Situation nationale : « Le pouvoir utilise le contexte des attaques terroristes pour procéder à des assassinats sommaires », déclare le SYNATEB

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Situation nationale : « Le pouvoir utilise le contexte des attaques terroristes pour procéder à des assassinats sommaires », déclare le SYNATEB

Le Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB) a tenu son 8e congrès ordinaire du 27 au 29 novembre 2019 à Ouagadougou. Les militants ont planché sur la « faillite » du système éducatif, la remise en cause des acquis démocratiques et l’analyse de l’actualité nationale.

Ils sont au total 130 militants dont 19 militantes, venus de 43 sections et de deux comités spécifiques à prendre part au 8e congrès ordinaire du Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB). Ils ont mûri la réflexion autour du thème : « Face à la faillite totale du système éducatif et à la remise en cause constante des acquis démocratiques, sociaux et syndicaux ; renforçons le syndicalisme révolutionnaire de lutte de classes afin de défendre fermement les intérêts de l’école burkinabè et les acquis de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 ».


Selon les organisateurs, ce congrès ordinaire visait à satisfaire non seulement aux dispositions statutaires du SYNATEB, mais aussi au renforcement des capacités politiques et organisationnelles des militants pour « une éducation de qualité accessible à tous et pour la défense conséquente des intérêts matériels et moraux des travailleurs de l’éducation de base ».


De l’incapacité d’assurer la sécurité des personnes

Les participants audit congrès ont analysé la situation nationale et internationale. Au plan sous- régional, le SYNATEB constate une faillite des Etats néocoloniaux, leur déstabilisation par les attaques terroristes, le quadrillage militaire renforcé des forces impérialistes pour agresser les peuples de la sous-région.

Au Burkina Faso (sur le plan national), les militants notent « l’incapacité du pouvoir et de l’ensemble de la bourgeoisie réactionnaire à apporter des solutions aux problèmes pressants de la jeunesse et des masses populaires ». De leur avis, le Burkina Faso assiste à une faillite des institutions néocoloniales dont l’appareil judiciaire et l’armée néocoloniale. Conséquence, l’Etat est « incapable d’assurer la sécurité des personnes et l’intégrité du territoire ».

Face à une telle situation, au lieu de protéger la population, l’on assiste aux faits contraires, constatent les travailleurs de l’éducation de base. « Le pouvoir utilise le contexte des attaques terroristes pour procéder à des assassinats sommaires de masse et des assassinats ciblés exécutés par des escadrons de la mort et pour s’attaquer aux libertés démocratiques et politiques », a déclaré le secrétaire général national du SYNATEB, François De Salle Yaméogo. Pour lui, il s’agit de terroriser le peuple pour le soumettre, briser l’esprit de l’insurrection qui ne cesse de grandir et tenter de restaurer un Etat fort au service de la bourgeoisie et de l’impérialisme, principalement français.


Dans le secteur de l’éducation, l’analyse du SYNATEB montre une situation de faillite totale du système éducatif du Burkina Faso. Cette faillite, selon les militants, est liée à la crise structurelle qu’il traverse depuis l’indépendance formelle de 1960.

« Opposer une résistance aux attaques terroristes »

Au cours de la cérémonie de clôture de ce congrès, plusieurs motions de condamnation ont été livrées. Les militants ont condamné la présence des bases militaires étrangères et exigé leur démantèlement pur et simple. Par ailleurs, ils regrettent « l’état de déliquescence de nos forces armées et invitent les populations à s’organiser afin d’opposer une résistance aux attaques terroristes ».


Les délégués ont recommandé aux militants une mise en œuvre rigoureuse des résolutions issues du présent congrès. Aussi, ils les exhortent instamment à renforcer les rangs des organisations démocratiques. Quant au bureau national du SYNATEB, ils le mandatent d’« élaborer un plan de formation et d’armer conséquemment les militants à l’accomplissement de leurs missions ».

En plus de l’analyse du présent thème, les militants ont renouvelé leur bureau national constitué de 13 membres. François De Salle Yaméogo a été reconduit comme secrétaire général national du SYNATEB.

Cryspin Masneang Laoundiki

LeFaso.net

Source : lefaso.net

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