Surveillance pharmacologique Web-radr, pour tout savoir…

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Le ministère de la Santé a lancé officiellement au Burkina Faso, une application web de pharmacovigilance permettant de notifier les effets indésirables des médicaments non répertoriés par la firme de fabrication. Cet outil web est dénommé web-radr.
Avec la technologie, la pharmacologie se vulgarise. Au Burkina Faso, le ministère de la Santé a rendu publique une application web dénommée : «  web-radr » qui permet de communiquer les effets indésirables d’un médicament à la communauté scientifique à travers l’autorité de régulation de l’utilisation des médicaments. Le ministre de la Santé, Pr Nicolas Meda, a lancé officiellement le produit, le 15 juin 2017 à Ouagadougou. Pour le premier responsable du département de la santé, la pertinence du projet repose sur la possibilité d’améliorer la sécurité des patients en développant les méthodes de notification des effets indésirables des produits pharmaceutiques. « Au Burkina, nous avons une liste d’environ 3500 médicaments enregistrés. Il faut bien utiliser ces médicaments pour mieux soigner les populations et pour cela, il est indispensable de souligner les effets indésirables des médicaments qui n’ont pas été décelés lors des essais cliniques à l’occasion de sa fabrication », a-t-il expliqué. De son avis, cela renforcera le système national de vigilance qui reste encore confronté à un problème de sous-notification du fait des longs délais de transmission des fiches de notification aux autorités sanitaires. Pour utiliser web-radr, le pharmacien, chargé de programme médicament essentiel au bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du Burkina, Dr Anselme Ouédraogo, décrit un processus simple : à partir de son téléphone androïd ou de sa tablette, aller sur la plateforme Play Store, taper le nom de l’application (web-radr) et la télécharger. « L’application pèse 2,4 Méga octets et son téléchargement est gratuit», a-t-il signifié. De plus, elle est accessible pour tout le monde, que l’on soit du domaine de la santé ou non et tous peuvent l’utiliser à la condition de s’identifier et de donner son adresse mail. 
Un guide pour praticiens et patients
Ainsi, web-radr permettra d’avoir accès, en temps réel, à l’information mondiale sur l’ensemble des effets liés au médicament dans le monde, et de disposer de toutes les informations que la Direction générale de la pharmacie, du médicament et des laboratoires (DGPML) publie sur son site. Selon Dr. Ouédraogo la disponibilité de cette application est une opportunité pour le Burkina Faso. Cela, dans la mesure où c’est un outil à portée de main permettant d’avoir des informations sur le médicament, de savoir en tant que praticien comment conseiller son patient et réguler la dispensation du médicament, et en tant que patient à quoi s’attendre à propos du produit qu’on prend. « Lorsque les firmes pharmaceutiques fabriquent les médicaments, les essais sont effectués sur un nombre limité de personnes ayant des caractéristiques biologiques déterminés et sur un temps limité. Mais une fois sur le marché, plusieurs variantes existent (race, poids, état de santé, conditions physiques…), des effets inattendus, non décelés lors des tests peuvent survenir sur des patients », a-t-il détaillé. En notifiant donc ces effets à travers l’application, ça permet d’émettre un signal sur certains effets et de corriger les méthodes d’identification des médicaments. Au Burkina Faso, c’est la DGPML, autorité de régulation des médicaments qui enregistre ces notifications et émet le cas échéant les signaux nécessaires. D’après le pharmacien, c’est un consortium européen qui a été mis en place pour développer le projet web-radr, et il est géré par l’autorité de régulation de l’Angleterre. L’application a été offerte gratuitement au Burkina Faso, après des travaux de traduction et d’adaptation au contexte du pays. Membre du programme national de surveillance des médicaments, le pays des Hommes intègres a été désigné pour implémenter l’application web-radr en novembre 2016 lors de la 39e rencontre des centres nationaux de pharmacovigilance.
Fabé Mamadou Ouattara

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