Tenkodogo 2019: dormir dans des maisons inachevées, sans eau, sans électricité, sur de vieux matelas, sans badges… Le calvaire des « journalistes du 11 décembre « 

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C’est en passe de devenir une tradition à chaque 11 décembre, cette année encore les journalistes qui assurent la couverture médiatique de la fête nationale subissent les mêmes difficultés liées à l’organisation. Les incidents et autres réprobations de la part des hommes de médias sur la mauvaise organisation et l’humiliation dont ils sont victimes n’ont pas empêché le comité d’organisation de rééditer les mêmes « fautes ».

Partis de Ouaga lundi à 6h et arrivés dans la capitale de la région du Centre-Est aux environs de 11h, c’est à presque 22h que les journalistes ont su où ils devaient passer leurs nuits, pour une mission qui n’a pourtant surpris personne puisque la fête nationale est prévue pour se passer à Tenkodogo depuis au moins 2 ans et que le comité d’organisation a eu une année pour l’organiser. Au 1er arrêt non loin de la Place de la Nation, le chef de la mission fait savoir à la délégation qu’un guide viendrait accompagner les 2 bus transportant la centaine de journalistes à leur « pied-à-terre ». Mais l’attente va durer 30 minutes. Dans le groupe de journalistes, on se résout à aller se restaurer en attendant le guide. Le repas a duré plus d’une heure. Lorsque les bus démarrent, ils prennent la direction de la salle polyvalente en lieu et place des logements. « Il y a une activité parrainée par le PAN (Président de l’Assemblée nationale, ndlr) là-bas », donne comme seule explication le chef de mission .

Cette étape fait déjà des gorges chaudes parce que certains journalistes estiment ne pas être dans les conditions adéquates pour commencer le travail. D’autres fustigent le fait qu’aucune explication n’est donnée à propos de leur hébergement. « Ce que je sais, c’est qu’il y a 10 villas qu’on a prévues pour vous. Si on finit ici on ira là-bas », finit par dire le chef de mission. Après l’intervention du Président de l’Assemblée nationale, les plus réfractaires acceptent d’entrer dans la salle où devait se tenir la finale du jeu-concours inter-scolaire « Les Cracks de la Nation ». Aux environs de 18h30, la cérémonie terminée, les bus démarrent à nouveau, cette fois-ci pour tourner en rond pendant au moins 2 heures. La raison, personne ne sait où aller. Ni les journalistes eux-mêmes, ni les conducteurs, ni le chef de mission désigné par le secrétariat permanent du comité d’organisation du 11 décembre.

Les esprits s’échauffent davantage. Les voix s’élèvent. Les bus se vident, et ce n’est qu’après des discussions passionnées que les journalistes embarquent et les véhicules démarrent. Mais pour aller où ? Les plus radicaux proposent de retourner à Ouagadougou. « Si vous ne savez pas où nous loger, il faut nous ramener à Ouaga », entend-on par ci, « il faut qu’on nous respecte maintenant » par là.

Il a fallu attendre 21 heures pour qu’un « bon samaritain » (c’est ainsi qu’il s’est qualifié lui-même) se présente et propose d’indiquer l’emplacement des 10 villas. Une première fois il se perd et les 2 véhicules avec. La seconde fois sera la bonne. Les 110 journalistes arrivent d’abord dans une villa encore inachevée, avec les échafaudages encore en place au niveau des escaliers. Ils apprennent que d’autres villas sont disponibles à quelques pas de là. La course est lancée pour trouver des meilleurs endroits où dormir. Mais les matelas prévus ne sont pas encore installés. Ils sont entassés dans une cour où chacun doit choisir le moins usé, le moins poussiéreux ou simplement celui qui sent le moins. Les plaintes reprennent mais se font moins virulentes. Les corps et les esprits sont suffisamment épuisés.

Une fois dans leurs nouvelles chambres à coucher, d’autres problèmes se font remarquer. Pas de « jus » (électricité) dans les prises de plusieurs maisons et aucune goutte d’eau au robinet. Les fûts remplis d’eau qui étaient également été annoncés ne sont pas là. Finalement les plus persévérants font un tour à pied en ville pour chercher des packs d’eau pour assurer la « petite douche ».

C’est donc autour de 23h que les « journalistes du 11 decembre » arrivent enfin à prétendre à un repos. La nuit sera sûrement courte, et les jours suivants ne s’annoncent pas meilleurs. Mardi jusqu’au milieu de la nuit, des journalistes n’avaient pas encore de badges pour la couverture des différentes activités, et d’autres attendent encore leurs frais de mission, à quelques heures de la cérémonie officielle de commémoration du 59e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso.

Abdoul Fhatave TIEMTORE
Envoyé spécial

Source : Omegabf.info

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