Coût élevé du billet d’avion pour les rapatriements : Les explications du Ministre Alpha Barry

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En conférence de presse ce lundi 3 août 2020, le ministre burkinabè en charge des affaires étrangères et de la coopération, Alpha Barry est revenu sur les dénonciations faites par certains Burkinabè, concertant le coût souvent élevé du billet d’avion pour les opérations de rapatriement de certains compatriotes qui étaient bloqués à l’extérieur à cause du coronavirus qui, faut-il rappeler, avait conduit à la fermeture des frontières depuis plusieurs mois.

« De mon point de vue, je ne pense pas que les billets (d’avion) coûtaient forcément chers, parce que nous sommes dans une situation un peu particulière. La première des choses qui était importante, c’était de pouvoir avoir un avion à sa disposition. Au contraire, nous avons fait des négociations assez dures avec les différentes compagnies afin que les prix soient réduits. Pour nous, ce qui était en avant était l’aspect humanitaire parce qu’il ne faut pas oublier que parmi ces rapatriés, il y avait des étudiants », a d’abord fait noter le ministre Alpha Barry.

Il explique qu’en réalité, les compagnies agissent aussi sous forme de péréquation. C’est-à-dire que, poursuit le Ministre Barry, si vous prenez un avion qui quitte les Etats-Unis pour le Burkina Faso, il a un coût. Maintenant, si l’on a 200 passagers, le billet va être moins cher que si l’on a 100 passagers, parce que le coût de l’opération va être divisé par 200 ou par 100, selon le nombre de passagers que l’on aura. C’est ce que le Burkina Faso a eu sur l’opération du Cameroun où, dans une première opération qu’il avait tentée, le billet était à 800 000 FCFA. Certains Burkinabè vivant au pays de Paul Biya n’avaient pas les moyens de payer. Plus certains désistaient, le billet revenait encore plus cher, puisqu’il fallait diviser le coût des dépenses de l’avion pour aller les chercher par le nombre de passagers. Cette première opération avait donc échoué, faute de moyens de ceux qui étaient au Cameroun.

Pour la seconde opération, le Burkina Faso a apporté une subvention grâce à une compagnie minière qui avait mis de l’argent à la disposition à la fois du ministère des affaires étrangères et de la compagnie aérienne pour rapatrier d’autres Burkinabè. Une partie de l’argent resté a été injectée dans l’opération du Cameroun et du Nigeria, ce qui a permis de passer d’un coût de 800 000 FCFA, à 500 000 FCFA.

Le Burkina Faso a également eu une opération sur la Côte d’Ivoire où le billet coûtait 125 000 FCFA. Sur le Maroc, le coût du billet de l’avion était de 600 000 FCFA, et c’était la compagnie Air Burkina qui avait fixé ce coût en fonction du coût de l’opération aller-retour. « Un avion, ce n’est pas seulement le carburant. Il y a les opérations de survol, d’atterrissage et d’assistance au sol qui sont toutes payées. C’est tout ça mis ensemble qui fait le coût d’une opération de rapatriement dans un pays donné, et en additionnant tous ces coûts, on divise par le nombre de passagers qu’on a à sa disposition. C’est cela qui pouvait faire la différence », a détaillé le chef de la diplomatie burkinabè.

Aussi, en plus des opérations de rapatriement, confie le ministre, le Burkina Faso a envoyé des paquets de masques dans certains consulats et ambassades qui étaient confinés en difficulté, dans des pays où il y avait la rupture.

Armand Kinda
Minute.bf

Source : Minute.bf

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