Situation nationale : « Quand le pays est attaqué, il faut chercher à apaiser les cœurs meurtris et conjuguer les efforts » (SG de l’ADD, Camille F. Combary)

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Situation nationale : « Quand le pays est attaqué, il faut chercher à apaiser les cœurs meurtris et conjuguer les efforts » (SG de l’ADD, Camille F. Combary)

Lefaso.net : Une année après son lancement officiel, comment se porte votre parti, l’ADD ?

Camille Firmin Combary (C.F.C.)

 : L’ADD se porte très bien sur l’échiquier politique national, en ce sens qu’à ce jour, nous sommes représentés dans 39 provinces sur les 45. Aujourd’hui (dimanche 23 septembre 2018, ndlr) nous sommes en train de mettre en place des bureaux d’arrondissement au niveau de Ouagadougou où nous sommes déjà implantés dans 4 arrondissements.

Le week-end prochain, nous serons dans la province des Balé, toujours dans la dynamique d’installation de nos sections. Le week-end prochain également, précisément le 29 septembre, nous serons à Kongoussi (province du Bam, ndlr) pour officialiser la section provinciale qui est déjà en place et y tenir aussi une assemblée générale qui va regrouper tous les cadres (membres du bureau exécutif national, points focaux et coordonnateur provinciaux) du parti.

Cette assemblée générale va réfléchir sur de grandes questions liées non seulement à la vie du parti, telles les échéances électorales à venir, mais également sur des préoccupations nationales de l’heure, notamment la situation sécuritaire.

Lefaso.net : L’ADD ne s’est plus fait sentir après son lancement officiel, c’est dire qu’un travail se faisait dans l’ombre ?

C.F.C. : Bien au contraire, nous avons tenu notre 1er congrès statutaire pour légitimer le parti, les 29 et 30 juillet 2017 à Ouagadougou.

Le 29 novembre 2017, nous avons tenu notre rentrée politique à Bobo-Dioulasso. Donc il y a bel et bien une contribution positive à la vie du parti. Des Activités quotidiennes propres aux partis sont menées çà et là tous les jours et au-delà de la vie du parti, notre parti participe à l’animation de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP).

Nous avons entre autres participé aux travaux du comité de réflexion sur les Fonds communs du Ministère des finances et du Développement (MINEFID) en apportant nos vues sur la question. Nous avons transmis au chef du gouvernement, la contribution de l’ADD au système de réforme de la rémunération des fonctionnaires au Burkina Faso.

Il faut souligner que nous avons entre temps mené beaucoup d’activités, qui n’ont pas été médiatisées, pas forcément des activités de visibilité. Sinon, nous avons beaucoup travaillé et nous travaillons plus que nous ne communiquons sur les activités. La mise en place des structures est une activité qui mobilise beaucoup et notre objectif est que d’ici à la fin de l’année, nous bouclions le pays par la mise en place de nos structures.

Lefaso.net : L’ADD est affiliée à la majorité. Pour un jeune parti, cela n’empiète-t-il pas sa visibilité ?

C.F.C. : Pas du tout ; étant donné que l’union fait la force, et que nous avons la même idéologie (la social-démocratie), il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas converger nos points de vue pour, ensemble, construire notre pays.

Lefaso.net : Vous êtes de la social-démocratie, vous fustigez le libéralisme qui ne serait pas approprié pour le Burkina à ce stade. N’aurait-il pas été plus judicieux de militer directement dans le parti au pouvoir avec lequel vous partagez la même idéologie ?

C.F.C. : Dès lors que les membres-fondateurs du parti se sont réunis, il était plus indiqué de créer notre formation politique avec des orientations claires, une vision et des principes clairs. La commune vision réside dans l’idéologie. Mais dans l’idéologie également, on peut trouver des courants et nous pensons que le courant idéologique de l’ADD fait la différence, en ce sens que nous plaçons l’homme au centre du développement.

Pour nous, la personne humaine est la plus précieuse des richesses et nous pensons qu’en comptant avec chacun des acteurs de ce pays, nous pourrions ensemble aller loin, pour diminuer les inégalités. Nous pensons que les partis de la majorité (parce que dans la majorité, il y a également d’autres idéologies que la social-démocratie) non pas cette vision qui consiste à s’opposer pour s’opposer. On peut s’opposer pour une politique donnée, mais on ne peut pas se réclamer d’une opposition pure et dure, voire stérile. Donc, c’est partant de ce constat, que nous avons décidé d’aller avec la majorité en toute liberté assumée.

De ce fait, et en ce moment, l’ADD est entièrement solidaire de l’action gouvernementale ; parce que ce serait suicidaire d’aller dans la mouvance, d’avoir un pied dedans et un pied dehors. On ne donne pas en ce moment la chance à notre majorité d’avoir les coudées franches. L’ADD préfère converger donc ses idées vers celles des autres membres de la majorité, qui est le développement de tout le pays et le bien-être du peuple. C’est cette démarche que nous préférons adopter que d’y être et marcher à contre-courant.

Lefaso.net : À ce jour, comment appréciez-vous l’accueil de votre parti par les populations ?

C.F.C. : Très favorablement ; parce que, si en une année, nous avons pu déjà mettre en place 39 sections sur 45, c’est que nous sommes acceptés. Bien plus, l’ADD est réclamée sur le terrain par les populations. La semaine passée, le président était à Dori où il a mis en place la structure provinciale (du Séno, ndlr) et aujourd’hui, au moment même où je vous parle, il est à Bobo dans un des arrondissements pour l’installation d’une section.

Au même moment également, moi, je suis ici pour la mise en place du bureau de l’arrondissement N°5 et la semaine prochaine, nous serons dans d’autres localités (comme je l’ai souligné plus haut). Donc, le travail se poursuit merveilleusement sur le terrain et nous sommes très satisfaits, voire surpris, de l’accueil que les populations nous réservent sur le terrain à notre parti, l’ADD.

Lefaso.net : Mise à part l’installation des structures, quel autre défi immédiat ?

C.F.C. : À partir de l’assemblée générale de Kongoussi, nous allons réfléchir sur le défi sécuritaire de notre pays ; parce que nous pensons qu’aucun pays ne peut se développer sans sécurité. Donc, nous allons jeter notre dévolu sur cette préoccupation pour approfondir, voir qu’est-ce qui nous a amenés dans cette situation et qu’est-ce qui peut être proposé.

Du reste, nous avons déjà fait parvenir à la mouvance, notre contribution sur le défi sécuritaire auquel notre pays fait face en ce moment, notamment à travers ses parties Nord et Est.

Lefaso.net : L’actualité, c’est aussi la marche-meeting de l’opposition le 29 septembre prochain. Quel est le commentaire de l’ADD sur la tenue de cette activité ?

C.F.C. : Pour l’ADD, il est clair que nous sommes en démocratie ; la démocratie étant l’expression plurielle de la société. On peut donc accepter une vision contraire à celle des gouvernants. C’est pour cela, il y a le statut d’opposant. Quand le pays est attaqué, il faut chercher à apaiser les cœurs meurtris et conjuguer les efforts pour la défense de la patrie. Mais toujours est-il qu’en démocratie, il faut accepter les différents courants et points de vue.

S’ils ont décidé d’organiser une marche-meeting à un certain moment, ils ont des raisons que nous ne partageons pas forcement, mais que nous respectons en tant que démocrates. Pourvu que l’activité se passe dans les conditions prévues par les textes de notre pays en la matière.

Lefaso.net : On a aussi une montée des propos politiques acerbes. Quel commentaire votre parti peut faire de cette situation ?

C.F.C. : Je dirais que notre pays a, au regard de la situation qu’il traverse, plus besoin de fédérer les filles et fils autour du gouvernement afin que nous puissions aller vers l’atteinte de l’objectif commun qui est le développement du pays. Mais quand on avance divisé, on avance affaibli. C’est pour cela, il y a de mauvaises intentions qui s’adonnent à des actes de sabotage, de nature répréhensive par la loi.

Nous, à notre niveau, nous pensons que ce phénomène trouve sa source dans la mauvaise gouvernance de notre pays depuis le régime Compaoré. Mais nous lançons un appel à nos concitoyens à se départir des actes de violence et de sabotage, tendant à saper les efforts des dirigeants ; parce que ce serait mettre en retard notre pays, y compris ceux qui posent ces actes.

Propos recueillis par O.L
Lefaso.net

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