Dream Makers : Ces jeunes qui veulent révolutionner l’image du cinéma burkinabè

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Dream Makers est un groupe de jeunes qui ont pour ambition de révolutionner l’image du cinéma burkinabè. C’est pour atteindre cet objectif que ces jeunes étudiants, issus tous de l’Institut supérieur de l’image et du son (ISIS), ont décidé de créer la structure Dream Makers. Le responsable Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo, lauréat du prix du meilleur film d’école à l’édition du FESPACO 2013, explique le bien-fondé de cette structure.

Burkina 24 : Pouvez-vous nous dire un mot sur vous ?

Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo : Je suis Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo. Je suis réalisateur, producteur issu de l’Institut supérieur de l’image et du son, studio-école (école de cinéma). Je suis le responsable du groupe Dream Makers/Graphic Studio, qui est une entreprise de jeunes étudiants.

B24 : Quelle formation avez-vous reçue ?

Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo : DREAM MAKERS regroupe des compétences toutes issues de l’Institut supérieur de l’image et du son (ISIS). Nous avons reçu une formation dans les métiers du cinéma, de la production en passant par le scénario et la réalisation pour aboutir sur les métiers techniques comme l’image, le son, le mixage, l’étalonnage, l’infographie…

Certains d’entre nous aussi ont subi de nombreuses formations à l’étranger. Me concernant, je suis auteur d’une série étrangère, de plus d’une quinzaine de courts métrages et j’ai été lauréat en 2013 du meilleur film d’école du FESPACO. J’ai aussi participé à plusieurs festivals à travers le monde avec mes différents courts métrages, surtout avec « Con Fess » et « Une Partie de nous ». Actuellement, je suis sur mon projet de film de master dont le titre est « Silence du jour ».

B24 : Que pouvez-vous dire sur votre entreprise ?/

Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo : Dream Makers/Graphic Studio est né de la volonté d’étudiants assoiffés de création et de révolution dans le paysage cinématographique africain. D’abord, Dream Makers a été lancé sous forme de concept rassemblant des jeunes nourrissant de grands rêves et pouvant se mettre ensemble, afin de créer et produire à travers leurs différents talents.

Nous avons eu beaucoup d’adhérents. Avec une grande visibilité à travers les réseaux sociaux nous avons été approchés par des partenaires à l’étranger qui ont cru en nous et ont tissé des liens de partenariats sur des projets. C’est ainsi que Dream Makers a muté du simple concept de jeunes en une entreprise.

Du reste DREAM, avec un minimum de moyens et de matériel, a déjà contribué à la production de certains films au Burkina, Togo, Tchad, France, tourné plusieurs clips, spots pour des artistes et des institutions qui passent déjà sur les chaines nationales et étrangères. Nous avons aussi des films qui ont été primés à des festivals en Afrique et en Europe. Et bon nombre d’agences de communication font appel à nos services pour concevoir leurs story bords de spots, leurs dessins et affiches, leurs logos ou la charte graphique des entreprises. Nous offrons également nos services en motion graphique, web design, habillage antenne (Chaines de télé) et spot d’animation…

DREAM MAKERS plus qu’une maison de production audiovisuelle, rassemble quatre (04) départements : DREAM MAKERS FILMS, GRAPHIC STUDIOS, DREAM MAKERS MUSIC VIDEOS et DREAM MAKERS COMMUNICATION.

Dream Makers : Ces jeunes qui veulent révolutionner l’image du cinéma burkinabè

champ d’activités

DREAM MAKERS est avant tout une raison d’être, un concept de vie lancé par cinq (05) jeunes étudiants fraîchement sortis de la prestigieuse école de cinéma du Burkina Faso, l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS-SE). Tous diplômés de cette école, ces jeunes ont décidé de mettre en commun leurs talents et leurs compétences. Le rêve est le moteur de bien de révolutions.

Plus qu’une allégorie, la vision de DREAM MAKERS/GRAPHIC STUDIOS est d’oser le changement. En effet l’Afrique s’est laissé envahir par les images des autres. Au Burkina nous préférons faire appel à des compétences étrangères pour la réalisation de nos projets que de donner l’occasion à nos jeunes de s’exprimer. Cela par manque de recherche sur nos richesses culturelles, la non confiance au génie qui nous anime ici. Nous avons le talent, nous avons les compétences, nous sommes animés du même rêve alors que nous reste-il ? Conquérir le monde.

B24 : Pouvez-vous préciser vos domaines d’activités ?

Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo : Dream Makers conçoit des story bords, du design, de l’infographie, du graphisme des films d’animation et de fiction, des films documentaires, des films institutionnels, des spots télé, et aussi des clips d’artistes. Nous avons remarqué que le Burkinabè ne prête pas beaucoup d’attention à son image. Prenons le cas de nos artistes musiciens, peintres, photographes…Combien ont une bonne visibilité sur les réseaux sociaux, combien et par quel canal vendent-ils l’image du Burkina au monde ? Combien travaillent avec une stratégie de communication et un plan marketing pour la durée de toute leur carrière ?

Pour un clip par exemple, il ne suffit pas de montrer une partie de corps d’une femme pour faire beau. Ce n’est pas cela un clip. Voyez vous-même comment Michael Jackson fait ses clips, c’est un perfectionniste et ses clips sont à la limite des courts métrages bien écrits et bien réalisés.

Nos films d’animation et bandes dessinées constituent notre grande spécificité par rapport à ce qui se voit sur le marché actuellement. Par ailleurs, nous avons le projet de nous inspirer des histoires du Burkina pour faire des bandes dessinés éducatives pour les enfants et les adultes.

B24 : Qui sont les acteurs qui font vivre Dream Makers?

Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo : Dream Makers, ce sont cinq étudiants qui se sont mis ensemble. En effet la jeunesse des forces en présence, la diversité de nos compétences constituent un atout et une grande richesse. DREAM MAKERS a assez de ressources pour prendre un individu ou une société et la faire vivre à travers son image. C’est en cela que Hubert COMPAORE est storyboarder, dessinateur BD, graphiste et designer, Madina OUEDRAOGO qui est ingénieure techniques audiovisuelles et cinéma option montage, Elvis ILBOUDO qui est peintre, dessinateur, animateur et réalisateur de films d’animation et de BD, Hilaire Thiombiano qui est producteur réalisateur de même que moi Pazouknam Jean-Baptiste.

Dream Makers : Ces jeunes qui veulent révolutionner l’image du cinéma burkinabè

L’équipe de Dream Makers

B24 : Estimez-vous recevoir le soutien nécessaire pour développer vos projets ?

Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo : Nous sommes déjà compétitifs avec le petit matériel dont nous disposons. Imaginez ce qu’on pourrait faire si on avait ne serait-ce que 25% du matériel que nous désirons. Nous ne pouvons pas dire que le soutien fait défaut. Nous sommes une entreprise et il faut être compétitif dans ce milieu très concurrentiel pour se faire une place et avoir aussi plus de partenaires. Heureusement certaines entreprises et partenaires ainsi que nos familles croient beaucoup en nous. Je me rappelle qu’on a financé plusieurs projets d’autres jeunes afin de les promouvoir, leur donner des moyens d’expression de leurs talents. Tout cela est financé par nos propres économies parce que nous avons foi que c’est en s’entraidant entre nous jeunes à travers nos petits projets que nous allons plutôt construire notre patrie, plutôt qu’en croisant les doigts, attendant un quelconque soutien extérieur ou de l’Etat.

Notre principal objectif est de travailler à réaliser nos grands rêves afin que d’autres jeunes puissent s’inspirer de nous et se dire que le rêve est possible et qu’entreprendre c’est se battre et aussi contribuer au développement du pays. Nous estimons donc qu’avec du soutien on ira plus vite dans nos projets. On a des projets de films de long métrage et de films d’animation qui sont très rares au Burkina. Nous nous battons actuellement avec les petits projets pour avoir les ressources nécessaires afin de pouvoir financer ces projets plus grands, au lieu de se précipiter pour les réaliser de façon minimaliste. Ce qui n’honore pas la noblesse de notre art.

Propos recueillis par Issouf NASSA

Burkina 24

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