Eau et assainissement : Sakuilga, point de départ des réalisations de 2019

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Eau et assainissement : Sakuilga, point de départ des réalisations de 2019

Le ministre de l’Eau et de l’assainissement a présidé le 31 mai 2019 à Sakuilga, dans la province du Zoundweogo, la cérémonie officielle de lancement de la tranche annuelle 2019 de la composante « eau et assainissement » du Plan national de développement économique et social (PNDES-EA 2019). Ce fut également l’occasion pour le ministre Ambroise Niouga, de faire le bilan des réalisations de son département l’année précédente, et d’annoncer les grands chantiers pour 2019.

De l’eau a jailli des profondeurs de Sakuilga, village situé dans la province du Zoudweogo, à 7 km de Manga, la capitale régionale de la région du Centre-sud. Les populations de ce village disposent désormais d’un forage moderne.

La fin d’un calvaire pour elles qui, jadis, parcouraient de longues distances pour avoir le liquide précieux. Une situation qui avait des répercussions dommageables comme l’indique le premier adjoint au maire de Manga, Joseph Tondé. « Dans les campagnes, trouver de l’eau constitue un fardeau quotidien. Cette situation se répercute sur le droit à la scolarisation des enfants, surtout des jeunes filles qui doivent passer une bonne partie de leur temps en compagnie de leurs mères à la recherche de cette eau précieuse pour la vie ». C’est désormais du passé avec le forage moderne dont bénéficie le village.

L’infrastructure de Sakuilga fait partie des 2269 (dont 790 à réhabiliter) que le ministère de l’Eau et de l’assainissement entend ériger en milieu rural partout au Burkina au cours de l’année 2019. En plus des forages et toujours en milieu rural, ce sont entre autres 30 puits modernes, 30 900 latrines familiales (dont 935 à réhabiliter), 90 forages à hauts débits que le département de Ambroise Niouga entend construire au cours de cette année. Les réalisations dans les domaines de l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement en milieu rural vont coûter 36, 502 milliards de FCFA.


Pour le milieu urbain, 33 226 branchements particuliers, 170 bornes- fontaines, 450 m3 de capacité de stockage, 25 000 latrines familiales, 300 raccordements au réseau collectif, sont entre autres les chantiers à exécuter, avec un coût global de 17,042 milliards de FCFA.

Au titre du PNDES-EA 2019, l’ensemble des réalisations est estimé à environ 78 milliards de FCFA.

Le thème du lancement de la tranche annuelle 2019 de la composante « eau et assainissement » du Plan national de développement économique et social (PNDES-EA 2019), avait trait aux enjeux socio-économique et sécuritaire de la mobilisation des ressources en eau. Foi du ministre, « en termes d’impacts socio-économiques, la mobilisation des ressources en eau permettra la réduction de l’exode rural par la fixation des jeunes dans leurs terroirs, l’amélioration des revenus des populations, l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle par l’augmentation des produits agricoles ».


Ambroise Niouga a en outre précisé que l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, sur la base de l’approche sur les droits humains, contribuera à l’atteinte des cibles fixées dans les domaines de l’eau et de l’éducation. Une réponse en filigrane au premier adjoint au maire qui s’inquiétait de l’impact que la longue marche vers la recherche de l’eau pourrait avoir sur la scolarisation des jeunes filles.

Faire mieux qu’en 2018

Le taux global de réalisation de l’ensemble des activités en 2018 était de 63,33%. Ce taux ne satisfait pas le ministre en charge de l’eau et l’assainissement. La situation sécuritaire n’a pas permis d’étendre les actions sur l’ensemble du territoire national. Pis, certaines réalisations ont été sabotées par les groupes terroristes. En outre, la fronde sociale, surtout au ministère en charge des finances, n’a pas permis le déblocage des ressources financières à temps. A ces difficultés s’ajoutent des incompréhensions de certaines populations.

« Nous avons des difficultés pour construire des barrages. Il faut que les populations nous comprennent. Nous ne pouvons pas construire un barrage sans noyer des terres, des routes. Quand nous demandons qu’il y ait une déviation de pistes, que les propriétaires sacrifient une partie de leur terre pour l’intérêt général, c’est souvent difficile. Entre 2017 et 2019, c’est plus de 7 barrages que nous n’avons pas pu construire », a regretté le ministre.


Qu’à cela ne tienne, les indicateurs s’améliorent malgré le contexte difficile. A titre d’exemple, le ministre rappelle que quand il arrivait à la tête de ce ministère en 2016, l’accès à l’eau potable était autour de 11 à 12 %. En 2019, « En milieu urbain et rural compris, on est à un taux de plus de 74 % », ce qui le convainc que si le rythme continue, d’ici 2020 et 2030, les objectifs de 100 % pourront être atteints.

Les taux en matière d’assainissement étaient encore plus déplorables avec moins de 10 % en 2016. La donne a depuis changé, car actuellement les chiffrent vacillent autour de 023%. « Ce n’est pas beaucoup, nous le reconnaissons, voilà pourquoi nous disons que la difficulté de l’assainissement c’est qu’il faut un engagement social », a indiqué le ministre de l’Eau et de l’assainissement.

Tiga Cheick Sawadogo

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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