Vote de la diaspora : « Une fraude électronique se prépare »

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La révision du Code électoral s’apparente à une pilule très dure à avaler pour l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Le parti rejette ce Code, estimant que la majorité présidentielle est en train de « multiplier les pièges » dans le but d’empêcher les Burkinabè de l’extérieur de pouvoir voter en 2020. Des membres de l’UPC étaient de nouveau face à la presse ce samedi 11 août 2018 à Ouagadougou.

« Vote de la diaspora : L’opposition « nous sert un film western de mauvaise qualité », titrions-nous le 7 août dernier à l’issue d’une conférence de presse animée par le Président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré. Ces propos du ministre d’Etat continuent de faire des gorges chaudes notamment au sein de l’opposition politique qui les interprète autrement.

Le « parti du lion », l’Union pour le progrès et le changement (UPC), par la voix de son Porte-parole, Moussa Zerbo, a réagi ce 11 août 2018 depuis le siège du parti. Un « rugissement » empreint de « réponse du berger à la bergère ».

« Si le FESPACO devait primer le film le plus médiocre, le plus nul et le plus ridicule, le lauréat serait sans doute Simon Compaoré pour son court métrage « Tranquilos ». Sous la Révolution, Tébguéré, comme on l’appelait, feignait de défendre la Révolution. CDR brouillant, il se promenait même avec un pistolet. Après l’assassinat de Sankara, il fait partie de ceux qui ont applaudi Blaise Compaoré. Ce même Blaise, Simon le plaçait après Dieu et son père. Simon Compaoré est habitué aux volte-face, aux trahisons et aux reniements. Sur cette question du Code électoral, ne vous étonnez pas de le voir Yada Yada à la Place de la Révolution pour demander encore pardon au peuple. Simon Compaoré est le Zachée de la politique burkinabè. A la différence du Zachée de la Bible, Simon continue dans l’erreur après la repentance ».

Mais, bien avant cette réponse à Simon Compaoré, le Porte-parole de l’UPC a expliqué plusieurs raisons qui justifient le rejet du nouveau Code électoral par son parti. La première raison concerne l’arrimage du fichier électoral de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) au fichier de l’Office national d’identification (ONI).

« La modification du Code électoral supprime les cartes d’électeurs et impose que le document servant d’enrôlement et de vote soit la CNIB ou le passeport. Ensuite, il n’y aura plus d’enrôlement physique dans les villages et secteurs, mais des envois de SMS et des appels téléphoniques à partir d’une liste annuelle que va fournir l’ONI et comportant de soi-disant nouveaux électeurs. La liste que l’ONI fournira à la CENI pour les envois de SMS peut comporter des centaines de milliers de faux noms et de fausses adresses », a indiqué Moussa Zerbo qui dit voir une main politicienne derrière l’ONI.

Appel au respect des directives du CFOP…

Il est convaincu qu’« une fraude électronique se prépare », car poursuit-il, « personne ne sera là pour vérifier quoi que ce soit, puisque l’ONI est sous le contrôle du ministère de la sécurité, donc du MPP ». « Ces derniers temps, le pouvoir en place a même provoqué une crise à l’ONI, pour pouvoir enlever ceux qui étaient là et placer ses hommes fidèles. Que cache cette situation ? », se demande-il.

Une autre raison avancée par l’opposition, c’est la fiabilité et la crédibilité de la carte consulaire biométrique. « Remettre en cause la nationalité de nos compatriotes à cause d’intérêts bassement électoralistes, c’est les livrer une fois de plus à des dangers incalculables », prévient le Député UPC qui qualifie au passage le Mouvement « C’est Le Moment » de « guignols qui racontent des niaiseries ».

Les seuls lieux de vote, ambassades et consulats, et l’équité prônée par le gouvernement constituent les deux autres raisons au centre des explications du rejet du Code électoral par l’UPC. Le parti de Zéphirin Diabré appelle par ailleurs ses militants et sympathisants à respecter les directives du CFOP et à se tenir prêts pour les manifestations prévues pour protester contre la révision du Code électoral. Aucune forme ni date n’a été avancée.

Noufou KINDO

Burkina 24

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