Corruption dans l’administration des douanes au Burkina : Un programme anti-corruption mis en place pour inverser la tendance

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La direction générale des douanes veut lutter efficacement contre la corruption qui mine ses activités. En effet, elle occupait en 2019 le deuxième rang des institutions les plus corrompues au Burkina Faso selon le classement du REN-LAC. Pour changer la donne, l’administration des douanes a officiellement lancé ce 19 novembre 2020, son programme anti-corruption et de promotion de l’intégrité. Le programme bénéficie de l’appui technique de l’Organisation mondiale des douanes et de l’accompagnement de l’Agence norvégienne de coopération pour le développement.

Le programme anti-corruption et promotion de l’intégrité (A-CPI) s’inscrit dans le cadre de la promotion de la déclaration d’Arusha signée en 1993 et révisée en 2003. En effet, cette déclaration est une matérialisation de la volonté de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) à lutter contre la corruption. Une lutte qui ne saurait être efficace que dans le cadre d’efforts déployés globalement à l’échelon national selon l’OMD.

La déclaration d’Arusha stipule également qu’un programme national efficace en matière d’éthique douanière doit tenir compte de 10 facteurs principaux que sont entre autres la conduite et l’engagement des responsables, le cadre règlementaire, la transparence, l’autonomisation, les réformes de modernisation, les contrôles et enquêtes, etc.

Adama Nana, inspecteur technique principal représentant le directeur général des douanes.

Mis en œuvre depuis janvier 2019 et devant s’étendre jusqu’en 2024, le programme a déjà permis de réaliser plusieurs activités. Il s’agit notamment de l’élaboration du guide d’éthique douanière et de l’état des lieux de la lutte contre la corruption au niveau des administrations douanières. Le lancement du programme intervenu ce 19 novembre, coïncide avec celui de l’activité n°5 qui va consister à recueillir l’avis des contributeurs.

 » Nous avons constitué des groupes de travail qui vont réfléchir sur les facteurs clés de la déclaration d’Arusha. Chaque groupe va travailler sur 2 des 10 facteurs. Un groupe va par exemple se pencher sur son ressenti, son avis sur l’engagement des premiers responsables de l’administration des douanes à lutter contre la corruption. Ces contributions seront ensuite traitées par le programme et un document sera produit pour donner l’avis à l’interne des agents de douanes en ce qui concerne la lutte contre la corruption », a laissé entendre Adama Nana, inspecteur technique principal représentant le directeur général des douanes.

Vue des participants

Un comité a été créé au niveau de la Direction générale des douanes pour assurer la mise en œuvre du programme A-CPI. Il est chargé de faire l’état des lieux en matière de lutte contre la corruption, d’identifier les actions réalisées, d’élaborer un plan d’actions, de proposer des pistes de coopération, de rédiger un document d’information et de faciliter la réalisation d’un sondage relatif à la perception de l’intégrité des douanes.

Le programme A-CPI concerne 17 pays dans le monde dont 12 en Afrique et 2 au niveau de l’UEMOA, tous identifiés par l’Organisation mondiale des douanes.

Armelle Ouédraogo

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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