Université Ouaga I : Un faussaire en tout document arrêté

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La brigade de recherches de gendarmerie de Ouagadougou a démantelé un réseau de faussaires dans l’orientation des nouveaux bacheliers à l’Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo. L’information a été donnée aux hommes des médias, le lundi 10 avril 2017, au cours d’un point de presse, au sein de la gendarmerie de Paspanga.

Permettre à des étudiants n’ayant pas la moyenne pour être orientés à une filière scientifique après le Bac, est l’objectif poursuivi par le sieur PZ, en établissant des relevés de notes et le certificat provisoire contrefaits, tout en y mentionnant une forte moyenne à l’effet de les rendre plus compétitifs pour l’orientation. C’est là, le scénario qui a permis à la brigade de recherches de gendarmerie de Ouagadougou de mettre la main sur ce réseau de faussaires, composé finalement d’une seule personne. En effet, c’est après une plainte formulée par l’Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo pour présomptions de fraude au Baccalauréat que les investigations ont permis de s’apercevoir qu’il existait certaines incohérences dans l’orientation des nouveaux bacheliers. «Ainsi, il en ressort que certains d’entre eux qui n’avaient pas la moyenne requise pour s’inscrire dans des filières dites scientifiques ont tout de même réussi à le faire par un procédé dont seuls eux connaissent le secret», a fait savoir le commandant de la brigade de recherches de Ouagadougou, l’adjudant-chef-major Abdoulaye Savadogo. Tourjours selon lui, l’enquête aurait permis de mettre le grappin sur une étudiante concernée et mise devant les faits, qui n’a pas hésité à incriminer son oncle paternel, qui est celui qui l’aurait aidée à obtenir l’orientation souhaitée. Le principal mis en cause dans cette histoire, est un imprimeur domicilié à Ouagadougou, qui n’hésitait pas à convaincre les parents d’élèves qu’il disposait de contacts au sein de l’université pouvant les aider à faciliter l’inscription de leurs enfants à la filière qu’ils souhaitent. «En échange de ce service, le sieur PZ reçoit des parents, une somme variant entre 60 000 FCFA et 150 000 FCFA par dossier orienté», a précisé le commandant Savadogo. Présentement, l’enquête aurait permis de déceler plus d’une dizaine de bacheliers orientés via la même pratique. Des certificats de nationalité, des casiers judiciaires, des permis urbains d’habiter, attestations d’attribution de parcelle, des livrets de famille, des actes de naissance, de décès, de mariage, des diplômes d’enseignement général et technique, des cartes grises de véhicules, des timbres communaux etc., sont entre autres, ce que la gendarmerie a découverts, à l’issue de la perquisition du bureau de PZ. Et pour la réalisation de ces documents contrefaits, il disposait de 130 cachets, toutes administrations confondues, qu’il a lui-même confectionnés. Les signatures des autorités devant être imposées sur les documents sont faites par scannage. «La valeur des timbres communaux contrefaits saisis entre les mains du présumé coupable est de 12 millions pour les timbres de 10 000 FCFA et de 60 000 FCFA pour ceux de 5 000 FCFA», a laissé entendre l’adjudant-chef-major Abdoulaye Savadogo. Pour le représentant de l’université, il ne peut rien dire présentement sur ce qu’encourent les étudiants concernés par cette fraude, car le dossier a été transféré à des compétences qui doivent se prononcer. En ce qui concerne les timbres communaux falsifiés, les agents de la mairie ont laissé entendre que ces falsifications sont aussi nettes que les originaux, à part quelques détails, mais jusque-là, ils ne savent pas s’ils ont été imprimés par le sieur PZ lui-même ou par l’imprimerie qui s’occupe de cela pour la mairie.

Larissa Kaboré

Bayiri.com