Vanessa Bonogo : « Je serais heureuse de faire la cuisine pour le Président du Faso »

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À l’entendre parler de sa passion, Vanessa Bonogo finit par vous donner l’amour de l’art culinaire. De ses doigts habiles et sa créativité débordante, elle concocte des mets très courtisés. Née au Burkina Faso mais ayant vécu le clair de son temps en France avec sa famille, Vanessa Bonogo de son accent totalement occidentalisé nous contamine de son savoir-faire, la cuisine, et démontre son attachement fort impressionnant pour son Faso. Interview.

Burkina24 (B24) : Vous êtes originaire du Burkina Faso, mais êtes née en France avec un parcours jusque-là loin de vos origines. Que savez-vous du Burkina Faso et est-ce que vous en avez un attachement particulier?

Vanessa BONOGO (V.B.) : J’ai effectivement grandi loin de mon pays d’origine, le Burkina Faso. Mais ma famille retournait régulièrement au pays à la faveur des congés et vacances annuels. Ma mère, particulièrement, nous inculquait les valeurs du Burkinabè telles que l’intégrité, le respect, le partage, la courtoisie, l’hospitalité et l’amour acharné pour le travail. Au regard des témoignages à mon endroit, je pense avoir imprégné en moi ces valeurs. 

B24 : D’un CAP Petite Enfance acquis en 2001, vous avez viré quelques années plus tard pour la cuisine. Dites-nous davantage sur ce revirement et le choix de la cuisine, domaine que vous sentez visiblement dans la peau ?  

V.B. : Depuis toute petite, j’ai nourri le rêve de devenir hôtesse de l’air. Malheureusement, mon parcours scolaire ne me le permettait pas.

J’ai par la suite décidé de passer un cap « Petite Enfance », sans grande conviction et par conséquent je n’étais pas heureuse dans cette voie. Après donc l’obtention de mon CAP « Petite Enfance »,  j’ai opté pour la cuisine.

J’ai passé mon CAP Cuisine en alternance au » Cèdre Formation » à Lisieux en Normandie que j’ai obtenu en 2004. J’avais au fur et à mesure de mes expériences professionnelles cette envie de liberté et donc, d’indépendance.

J’aime transmettre des émotions à travers la cuisine, j’adore servir les autres, recevoir les hôtes. C’est un métier dans lequel l’on apprend tous les jours et l’on rend les gens heureux rien qu’à les nourrir. C’est vraiment formidable!

 B24 : Parlez-nous de cette formidable expérience sur le bateau privé de cette  famille italienne…

V.B. : En 2007 l’opportunité m’a été donnée de travailler sur un yacht privé appartenant à une famille italienne. Ils m’ont, par la suite, demandé de les suivre chez eux à leur résidence à Milan en Italie. J’ai été amenée à voyager avec eux et à les suivre dans leurs différents déplacements.

Lors de cette expérience, j’ai appris la belle langue qu’est l’Italien, leur culture, leur mode de vie. J’ai eu l’occasion d’apprendre à faire différentes sortes de pâtes, spécialité italienne reconnue mondialement. J’y suis restée près de 2 ans. Ce fut une belle expérience. Mes patrons étaient des gens respectueux et respectables.

B24 : Quelles sont alors vos spécialités culinaires à l’origine de votre succès?

V.B. : Les gens raffolent de mes plats. Je peux citer entre autres le velouté de châtaignes, le fricassé  de coquilles Saint-Jacques, le tartare d’avocat au carpaccio de langoustine à la vanille et sa vinaigrette fraîche au fruit de passion, la tajine de lotte, la crème brûle au potiron, je n’en finirai pas s’il faudra les citer tous… (Rire).

B24 : Aucune mention de nos spécialités africaines et particulièrement burkinabè… Pensez-vous alors à vous y mettre ?

V.B. : Je suis plutôt  spécialisée dans la cuisine française mais à la demande de mes clients, je peux faire  quelques spécialités africaines dans mes menus comme le Dêguê, l’Attiéké, le riz accompagné de la sauce arachide, etc..

B24 : En 2017, vous avez remporté le second prix de la Femme entrepreneuse qui est un trophée décerné par le rotary club de Garches (France), ville où vous habitez. Cela suppose que vous avez énormément des ambitions. Est-ce possible de lever un coin de voile au chapitre de vos ambitions ?

V.B. : Je suis ambitieuse et très portée à relever les défis. En moi à toujours brûlé la flamme de réussir. Je pense à écrire des livres de cuisines, présenter des chroniques culinaires dans des magazines et sur des plateaux de télévisions. 

Autre ambition, au regard de ma belle et modeste expérience, je serais heureuse de faire la cuisine pour notre Président, le PF, lors de ses réceptions. J’en serais vraiment fière et heureuse. Préparer pour mon président Emmanuel Macron est un vrai challenge pour moi également. 

En fin de compte, mon but ultime serait d’ouvrir une chambre d’hôtes et ce projet me tient tout particulièrement à cœur.

B24 : Très particulièrement pour le Burkina Faso, qu’entendez-vous apporter à votre pays ?

V.B. : Je veux partager ma passion,  mon expérience, mon savoir-faire avec mes compatriotes burkinabè. J’espère avoir pu communiquer l’amour de mon métier et donner envie aux gens de se lancer dans cette belle aventure qu’est l’entrepreneuriat. J’ai la chance d’avoir bénéficié d’une double culture. Si je peux à travers mon art la faire partager à d’autres, j’en serai plus qu’heureuse.

B24 : Votre mot de fin d’interview à l’endroit de ceux et celles qui souhaitent faire de la cuisine un métier et à la jeunesse tout entière du Burkina Faso, votre pays d’origine.

V.B. : À tout ceux qui ont pour projet de se lancer dans la cuisine, il faut savoir que c’est un métier d’ambition et de passion. Je serai contente d’avoir suscité des vocations. Merci infiniment à Burkina24 qui nous offre l’opportunité de partager nos expériences contribuant ainsi au rayonnement de notre pays le Burkina Faso que nous chérissons et plus que jamais gravé dans nos cœurs malgré la distance. 

Interview réalisée par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU                                                                                         Burkina24

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