Burkina Faso : Ces violences dont sont victimes les femmes au fil de leur vie

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Le groupe d’Action de Lobbying et de Plaidoyer (GALOP), avec l’appui de l’UNFPA, a initié une session de formation deuxième du genre, sur la pratique du mariage d’enfants au profit des hommes et femmes des médias. La formation s’est déroulée du jeudi 6 au samedi 08 août 2020 à Ouagadougou sous la présidence de l’épouse du Chef de l’Etat, Sika Kaboré.

Les violences faites aux femmes sont des phénomènes universels qui touchent tous les pays, toutes les femmes quel que soit leur rang social, leur niveau d’instruction, leur culture et leur milieu de vie. Elles découlent de relations inégales de pouvoir entre hommes et femmes.

En Afrique, ces violences trouvent souvent leur fondement dans les pratiques traditionnelles et religieuses. Au nombre de ces pratiques traditionnelles, figure le mariage d’enfants. Sujet sur lequel, se tient la formation démarrée le 6 août 2020 à Ouagadougou.

 « Renforcer les compétences d’une cinquantaine d’Hommes de médias, sur le mariage d’enfants », c’est l’objectif de la présente session organisée par le Groupe d’Action de Lobbying et de Plaidoyer (GALOP).

Le Burkina Faso occupe le cinquième rang au niveau mondial, sur la pratique de mariage d’enfants, et fait partie des dix pays africains les plus affectés par le mariage d’enfants : 10% des femmes sont mariées avant l’âge de 15 ans et 52% des femmes (soit 1 femme sur 2) avant l’âge de 18 ans. Toutes les régions du pays sont concernées par le phénomène mais à des degrés divers.

…suffisamment outillés pour aider dans cette tâche


Un bon outillage des journalistes sur la question

Le mariage d’enfants est le facteur clé de l’activité sexuelle et la grossesse précoces  chez la femme. Des estimations montrent que près d’une femme sur cinq âgée de 20 à 24 ans, soit 19%, avait donné naissance à un enfant vivant à l’âge de 18 ans, soit 7,3 millions d’accouchements chaque année, dont 2 millions parmi les jeunes filles de moins de 15 ans. Sur les 15 pays dont les chiffres dépassent 30%, 14 se trouvent en Afrique subsaharienne.

Pour l’épouse du Chef de l’Etat, Sika Kaboré, ainsi que les autres membres du GALOP, la lutte contre le mariage d’enfants, passe par un bon outillage des journalistes sur la question, qui sont chargés de relayer l’information. « (…) Nous organisons une session de renforcement destinée aux Hommes de médias pour leur permettre d’être suffisamment outillés pour nous aider dans cette tâche. Cette session est la deuxième du genre (…) », a-t-elle expliqué.

Plusieurs échanges ont été faits à l’endroit des participants. Les violences basées sur le genre, la problématique du mariage d’enfants, la stratégie de lutte, ont été les principales communications auxquelles les membres du GALOP (Ndlr, Agathe Sy, Marie Bagoro, Clémence Paré et Eulalie Yerbanga), ont exposé.

Un enfant dans un corps d’enfant


Le mariage d’enfants a de nombreuses conséquences sur la petite file elle-même

« A plusieurs stades de leur vie, les filles et femmes sont victimes : avant la naissance, au cours de la, petite enfance, 0-8 ans. Au cours de l’enfance et de l’adolescence avec les mutilations, mariages forcés, précoces). Au cours de l’adolescence de la jeunesse entre 12-25 ans  (mariage précoce forcé, abus, viols, grossesses contestées, avortements forcés et clandestins). Au cours de la vie adulte avec les violences domestiques, viol conjugal, séparation avec leurs enfants, harcèlement sexuel sur le lieu du travail, sorcellerie, exclusion de l’héritage familial. Au cours du troisième âge, elles sont victimes de violence morale, d’abandon par le mari au profit de femmes plus jeunes, de sorcellerie »

  Agathe Sy, du GALOP

Le mariage d’enfants a de nombreuses conséquences sur la petite fille elle-même, ainsi que sur la société. Sur le plan de la santé par exemple, le mariage d’enfants entraîne des grossesses précoces. Et pour Clémentine Paré, elle voit dans ces grossesses précoces, « un enfant dans un corps d’enfant ».

S’en suivent la mortalité maternelle et infantile, les fistules obstétricales, l’abandon de la scolarité, la non scolarisation, les sévices corporels, moraux, entre autres.

A noter qu’un réseau d’Hommes de médias a été installé pour épauler le GALOP dans sa lutte contre les pratiques de mariage d’enfants au Burkina Faso.

Irmine KINDA

Burkina24

Source : Burkina24.com

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