Burkina Faso : « Les statistiques de la BCEAO indiquent que l’inflation est la plus élevée des pays de l’UEMOA », alerte Ernest Ouédraogo de l’UAS

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Les travailleurs du public, para-public, privé et du secteur informel ont battu le pavé, ce samedi 1er mai 2021 à Ouagadougou, pour commémorer la journée internationale du travail. Au cours de cette mobilisation, les syndicats ont dénoncé l’inflation au Burkina et la mauvaise gouvernance qui a cours dans les segments de la vie socio-économique.

Au cours du meeting qui a clos la commémoration de la Journée internationale du travail 2021, l’Unité d’action syndicale (UAS) a passé au scanner la vie nationale. Ainsi, au plan socio-économique, le président du mois de l’UAS, Ernest Ouédraogo, note une morosité qui se traduit par un chômage qui frappe massivement les jeunes.


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« Les secteurs sociaux de l’éducation, de la santé et du logement se trouvent dans une crise assez profonde, victimes du désengagement de l’État et d’une spéculation foncière criarde. Les prix des produits de consommation courante comme les hydrocarbures, le sucre, les vivres, etc., connaissent une flambée constante. Du reste, les statistiques de la BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) indiquent que l’inflation au Burkina Faso est la plus élevée des pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) », liste-t-il.

Pendant ce temps, poursuit le porte-parole, le dialogue social se trouve pratiquement « dans l’impasse, galvaudé » ces dernières années par le gouvernement « qui multiplie les actes qui violent les principes » de ce dialogue social.

Ernest Ouédraogo a livré le message de l’UAS.

« Non content de ne pas tenir la rencontre gouvernement/syndicats depuis 2017 (malgré plusieurs annonces), de même que les autres cadres du dialogue social, le gouvernement s’illustre dans la multiplication d’actes contraires à l’esprit du dialogue social : adoption ou révision de textes importants sans aucune concertation préalable avec les syndicats (textes d’application de la loi 081, arrêté portant modalités de traitement du prélèvement volontaire à la source des cotisations syndicales, arrêté portant procédure de traitement et modalités de liquidation de la retenue pour faits de grève) ; refus manifeste de répondre à des correspondances adressées par les organisations syndicales ; non mise en œuvre des engagements pris avec les organisations syndicales avec une accumulation de dette sociale vis-à-vis de nombreux travailleurs ; prise de décisions importantes comme l’augmentation des prix des hydrocarbures, en lieu et place des concertations préalables habituelles avec l’UAS ou la Coalition contre la vie chère (CCVC) », charge le président du mois de l’UAS.


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La corruption touche aujourd’hui tous les segments de la vie …

Selon les travailleurs, cette attitude, qualifiée d’ « anti-syndicale », du gouvernement va de pair avec une longue liste des remises en cause des droits et acquis des travailleurs (remise en cause du sit-in, révocation de militants syndicaux, coupures sauvages et illégales des salaires …).


Au plan de la gouvernance, les syndicats disent observer un développement de la fraude et de la corruption. « Celles-ci touchent aujourd’hui tous les segments de la vie socio-économique du pays. Ce développement de la corruption résulte de l’absence d’une réelle volonté de combattre le fléau », pointe Ernest Ouédraogo, avec pour illustration que les marchés publics sont fortement gangrénés par le phénomène avec pour conséquence le pillage des ressources publiques, des travaux mal exécutés, notamment ceux réalisés dans le cadre de la commémoration du 11-décembre (fête de l’indépendance) dans les régions. « Pire, au niveau de l’administration publique, les recrutements, sous le couvert de mesures ‘’spéciales’’ sont marqués par la fraude », brandissent ces travailleurs.

O.L

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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