Situation nationale : « Le régime actuel a opté pour des actions militaires d’éclats marquées par des exécutions extra-judiciaires », déplorent les responsables de l’OPA-BF

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Situation nationale : « Le régime actuel a opté pour des actions militaires d’éclats marquées par des exécutions extra-judiciaires », déplorent les responsables de l’OPA-BF

A la suite de plusieurs autres partis politiques, l’Organisation des peuples africains- Burkina Faso (OPA-BF) s’est prononcée sur la situation sécuritaire au Burkina à travers une conférence de presse ce lundi, 26 août 2019 à Ouagadougou.

Nous vous proposons in extenso la déclaration liminaire de cette sortie.

Mesdames et messieurs les journalistes, hommes de médias, merci d’avoir honoré de votre présence cette conférence de presse de l’Organisation des Peuples Africains.

Chers militants et sympathisants, merci d’être venus soutenir la direction de votre parti, dans sa mission d’éveil et d’éducation des masses ;

La présente conférence de presse se tient dans un contexte particulier de l’histoire socio-politique de notre pays. Contexte marqué par la montée en puissance des attaques terroristes, les assassinats ciblés et une catastrophe humanitaire à l’horizon.

Ces trois tableaux sombres retiendrons notre attention, non pas parce que tous les maux de notre pays peuvent se résumer en ces trois tableaux, mais telles sont les questions urgentes qui se présentent à nous.

Mesdames et messieurs les journalistes, hommes de médias,

C’est avec consternation que l’OPA a appris que le 19 août 2019, le détachement militaire de Koutougou a été attaqué par un groupe armé terroriste et que l’attaque a causé la mort à 24 militaires, fait 7 blessés et occasionné de nombreux dégâts matériels.

L’OPA, par ma voix, présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes ainsi qu’aux forces de défense et de sécurité. Il souhaite également un prompt rétablissement aux blessés.

Au-delà de l’émotion, de la colère et des condamnations légitimes que suscitent ces attaques terroristes, l’OPA s’interroge sur la volonté et la capacité du pouvoir actuel à assurer la sécurité pour tous les Burkinabè.

En effet, dans notre précédente déclaration en date du 06 janvier 2019, nous avons déclaré ceci : « S’agissant de l’incapacité du gouvernement à faire face aux attaques terroristes, l’OPA a été indigné de savoir que comme seule réponse aux attaques que subissent nos braves populations et les Forces de Défense et de Sécurité depuis trois ans maintenant, le Chef suprême des armées a seulement décrété l’Etat d’urgence au lendemain du drame des dix jeunes gendarmes sacrifiés sur l’hôtel de la lutte anti-terroriste. Cette mesure semble n’avoir pas été bien préparée puisque dès son annonce, les terroristes défiaient à nouveau l’autorité de l’Etat sans la moindre résistance ou réplique immédiate. Manifestement, aucune stratégie de défense n’est perceptible ».

Huit mois plus tard, notre inquiétude face à l’absence d’une stratégie cohérente de défense et de sécurité est toujours d’actualité. Sinon comment expliquer qu’en pleine zone, sous état d’urgence, avec une alerte relayée deux jours avant par les réseaux sociaux, notre armée n’ait pas pu éviter le drame de Koutougou ?

Étaient-ils dotés de moyens adéquats ? Les services de renseignements ont-ils joué leur rôle ? Pourquoi ils n’ont pas bénéficié de renforts à temps ?

Voilà des questions qui resterons sans réponses et suscitent bien d’autres interrogations :

À qui la faute quand nous entendons les cris de cœur des FDS qui disent être mal ou insuffisamment dotés ? À qui la faute lorsque les primes dues aux soldats sont payées avec des retards ? À qui la faute lorsque les repas qui sont servis à nos soldats ne sont pas de nature à leur donner la force et le moral dont ils ont besoins en ces moments de combats ? A qui la faute lorsque les blessés de guerre ne sont pas promptement ou adéquatement pris en charge ?

La faute est imputable à ceux qui ont reçu la mission d’assurer la sécurité des biens et des personnes et de défendre l’intégrité du territoire, et surtout à ceux qui déterminent et conduisent les politiques publiques y relatives.

La faute est imputable au régime actuel. Ce régime a montré à suffisance qu’il n’a ni la volonté, ni la capacité d’assurer la sécurité des biens et des personnes et de défendre l’intégrité du territoire.

Bref, L’OPA ne souhaiterait pas que l’histoire retienne que le pays des hommes intègres est dirigé par des hommes incompétents, corrompus, voleurs et menteurs. Ce serait alors, la faillite du régime et de toutes ses institutions.

Pour l’OPA, la question sécuritaire ne doit pas être seulement l’affaire des militaires, elle doit être l’affaire de tous. Comme le disait Thomas SANKARA : « un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie ».

Il faut donc une participation de tous, à la réalisation de cet impératif de paix et de sécurité.

Il est du devoir des gouvernants d’appeler les bras valides sous les drapeaux pour défendre l’intégrité du territoire sous la direction de nos Forces de Défense et de Sécurité. Cela aura le mérite de nous responsabiliser tous et de remonter le moral des troupes.

Mais hélas, en lieu et place d’une politique sécuritaire et de défense bien réfléchie, le régime actuel a opté pour des actions militaires d’éclats marquées par des exécutions extra-judiciaires.

Aussi, assistons-nous impuissamment à des assassinats ciblés qui sont le fait de terroristes, de personnes revanchardes parfois identifiées ou non, laissant les braves populations dans un désarroi total.

Le sentiment d’injustice ressenti par les victimes est plutôt de nature à renforcer le terrorisme que de l’éradiquer.

Au même moment, se profile à l’horizon une crise humanitaire sans précédent du fait de l’insécurité. Et là encore aucune réponse sérieuse n’est perceptible. Plus de 240 000 personnes seraient déplacées du fait de l’insécurité, des villages entiers abandonnés, des écoles fermées, des centres de santé abandonnés, des administrations entières inexistantes dans certaines localités du territoire et au même moment le Chef suprême des armées affirme sans conviction que : « le Burkina ne cédera pas une seule partie de son territoire »

Mesdames et messieurs les hommes de médias,

L’incompétence de ce régime n’est pas seulement dans sa politique de défense et de sécurité. Aucun pan de notre vie sociale, politique et économique n’est satisfaisant.

Le régime a échoué à tous les niveaux et ce n’est pas la démission du gouvernement où la mise en place d’un gouvernement d’union national qui pourra sauver notre pays et lui redonner espoir.

Il n’y a pas que le gouvernement qui soit incapable. Toutes les institutions de la république sont plongées dans une inertie suicidaire. Incapables d’alerter ou de sanctionner l’exécutif sur ses choix, options politiques et travers de certains de ses dirigeants.

Il faut bien plus qu’un changement de gouvernement, il faut une refonte totale de nos institutions.

Mais en attendant que le peuple reprenne en main l’exercice de son pouvoir, l’OPA condamne avec fermeté toutes les attaques « terroristes » d’où qu’elles viennent ; Elle exprime ses encouragements aux forces de défense et de sécurité qui se battent avec les moyens que leur donne les gouvernants ;

L’OPA interpelle les autorités politiques sur leur devoir régalien d’assurer la sécurité de tous, sans aucune discrimination ; et de veiller à adapter leurs méthodes de luttes aux exigences du respect des droits humains et de l’Etat de droit ;

L’OPA interpelle les autorités politiques sur la nécessité d’envisager un appel patriotique sous les drapeaux à tous les bras valides pour défendre l’intégrité du territoire et la mise en place de comités de veille et d’alerte dans nos villes et campagnes ;

L’OPA interpelle les autorités politiques sur la nécessité de mettre en place un plan d’urgence humanitaire pour recenser les déplacés, les prendre en charge et assurer leur sécurité, au risque d’un danger encore plus grave que celui des attaques.

Faute de quoi, le peuple sera obligé dans un élan de survie, de s’assumer.

Le pouvoir du peuple, au peuple !

Le Burkina ma fierté, l’Afrique ma force !!!

Me FARAMA S. Ambroise

Le Président

Source : lefaso.net

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