion », a-t-il déploré.


Dr Adama Ouédraogo, vice-Président de la Communauté musulmane 

A écouter Dr Adama Ouédraogo, plusieurs membres du bureau exécutif, dont le Secrétaire général, le trésorier, des vice-présidents, ont ainsi commencé à s’en démarquer, « laissant presque seul El Hadj Abdou Rasmané Sana ».

El Hadj Oumarou Koanda, nouveau président transitoire, a pour mission de conduire la Communauté musulmane, de rassembler toutes les parties protagonistes, d’organiser l’Assemblée générale ou le congrès et d’élire un nouveau bureau exécutif au niveau national.

« En tout cas, nous ne sommes pas contents de la situation. C’est plus qu’un coup d’Etat »

Mais, El Hadj Abdou Rasmané Sana, désormais ancien président, désapprouve cette situation qu’il qualifie de « plus qu’un coup d’Etat ». Selon ses dires, c’est le 11 avril 2021, par ampliation, que le ministre en charge des cultes les a informés que l’ordre a été donné d’organiser une réunion.

«Personne n’est venu nous consulter. Nous avons seulement appris, à travers la presse, qu’il y a une réunion ce samedi 17 avril 2021 dans le but d’installer un nouveau président. Il n’y a pas eu de congrès, mais on veut installer un président. Nous avons pensé qu’en tant que président sortant, selon les statuts, c’est nous qui devons organiser un congrès. Et s’en suivra la passation de charges avec le nouveau président », a-t-il affirmé.


El Hadj Abdou Rasmané Sana, désormais ancien président de la CMBF

El Hadj Abdou Rasmané Sana dit regretter que la force soit employée pour régler l’affaire, au mépris du respect des textes.

« Cela a été décidé par la force. Parce que la Police est venue nous dire de laisser la place à d’autres personnes qui vont procéder à l’installation d’un nouveau président. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser nos partisans. Il y a eu des blessés dont un grave et environ trois personnes ont été arrêtées. Nous appelons les uns et les autres au respect des textes.

Il nous faut suivre ce que la loi a dit. Diviser pour régner ne doit pas être le dernier recours. Que celui qui n’a pas raison reconnaisse qu’il a tort. En tout cas, nous ne sommes pas contents de la situation. C’est plus qu’un coup d’Etat. Cela n’honore pas le Burkina Faso qui se veut pays démocratique. Nous avons fait recours à la justice. Et nous attendons », a laissé entendre le promoteur de l’agence Sana Voyages.

Noufou KINDO

Abdou Gani BARRY (Stagiaire)

Burkina 24

Source : Burkina24.com

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