Télé : « Il faut que nous Africains, alimentons notre quotidien d’images de nous-mêmes »

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En marge de la première édition du Festival des Identités Culturelles (FestIC) qui se tiendra du 4 au 10 novembre 2018 à Ouagadougou, les membres du Cinéma Numérique Ambulant (CNA) ont tenu un point de presse ce lundi 3 septembre 2018 pour mettre au parfum, les passionnés du cinéma, de la culture et de l’art.

Pourquoi un festival des identités culturelles ? Pour les penseurs de ce festival, cela répond à un besoin de promouvoir et sauvegarder les richesses culturelles en voie de disparation. « Quand on regarde nos télévisions,  les programmes ne sont pas ce qu’on souhaite souvent. On fabrique des gens qui sont déconnectés d’eux-mêmes. Ici, au Burkina, toute la semaine, c’est la soirée du mercredi  qui est réservée pour faire passer un film africain (…) », déplore Wend Lassida Ouédraogo, Président du CNA Burkina et Directeur du FestIC.

« Les télévisions ne peuvent pas nous aider à diffuser des images qui viennent de nous-mêmes. Et Gaston Kaboré l’a relevé en disant qu’il faut que nous les Africains, on alimente notre quotidien d‘images de nous-mêmes, qui parlent de nous-mêmes», ajoute-t-il. « Un  festival qui fera la promotion de films qui parlent d’identités est un moyen qui permettra aux populations rurales de découvrir les cultures d’autres communautés, participera en même temps au rapprochement des peuples et suscitera chez les gens, l’envie de témoigner de leurs propres valeurs culturelles pour une meilleure intégration africaine, et éviter certains conflits », est convaincu le président CNA.

Télé : « Il faut que nous Africains, alimentons notre quotidien d’images de nous-mêmes »
Wend-Lassida Ouédraogo, Président du CNA Burkina et Directeur du FestIC

Une invite aux jeunes urbains surtout

Les jeunes sont de plus en plus déconnectés de leurs identités culturelles. « Le dispositif ne leur permet pas de découvrir ces choses », indique Wend-Lassida Ouédraogo. Ce festival sera le lieu pour eux de s’imprégner des valeurs culturelles et artistiques qui sont en voie de disparation.

Pour cette première édition, qui se tiendra du 4 au 10 novembre prochain, 20 films, révélant le vécu et les richesses culturelles des communautés, seront projetés pendant la durée du festival à l’espace culturel Gambidi, au niveau des instituts, dans les quartiers populaires, au sein du FESPACO. A cet effet, les organisateurs ont annoncé que les lumières seront braquées sur une communauté de tisserands, qui habille le Mogho Naaba. Il s’agit de la communauté « Soulse » du village de « Soulgo », situé à 6 kilomètres de Ziniaré. Ce sera le lieu pour les visiteurs de côtoyer cette communauté.

Créé en 2001, le CNA est un réseau international d’associations de cinémas mobiles installé dans huit pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Niger, Mali, Togo, République Centrafricaine, Sénégal), et dont la structure de coordination est le CNA Afrique basée à Ouagadougou. Le CNA a pour objectif la  sensibilisation des populations sur les problèmes de développement, de santé à travers la diffusion de films africains dans des régions où le cinéma n’existe pas.

 Irmine KINDA

Burkina24

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