Discours du Président Roch Kaboré à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la désertification au Burkina Faso

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Discours de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso À l’occasion de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la désertification au Burkina Faso.

CONTRIBUTION PREVUE DETERMINEE
AU NIVEAU NATIONAL (CPDN)
AU BURKINA FASO

Juin 2017

Excellence, Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali
Excellence, Monsieur Mahamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger
Monsieur le Premier Ministre
Monsieur le Représentant du Président de l’Assemblée nationale
Monsieur le Président du Conseil constitutionnel
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution
Madame la Secrétaire Exécutive de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification
Eminence le Cardinal Philippe OUEDRAOGO
Autorités coutumières et religieuses
Mesdames et Messieurs les Ministres
Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatique et consulaire
Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales et interafricaines
Distingués invités
Mesdames et Messieurs

Le Burkina Faso s’honore d’accueillir la cérémonie commémorative de la journée mondiale de la lutte contre la désertification, proclamée le 17 juin 1994, au terme de la résolution 49/115 de l’Assemblée générale des Nations Unies.
C’est un moment fort et historique pour mon pays et une grande fierté pour le continent africain dans son ensemble.
Cette commémoration nous rappelle les dangers de la désertification, de la dégradation des terres, de la sécheresse dans le monde et les efforts à consentir pour y faire face.
Ce n’est en effet un secret pour personne, que ces fléaux menacent la survie des populations du monde et principalement celles d’Afrique saharienne et sub-saharienne.

Messieurs les Chefs d’Etat
Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Vaincre une nature de plus en plus hostile nécessite une mobilisation à tous les échelons et une solidarité internationale agissante.
C’est pourquoi, je salue et apprécie hautement la présence à mes côtés en dépit de leurs calendriers chargés, des Présidents Ibrahim Boubakar KEITA du Mali et Mahamadou ISSOUFOU du Niger. Merci chers frères pour votre solidarité réaffirmée et votre engagement dans la lutte contre la désertification et la sécheresse.

Au-delà des relations fraternelles et amicales entre nos peuples, vos leaderships respectifs dans le combat que nous menons au sahel contre les adversités de la nature consolident davantage nos liens et notre commune volonté de relever les défis qui se dressent devant nous.
A vous, Madame Monique BARBUT, Secrétaire Exécutive de la Convention des Nations Unies pour la Lutte Contre la Désertification, nous exprimons notre profonde gratitude pour le combat que vous menez en faveur des communautés rurales et pour la survie de notre planète.
Le Burkina Faso vous dit également merci pour cette marque de considération et la confiance placée en lui pour abriter cet évènement mondial au nom du continent africain.
C’est le lieu pour moi de rendre un hommage à Monsieur Hama Arba Diallo, grand artisan de cette Convention qu’il a su incarner avec conviction pendant de longues années, en qualité de Secrétaire Exécutif.
C’est en reconnaissance de cette action que le Gouvernement a fait baptiser une rue en son nom ce jour même à Ouagadougou, pour perpétuer sa mémoire et inspirer les générations futures.

Messieurs les Chefs d’Etat
Honorables invités
Mesdames et Messieurs

Les tendances actuelles de la dégradation des terres, de la désertification

et de la sécheresse sont préoccupantes. Les tempêtes de sable, la faible productivité des terres et la perte de biodiversité ne sont que quelques-unes des conséquences qui menacent l’avenir de l’humanité.
Chaque année, 12 millions d’hectares de terres productives sont perdues à l’échelle mondiale, avec, entre autres, le déplacement de familles vers les régions plus humides, les migrations, le chômage des Jeunes, le terrorisme et j’en passe.
Le changement climatique risque d’accélérer ces phénomènes et d’en amplifier les effets, notamment dans les zones arides, qui représentent environ un quart de la surface terrestre.

Messieurs les Chefs d’Etat
Honorables invités
Mesdames et Messieurs

Le thème choisi cette année pour la Journée Mondiale de Lutte Contre la Désertification et la Sécheresse est donc fort à propos : « Notre Terre, Notre Maison, Notre Futur ».
Ce thème évocateur appelle notre conscience et notre responsabilité individuelle et collective à considérer la terre productive comme la mère nourricière du monde. Sans terre, pas de vie et sans vie, pas d’avenir.
Il nous interpelle également sur le triptyque « Soutenabilité, Stabilité et Sécurité » dans la sous-région et en Afrique. Ces concepts sont intimement liés et indissociables.

Il est incontestable que la stabilité des nations est liée à la sécurité des personnes et de leurs biens, rien de durable ne pouvant à l’évidence se construire dans l’instabilité et dans l’insécurité.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

L’Agenda 2030 pour le Développement Durable adopté en 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies, a invité les Etats à lutter contre la désertification, à restaurer les terres et les sols dégradés, y compris les terres affectées par la désertification, la sécheresse et les inondations, et à s’efforcer d’aboutir à un monde sans dégradation des terres à l’horizon 2030.
C’est pourquoi, la 12ème Conférence des Parties (COP12) de la Convention tenue à Ankara en Turquie en Octobre 2015 a pu adopter le concept de « Neutralité de la Dégradation des Terres (NDT) ».
Faisant suite à cette décision de la COP12, le Burkina Faso a adhéré formellement en mars 2016 au Processus NDT, et s’attèle à définir des cibles nationales devant aboutir à la neutralité en matière de dégradation des terres à l’horizon 2030.
L’approche NDT, outre qu’elle constitue une porte d’entrée pour la mise en œuvre de la synergie des trois conventions de Rio, contribuera également et de manière significative à l’atteinte des objectifs de Développement Durable.

Du reste, mon pays a intégré dans le scénario tendanciel de son document de Contribution Déterminée Nationale la restauration et l’aménagement de 5,055 millions d’ha de terres dégradées à l’horizon 2030.
Cela correspond à 55% de la superficie totale actuelle des terres dégradées du pays, et permettrait de nourrir près de 6 millions de personnes supplémentaires à l’horizon 2030.

Excellences
Distingués Invités

En tant qu’Etat-Partie à la Convention des Nations Unies pour la Lutte Contre la Désertification depuis 1995, le Burkina Faso a consenti, au cours des trente dernières années des efforts importants en matière de Gestion durable des terres et de lutte contre la sécheresse.

Mesdames et Messieurs

Le Projet « Promouvoir la gestion durable des terres dans les zones sujettes à la migration en Afrique de l’Ouest à travers des mécanismes de financement novateurs », mis en œuvre entre 2014-2016 au Burkina Faso, au Niger et au Sénégal est un bel exemple. Il a été financé par le Gouvernement de l’Italie et opérationnalisé conjointement par le Mécanisme Mondial de la Convention des Nations Unies pour la Lutte Contre la Désertification et l’Organisation Internationale pour les Migrations.

Les réalisations en faveur de la neutralité de la dégradation des terres ne pourraient réussir sans l’implication et la participation active de tous les acteurs : gouvernement, communauté scientifique, société civile, partenaires techniques et financiers, mais surtout populations locales, car ce sont elles qui vivent au quotidien les affres de la sécheresse, de la dégradation des terres et des eaux.

Excellences, Messieurs les Présidents
Distingués invités
Mesdames et Messieurs

Lutter contre la sécheresse et la désertification, c’est assurer l’avenir de l’Humanité toute entière. Il s’agit donc d’une responsabilité commune, c’est pourquoi la coopération internationale doit être effective.
En particulier, nous devons ensemble développer des technologies vertes intégrées et partager nos connaissances pour promouvoir et mettre à l’échelle les bonnes pratiques de gestion durable des terres ; mais au-delà des technologies, il nous faut également et surtout des financements innovants au niveau international, régional et national.

Madame la Secrétaire exécutive
Mesdames et Messieurs

Depuis ce matin vous êtes en réflexion sur les 3S à travers le colloque ministériel de haut niveau inscrit au programme de cette journée commémorative.
Je voudrais vous féliciter et vous traduire toute ma satisfaction et celle de mes pairs pour le travail abattu et les conclusions auxquelles vous êtes parvenus. L’appel à l’action de Ouagadougou sur les emplois liés à l’exploitation des terres en Afrique que nous venons d’entendre est un résumé quasi-exhaustif de l’actualité mondiale et singulièrement du continent africain.
C’est pourquoi au regard du contenu de l’appel de Ouagadougou, Nous, Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali et du Niger, de concert avec Nos Pairs de la sous-région, prenons l’engagement d’œuvrer à la promotion de partenariats régionaux et mondiaux pour l’investissement dans la réhabilitation et la gestion durable des terres à toutes les tribunes d’échanges que nous aurons.
Le renforcement de la coopération internationale reste indispensable car les effets collatéraux de la dégradation des terres sont non maîtrisables et concernent la communauté mondiale toute entière.

Ensemble, faisons reculer la désertification !

Je vous remercie.

Bayiri.com