Burkina : Les JCFA 2018 font face aux défis du numérique

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Entre deux FESPACO se tiennent les Journées Cinématographiques de la Femme Africaine de l’Image (JCFA) à Ouagadougou, un évènement cinématographique qui magnifie la femme africaine du domaine du cinéma. La 5e édition a lieu du 2 au 5 mars 2018 sous le thème : « La professionnelle africaine de l’image face aux défis du numérique ».

Les Journées cinématographiques de la femme africaine de l’image est l’occasion pour mettre en exergue les femmes professionnelles de l’image et de leurs œuvres. Un évènement qui ne saurait se tenir sans un hommage à Idrissa Ouédraogo.

Si au départ, la ligne éditoriale portait sur  les films faits par des femmes, elle a évolué pour tenir compte de la problématique du genre, notamment prendre en compte des films des hommes qui traitent de la problématique de la femme.

Pour la cause, c’est le film «Le train du sel et du sucre », du Mozambicain Licino Azevedo, Tanit d’or  2017 aux Journées cinématographiques de Carthage, qui est programmé à l’ouverture. Un film qui montre le combat des femmes pendant la guerre pour apporter les denrées nécessaires à la survie de la population.

De nos jours, les femmes professionnelles de l’image occupent les différents maillons du cinéma et de l’audiovisuel. Elles sont réalisatrices, scénaristes,  productrices, promotrices. Le rôle de ces journées est donc  de montrer le combat qui est mené du côté de ces femmes pour porter le cinéma.

«Ce n’est pas une opposition entre les femmes et les hommes, dira Aminata Ouédraogo Bakayoko, ancienne directrice du cinéma à la retraite. Mais dans un environnement, lorsqu’on est minoritaire, on veut se faire valoir. Il y a des films qui magnifient la contribution de la femme dans l’industrie cinématographique. On voit l’exemple de Apolline Traoré avec Frontières qui rafle des prix  actuellement.  Quand on dit film de femme, c’est un film qui ne diminue en rien la qualité du film ou en termes de grand film».

La réflexion cette année porte sur les défis du numérique. Des défis qui se présentent en termes  de postproduction, de diffusion, de distribution et communs à tous les cinéastes d’Afrique, hommes et femmes.

« Les défis du numérique n’ont pas été résolus. L’Afrique a encore beaucoup de réponses à donner pour sa propre conversation avec le numérique. Nous y sommes mais nous n’y sommes pas vraiment et entièrement. Le numérique, ce n’est pas juste la caméra numérique. C’est l’outillage, tout un ensemble », explique Balufu Bakupa, cinéaste et panéliste.

Difficultés

Et le délégué général du FESPACO, Ardiouma Soma,  d’ajouter :  «On remarque ces difficultés quand on demande aux cinéastes d’envoyer des films au FESPACO en format numérique. On voit combien ils souffrent pour aller à l’extérieur».

Cette réflexion offre aux professionnelles une plateforme d’échanges pour susciter des réponses à leurs préoccupations liées au numérique afin de leur permettre de faire des propositions aux autorités pour d’éventuels accompagnements.

Carte blanche est donnée à deux structures de diffusion de films dirigées par des femmes pour la programmation des films et de partage de leurs expérience dans la distribution de films.

Au programme, plus d’une vingtaine de films seront projetés en présence de leurs réalisatrices ou comédiennes pour la plupart, des formations.

Hommage est rendu à deux personnalités féminines du cinéma, Aminata Ouédraogo Bakayoko, qui a occupé de hautes fonctions au ministère de la culture,  et Naki Sy Savané, comédienne ivoirienne.

Revelyn SOME

Burkina24

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