Université Ouaga II : Ali Sakola Djika, premier docteur burkinabè en gestion

29

Pour l’obtention de son doctorat, l’étudiant Ali Sakola Djika a présenté et soutenu sa thèse, le samedi 13 octobre 2018, à l’université Ouaga II. Son travail qui a porté sur l’entrepreneuriat des diplômés de l’enseignement supérieur lui a valu la mention très honorable, faisant de lui le premier docteur du Burkina Faso en sciences de gestion.

Le Burkina Faso a enregistré, le samedi 13 octobre 2018, son premier docteur en sciences de gestion en la personne de Ali Sakola Djika. En effet, après la soutenance de sa thèse sur « Caractérisation du processus entreprenariat des primo créateurs diplômés de l’enseignement supérieur au Burkina Faso » à l’université Ouaga II, le jury avec à sa tête Pr Emmanuel C. Hounkou a sanctionné son travail par la mention très honorable. « Vous avez rédigé une belle thèse sur un beau sujet, original et d’intérêt parce que c’est du vécu », a lâché Pr Emmanuel C. Hounkou avant d’ajouter que le jury a jugé l’étudiant digne d’être élevé au grade de docteur en gestion. Pour le directeur de thèse, Pr Balibié Serge Bayala, cette première soutenance en sciences de gestion « est une toiture que  nous sommes en train de poser dans ce domaine après 44 ans de création de l’université de Ouagadougou ». Le nouveau docteur, pour sa part, a dit être animé de sentiments de redevabilité car ayant bénéficié de l’accompagnement de tous les enseignants en science de gestion. « Tout le monde était pressé de voir sortir un docteur en sciences de gestion à l’université de Ouagadougou », a-t-il soutenu tout en confiant que c’est une invite à beaucoup plus de responsabilité vis-à-vis des jeunes frères inscrits en thèse dans la spécialité.

Revoir la méthode d’accompagnement des jeunes

Concernant le thème de sa recherche, Ali Sakola Djika a laissé entendre qu’il est parti d’un constat selon lequel le taux de chômage va grandissant dans les pays africains notamment au pays des Hommes intègres. « De plus en plus, dans la littérature (théorie) on évoque l’entrepreneuriat comme étant un outil efficace de lutte contre non seulement la pauvreté et le chômage mais aussi un outil sur lequel on peut s’appuyer pour développer un pays », a-t-il expliqué. Les résultats ont montré, a indiqué M. Djika, que dans la littérature ceux qui créent le moins sont ceux qui ont un diplôme d’enseignement supérieur.
Pendant que l’emploi salarié devient de plus en plus précaire et difficile, « nous sommes en train de former davantage d’étudiants, donc de chômeurs ». A l’écouter, l’objectif à travers cette réflexion du point de vue managériale est d’apporter quelque chose qui puisse permettre de se servir de cet outil qu’est l’entrepreneuriat pour promouvoir l’auto-emploi, la création de richesses pour le développement du Burkina. « Il y a des dispositifs d’accompagnement, mais pourquoi malgré tout on ne sent pas une réelle amélioration quant à leur efficacité. Globalement le taux de création évolue mais quand on prend les diplômés de l’enseignement supérieur, l’amélioration ne suit pas le rythme de l’évolution de cette communauté », a fait remarquer l’impétrant. Pire, a-t-il ajouté, le taux d’échec est très élevé chez ces derniers quand ils créent leur entreprise. C’est pourquoi, il a proposé de revoir la méthode d’accompagnement parce que les propositions génériques faites ne sont pas souvent en phase avec les difficultés selon les étapes. De l’avis du Pr Bayala, l’étude du docteur permet de comprendre que dans le modèle d’enseignement axé sur la cause se trouve un défi et il faut aller plutôt vers l’approche préfectorale.

Joseph HARO
[email protected]

sidwaya.bf