Bobo-Dioulasso : Le centre culturel Ankata présente son plus « grand studio »

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Bobo-Dioulasso : Le centre culturel Ankata présente son plus

Le laboratoire international de recherche, de création et de production des arts de la scène, dénommé « Ankata » (qui signifie en avant en langue dioula), a inauguré son plus « grand studio » situé au secteur 24 de la ville de Bobo-Dioulasso. C’était au cours d’une conférence de presse organisée dans l’après-midi du mardi 20 octobre 2020.

La structure Ankata est née du désir de redonner à la ville de Bobo-Dioulasso, tout son potentiel, en lui proposant un espace où la vie et la créativité circulent et se nourrissent. Cet espace a été pensé et construit par Serge Aimé Coulibaly, comme un laboratoire. C’est-à-dire, un lieu de travail, de vie et d’expérimentation.

Ce deuxième studio plus grand que le premier, qui a ouvert ses portes, se donne pour mission, d’accueillir en résidence des artistes du Burkina Faso, d’Afrique et du monde entier, et leur offrir la possibilité de profiter d’un environnement technique et humain propice au travail. C’est un lieu de recherche et de formation, de dialogue et d’éducation. Ankata cherche à développer ainsi, l’envie et le goût du public pour la création contemporaine, par des collaborations avec les écoles, les enseignants et les élèves de tous âges, mais aussi en ouvrant ses portes à tout un chacun.

Selon son directeur artistique, Serge Aimé Coulibaly, « le grand studio d’Ankata, c’est un concentré d’innovation, une scène de 14m sur 12m (la plus grande de Bobo-Dioulasso), un système de ventilation naturel qui fait qu’il ne fait pratiquement jamais chaud sur la scène ». L’inauguration de ce centre intervient donc après plusieurs mois de construction, de recherche de nouvelles techniques, de recherche de fonds, etc. Le centre est composé actuellement d’une scène, des bureaux, d’une salle pour la régie. Au terme du projet, le grand studio aura un espace pour l’administration et la logistique, des gradins d’une capacité d’accueil de 200 personnes et une terrasse en haut des gradins. Aussi, il y aura deux dortoirs, une salle de coworking, un restaurant.

Serge Aimé Coulibaly, promoteur du Centre culturel Ankata

Le premier studio Ankata a été créé en 2014. Cet espace a accueilli le concours Africa Simply the best, des séances de formations dont Ankata coaching, des formations d’anglais et d’administration culturelle, des activités sociales et communautaire (cours de taekwondo pour les adolescents et les journées portes ouverte d’Ankata). Au fil des années, diverses activités se sont produites dans ce centre dont, le projet de création de Sali Kaboré intitulé « Moon » ; résidence de création du spectacle « les dieux délinquants » avec Djibril Ouattara ; préparatifs des jeux de la francophonie avec la Cie Seko de Sya avec leur pièce « l’albinisme » ; résidence de création de « Kirina », création de la compagnie Faso danse de Serge Aimé Coulibaly ; « Ankata coaching Project », projet de coaching en danse et en théâtre pour les créateurs contemporain ouvert au continent africain ; etc.

La présentation du projet par le promoteur Serge Aimé Coulibaly

C’est au regard de la demande grandissante, que cet espace s’est vite saturé en termes de programmation et d’accueil des activités. D’où la nécessité de construire ce grand studio d’Ankata. Selon Serge Aimé Coulibaly, ce grand studio se présente comme une réponse aux exigences de la création dans notre époque, taille de la scène, architecture, etc.

L’engagement d’un chorégraphe et danseur

Serge Aimé Coulibaly est un chorégraphe et danseur, originaire de la ville de Bobo-Dioulasso. Engagé pour l’émergence d’une danse contemporaine puissante, son travail prend racine dans sa culture africaine et explore des thèmes complexes avec la volonté de donner une dynamique positive à la jeunesse. Après s’être formé huit années dans la compagnie FEEREN au Burkina Faso, il fonde en 2002, sa propre compagnie, « Faso danse théâtre ». Puis, en parallèle de ses créations, il collabore avec de nombreux artistes en tant qu’interprète ou chorégraphe-danseur, sur les scènes du monde entier, notamment en Australie, en France, en Belgique, en Inde, aux Etats-Unis et en Angleterre.

Les autorités communales et acteurs culturels venus soutenir le projet

Invitées dans de nombreux festivals, ses pièces ont tourné sur les scènes d’Europe et d’Afrique. Parcourir la planète lui permet ainsi d’aiguiser son analyse du métier, de ses nécessités et de son évolution. Il nourrit ainsi sa conception de la création et du rôle de l’artiste en tant que citoyen. Dès ses premières pièces, les thèmes choisis sont en adéquation avec les problématiques concrètes de la population, à savoir les inégalités sociales, l’immigration, la responsabilité de l’État, le désespoir de la jeunesse. Pour Serge Aimé Coulibaly, le travail artistique doit, par les émotions qu’il génère, amener des changements dans la vie des gens, en les bousculant, en ouvrant des pistes de réflexion et en ravivant leur volonté de croire en eux et d’inventer leur propre existence, quels que soient les moyens dont ils disposent.

C’est ainsi qu’en 2011, après une longue maturation du projet, il crée Ankata à Bobo-Dioulasso, un laboratoire inédit où il va pouvoir, de manière plus concrète, participer au développement de la création africaine et de la société. Ainsi, Ankata a été créé pour la gestion de Faso danse théâtre en Afrique. Serge Aimé Coulibaly fait de ce lieu, un carrefour où se construisent des liens sociaux et citoyens. Cette inauguration a connu la présence des autorités communales, dont le 4e adjoint au maire de la commune de Bobo-Dioulasso, Alain Sanou, et du maire de l’arrondissement 4, Bakoné Millogo, mais aussi des acteurs culturels de la ville de Sya.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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