Tabagisme: des associations accusent la Mabucig de ne pas respecter la loi sur l’étiquetage

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La lutte contre le tabac est d’actualité et c’est une question de santé publique. Pour ce faire, la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) ne saurait rester insensible face à ce fléau qui décime à petit feu la portion la plus active de la population. Ce jeudi 6 avril 2017 à Ouagadougou, la LCB a co-animé une conférence de presse avec l’association Afrique contre le tabac (Aconta) et des associations membres du Comité national de lutte contre le tabac pour dénoncer le non-respect de la loi antitabac relatif aux conditionnements et étiquetages des produits du tabac par l’Industrie du tabac.

En effet, la Mabucig (Manufacture burkinabè des cigarettes) avait obligation, depuis le 7 avril 2016, d’apposer sur les paquets de cigarettes 60% des images de mise en garde sanitaire. Malheureusement, déplore le président de la Ligue des consommateurs du Burkina, Pierre Nacoulma, un an après, rien n’est fait. Il dit constater avec amertume le troisième report du procès qui oppose le ministère de la Santé à la Mabucig au motif d’une recherche de règlement à l’amiable. «La LCB est en droit de s’interroger sur les bénéfices pour le consommateur d’un tel règlement à l’amiable», affirme le président de la LCB. Il estime qu’il est important que cette négociation ne remette pas en cause la loi car, elle doit aboutir à l’application de la loi qui est «la seule porte de sortie».

Le coordonnateur de l’association Afrique contre le tabac (Aconta), Salif Nikièma, lui s’inquiète de ce règlement à l’amiable. «Notre inquiétude, c’est qu’on ne sait pas sur quel plan ce règlement à l’amiable se poursuit par ce que tous les acteurs ne sont pas écoutés. Le ministère de la Santé et celui du Commerce ne communiquent pas. Nous savons la position du ministère du Commerce: ils ne veulent pas que la loi soit appliquée, ils soutiennent la position de l’industrie du tabac qui ne veut pas apposer les images sur les paquets de cigarettes alors que les images seront un moyen efficace pour sensibiliser nos enfants, nos tous petits qui sont dans les écoles qui, malheureusement au-delà de la consommation du tabac, consomment d’autres stupéfiants et qui mettent les enseignants en insécurité» a-t-il relevé.

Pour M. Nikièma, les images doivent occuper 60% des paquets de cigarettes et l’industrie ne veut pas appliquer ce taux et elle négocie. «Nous pensons que si c’est pour réduire les 60%, il n’y a pas de négociation possible et si le ministère de la Santé fait l’erreur en acceptant cela, ça sera vraiment une grosse erreur qui va porter atteinte à l’image de notre pays parce que partout où l’industrie de tabac s’y trouve et n’arrivant pas à s’infiltrer dans les politiques, les pays ont résisté. Il y a plus d’une centaine de pays qui applique cette mesure en ce qui concerne les images». A l’entendre, le taux d’analphabétisme au Burkina Faso est vraiment important qu’il juge nécessaire d’appliquer ce taux sur les paquets de cigarettes pour sensibiliser ceux-là qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école et qui ne comprennent pas ce qu’il y a dans la consommation du tabac.

Les différentes associations présentent à la conférence de presse ont saisi l’occasion pour attirer l’attention des autorités à avoir le «courage de ne pas céder à la pression de l’industrie du tabac qui ne pense qu’à ses milliards et ses millions au détriment de la santé de des populations.»

Au regard de ce qui précède, la LCB invite les consommateurs à rester vigilants et mobilisés afin de pallier aux «insuffisances d’un gouvernement qui refuse de se donner les moyens de faire respecter ses propres textes pour le bonheur des populations».

 

Fasozine