Zéphirin Diabré : «Les marches et meetings reprennent dès aujourd’hui…»

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Comme annoncé, les partis politiques de l’opposition et certaines Organisations de la société civile ont battu le macadam ce samedi 29 septembre 2018 à Ouagadougou pour crier leur «ras-le-bol» face à la «mal gouvernance» du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

Annoncée pour 7h, c’est finalement aux environs de 10h que la marche-meeting de l’opposition politique au Burkina a véritablement démarrée avec en tête de file, le Chef de file de l’opposition politique, (Cfop). Des milliers environs, les marcheurs ont battu le macadam de la Place de la Révolution en passant par l’Avenue de la cathédrale, l’Avenue Kwamé N’Krumah, le rond-point des Nations-Unies et la chambre de commerce.

Au nom des OSC, Siaka Coulibaly, secrétaire exécutif du Réseau des organisations de la société civile pour le développement, a indiqué que la société civile burkinabè a décidé de participer à cette marche-meeting parce que le diagnostic clinique du Burkina est engagé. «Le diagnostic de la situation nationale rejoint celui fait par l’opposition politique. Ce qui justifie que nous puissions organiser ensemble cette manifestation qui porte les caractères républicains et interpellatifs. Nous sommes là ce matin parce que le pays va mal. Beaucoup de Burkinabè sont très inquiets pour leur avenir très proche. Ce n’est même plus ce que nos enfants vont vivre dans 20 ans mais c’est pour le mois d’octobre 2018 que nous sommes angoissés. Notre inquiétude trouve ces racines dans le constat que le chef de l’Etat et son gouvernement semblent incapables d’apporter des solutions qui conviennent aux différentes insuffisances dans la gouvernance du pays», fait remarquer M. Coulibaly.

Ce diagnostic selon Siaka Coulibaly indique que les attaques répétées et de plus en plus rapprochées, démontrent une aggravation sans précédent de l’insécurité au Burkina. «De 2016 à juin 2018, la zone de feu était localisée au sahel, dans la province du Soum. A partir de juin 2018, les régions de l’Est, du Sud-Ouest et du Sud sont rentrées dans le champ de l’insécurité ouverte. En suivant l’évolution des attaques, nous sommes obligés de constater un encerclement progressif de la capitale Ouagadougou. Et c’est de là que nait l’inquiétude», indique Siaka Coulibaly. Il ajoute d’ailleurs que le slogan des Forces de sécurité et de défense est devenu désormais «Mourir pour la patrie» au lieu de «Défendre la patrie».

Au plan économique et sociale, Siaka Coulibaly fait remarquer que la circulation des liquidités est au plus bas niveau et que les revenus du secteur informel est en chute libre alors que c’est ce secteur qui occupe 70% de l’économie burkinabè et 90% des actifs. En claire, Siaka Coulibaly affirme qu’il y a un ralentissement de l’économie nationale. Il va plus loin pour dire que la croissance à deux chiffres annoncée en début de mandat s’est révélée être un mirage dans le désert. «Les 60.000 emplois annuels pour les jeunes annoncé par le président Roch Marc Christian Kaboré, sont loin d’être une réalité. La mauvaise qualité du dialogue politique s’est déportée au sein des institutions», ajoute-il. Il en veut pour preuve, la sortie des députés de l’opposition de l’Assemblée nationale lors du vote du code électoral le 30 juillet dernier et la crise au sein de la Commission électoralenationale indépendante (Ceni).

 «Le pays est en panne»

Très satisfait de la mobilisation, Zéphirin Diabré, a indiqué que les marches-meetings recommencent au Burkina à partir de cette date. «Que le pouvoir en place sache que s’il veut vraiment éviter une insurrection, ce n’est pas en distribuant des billets de banque mais en travaillant pour régler les problèmes des Burkinabè», fait remarquer « Zeph » qui indique d’ailleurs, qu’au même moment, des Burkinabè d’Abidjan, de New York, Bamako, Bruxelles, Libreville etc. sont rassemblés pour la même cause, celle de dire au pouvoir en place que le peuple burkinabè est «déçu» de sa gouvernance. «Tous sont déçus parce que notre pays est en danger, parce que notre pays est en train de vaciller. Ils ont dit qu’ils étaient la solution mais ils sont aujourd’hui le problème pour le Burkina. Ils sont dans les tâtonnements, des improvisations, en train de boire le champagne, de danser le coupé décalé pendant que nos enfants meurent au front», conclu Zéphirin Diabré.

Zéphirin Diabré qui pense que le pays est en panne, réclame des équipements pour les FDS, les moyens pour les services de renseignement, une plus grande solidarité avec les veuves et les orphelins des victimes des attaques terroristes qu’elles soient militaires ou civiles et que le gouvernement prenne des mesures pour que la rentrée scolaire ne soit pas perdue dans les zones attaquées. Et pour conclure, le Cfop invite le chef de l’Etat à prendre un décret pour limoger les ministres de la Sécurité et de la Défense nationale.

 

Fasozine