Trafic de cocaïne des Gnassingbé en Colombie, Boko déballe tout à la CIA

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C’est une information qui risque de secouer véritablement les locataires du palais de la Marina à Lomé.

Dans une note ultra confidentielle, les services de renseignements américains révèlent, en effet, que l’ex-ministre de l’Intérieur togolais François Akila Esso-Boko aurait fait des confidences aux autorités américaines sur les trafics de drogue, notamment la cocaïne, dans lesquelles serait impliquée la famille du chef de l’État togolais Faure Gnassingbé.

L’homme dont le retour au Togo récemment a été refusé aurait fait ces révélations au cours d’une rencontre avec les agents de renseignements au sein de l’ambassade des USA au Togo quelques jours avant d’avoir quitté le pays en 2005.

La note qui date du 10 juin 2005 et et publiée par Wikileaks, détaille, en effet, le circuit des cargaisons de drogue que contrôleraient l’ancien chef d’État togolais, feu Gnassingbé Eyadéma et que son fils Faure Gnassingbé, actuel président togolais. Extrait…

Boko a décrit de façon assez détaillée les preuves montrant l’implication de la famille Eyadema dans le trafic de drogue. Il a déclaré qu’en tant que ministre de l’Intérieur, il avait développé un programme de lutte contre les stupéfiants qui fonctionnait bien avec les services français de sécurité et de renseignement.

Il a indiqué qu’avec la coopération française, les deux parties avaient intercepté en 2004, près des îles du Cap-Vert, un navire en provenance de Colombie à destination du Togo. Ce navire contenait une grande quantité de cocaïne. Lorsqu’il a informé Eyadema de cette opération pour la première fois, la première réaction d’Eyadema a été de dire  » assurez-vous que ce navire ne soit pas saisi au Togo « .

Boko a dit que l’enquête ultérieure a établi un lien direct entre la famille Eyadema (y compris Faure) et une opération de trafic de cocaïne de longue date. M. Boko a indiqué que lorsque les cargaisons arrivaient au Togo, une unité de l’armée reçoit l’ordre de décharger la cargaison et de l’entreposer sur une base militaire, après quoi les cargaisons étaient livrées pour être ensuite passées en contrebande ailleurs à un « M. Ishay » (phon), que M. Boko a décrit comme une personne originaire du Moyen-Orient, proche des Eyadema, qui vivait au Togo.

Boko a déclaré que l’officier de la base militaire responsable du déchargement et de l’entreposage de la cocaïne ne semblait pas connaître la nature de la cargaison – on lui a dit que celle-ci était constituée de produits chimiques industriels et qu’il n’avait aucune raison de croire le contraire. Cet officier a déclaré plus tard qu’il y avait eu  » une douzaine ou plus  » de telles expéditions au cours des dernières années.

Boko était très critique à l’égard d’individus tels que le citoyen français Charles Debbasch, qu’il décrivait comme l’un des conseillers les moins recommandables du clan Eyadema, et qui avait été récompensé par le régime Faure avec un statut quasi-diplomatique.

Boko a affirmé que c’était Debbasch qui avait averti les forces de sécurité togolaises lorsque Boko essayait de quitter le Togo tranquillement pour le Bénin après sa déclaration publique que les élections d’avril devraient être reportées.

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