Situation nationale : Le message du FPR

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Dans cette déclaration, le FPR se prononce sur la situation nationale.

Peuple du Burkina Faso, Burkinabè de toutes les communautés, de tous bords et de toutes classes, le FPR vous appel au réveil et au sursaut patriotique car il n’y a point de sommeil lorsque l’avenir est incertain.

Au regard des dernières constatations sur la situation sociopolitique de notre cher pays, nous nous sentons interpeller en tant que formation politique soucieuse du bien être des Burkinabè.

De ces constations évocatrice nous retenons entre autres :

  • la recrudescence frappante des attaques terroristes avec des pertes en matériel et en vies humaines (plus de 300 morts à nos jours), la profanation (suivi d’assassinats de religieux) le dimanche 28 avril 2019 d’un lieu de culte sans un signal fort de l’exécutif national ;
  • une récidive de la profanation (suivi également d’assassinats de religieux) le dimanche 12 mai 2019 d’un autre lieu de culte (Dablo) ;
  • une destruction continue et inacceptable du tissu éducatif avec environs 1.150 écoles fermées, 160.000 élèves et 5050 enseignants en déperdition ;
  • une absence du contrôle de la circulation des camions poids lourds (PTAC ³ 10 tonnes) ayant conduit à des accidents graves avec des pertes inacceptables en vie humaine dont 02 élèves tués courant avril-mai 2019 ;
  • une fronde sociale de plus en plus accrue avec plusieurs syndicats et corps de métier en grèves dont le SYNATIC, le SYNTSHA, les greffiers, la CNSE, les avocats, le SYNACSAB, le SYNA-GSP, le SYNAFI, le SYNTRAPOST, l’UNAPOL… ;
  • une perte fiscale de près de 300 milliards (au détriment du budget de l’Etat /2019) liée aux 03 semaines d’arrêts de travail au niveau du MINEFID ;
  • des menaces à peine voilées envers leur ministre de ce qui est appelé la « TROUPE » au niveau de la police nationale ;
  • la très mauvaise politique de lotissement ayant conduit à un mécontentement palpable des populations qui vivent au niveau des zones non lotis ;
  • le Directeur General de la poste qui a été conspué, hué et chassé en plein midi du 08/05/19 par les travailleurs ;
  • les détournements de fonds publics toujours impunis grâce à la protection du clan ;
  • les crimes récents de sang et de masse impunis (Yirgou, Gasselki, Arbinda…) ;
  • la dégradation drastique des conditions de vie des populations déplacées et non déplacées des zones à haute insécurité ;
  • l’accentuation de la politisation de l’administration (secteur public) et du secteur privé ;
  • le départ des travailleurs d’ambassades ainsi que de plusieurs ONG et autres organisations humanitaires avec leurs ressortissants etc.

Tenant compte du fait que pour la majorité des faits évoqués à savoir les pertes fiscales, l’exacerbation de la fronde sociale, l’aggravation visible de l’insécurité avec maintenant des lieux de culte visés, l’installation de zones de non droit comme Arbinda et autres, les menaces de la « TROUPE », le soulèvement populaire interne contre le Directeur Général de la poste, nous les vivons et subissons avec le nouveau gouvernement du 24 janvier dernier, dirigé par le premier ministre Joseph Marie Christophe DABIRE, lui-même nommé le 21 janvier 2019.

Si avec ce décompte des faits graves ci-dessus évoqués, les hauts responsables de l’Alliance des Partis Politiques de la Majorité Présidentielle (APMP), estiment que le Burkina Faso n’est pas en crise (lors de leur dernière conférence de presse), alors des deux choses suivantes nous pensons que pour ceux qui osent avancer de telles affirmations à la sauvette :

  • soit ils sont tellement en déphasage avec les réalités du pays, qu’ils manquent de lucidité et sont donc en crise avec eux même,
  • soit ils sont bien conscients des enjeux et réalités du terrain, ils savent que le pays est bien en crise mais ils préfèrent continuer d’agir au bénéfice uniquement du Roi et du clan au détriment du peuple et de la république, advienne que pourra (« alea jacta »).

Toutefois, au cas où les uns et les autres auraient une mémoire courte, alors il ne serait ni mauvais, ni de trop de rappeler ici que le peuple par contre, n’a pas une mémoire courte. Lorsqu’on doit sa place au soleil à la faveur de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, on devrait avoir la décence politique et ne pas se comporter de la sorte (quasi mépris) envers le peuple car le même peuple qui vous a accordé sa confiance et qui est le véritable détenteur du pouvoir démocratique, peut vous la retirer à tout instant sans sommation.

Dans tous les cas et en tout état de cause, le diagnostic du FPR est sans appel, la gouvernance actuelle par tâtonnement, hésitation, endettement ahurissant, mendicité internationale couplée à une absence de vision claire,  ne nous conduira vers aucun développement. Elle a échoué. On ne peut pas prétendre construire un château sans une fondation solide à l’image de la robustesse de l’édifice souhaité ; pire si l’on n’utilise pas les personnes qu’il faut à la place qu’il faut avec les matériaux qu’il faut, le projet relèvera simplement de l’utopie.

Notre cher pays est bien mal au point et en crise en ce moment. L’incapacité des dirigeants à protéger le peuple est incontestable, ils sont face à leur échec collectif, n’en déplaise aux complices qui ne pensent qu’à leurs intérêts égoïstes et à ceux qui préfèrent la politique de l’autruche.

Après l’échec et le départ du gouvernement Paul KABA THIEBA, le FPR dans l’intérêt supérieur de la nation s’est un peu abstenu sur certains points importants, dans  l’espérance que le gouvernement Joseph Marie Christophe DABIRE puisse nous édifier et recevoir la reconnaissance de la nation. Malheureusement, plus de 03 mois après leur mise en fonction, notre constat ainsi que bien d’autres observateurs avertis, est que la situation économique, sociopolitique s’est dangereusement empirée ; le tissu social est au bord de la déchirure malgré la multitude de hauts conseils budgétivore existant.

La montée de la grogne sociale liée au bilan obtenu par ce nouveau gouvernement prouve que le Burkina Faso n’a plus rien à espérer de lui en tant qu’apporteur de solutions efficaces et efficientes. De par sa composition, il est à l’image d’un gouvernement établit en « période de vaches grasses » alors qu’à contrario, nous sommes en période de tensions difficiles, d’angoisses et d’incertitudes.

Dès lors pour le FPR, le véritable problème réside sans ambages non seulement dans la légitimité populaire des gouvernants actuels mais aussi dans l’opérationnalisation du mode de gouvernance en tant de crise. Il ne s’agit pas seulement de vouloir trouver des boucs émissaires en limogeant les gouverneurs des zones fortement touchées par l’insécurité, non le problème réside dans le gouvernement actuel, dans l’inadéquation de sa composition et de son fonctionnement en période de crise.

Lorsque le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat se permet de dire (voie de presse) qu’il ne sera pas possible de donner dix huit millions (18.000.000) de parcelles habitables aux burkinabè et qu’il faudra penser dorénavant aux habitats à loyer modérés (HLM), nous lui signifions clairement que la génération actuelle est bien consciente de cela et qu’il n’apporte rien de nouveau à la nation sur ce point. il n’y a pas lieu de chercher à se rendre neuf, parce que si les populations et particulièrement celles des zones non lotis souffrent, c’est à cause des politiques sans visions réelles mises en place par le « SYSTEME » depuis 1987 à nos jours (dont la majorité de ceux qui nous gouvernent actuellement en font partie), que la jeunesse présente ainsi que beaucoup de foyers vivent les conséquences néfastes aujourd’hui ; s’ils avaient bien pensé et bien organisé, le foncier, l’urbanisation et l’habitat, nous n’en serons pas là en ce moment. La génération d’hommes politiques du « SYSTEME » à participer activement à prendre des décisions qui impactent négativement la vie de la nation et de la jeunesse actuelle. Ces politiques ont disposé à l’endroit des générations actuelles des décisions lourdes de conséquences nocives, à présent ils veulent disposer à l’endroit des générations futures d’autres positions et visions assassines. Au FPR, nous disons non ca suffit.

Aussi, si ce qui est appelé la « TROUPE » advient à donner un ultimatum au ministre en charge de la sécurité aux fins de prétendre réclamer sa démission (à travers une circulaire), c’est de notre avis, parce qu’elle a tant espéré des changements pratiques sur le terrain de combat sans résultats. Si malheureusement ces changements espérés ne sont jamais au rendez vous c’est parce que leur ministre lui-même est fatigué et presque absent du terrain. Partant de là, nous (FPR) ne comprenons pas aussi pourquoi au moment où le pays à tant besoin d’un gouvernement dynamique et opérationnel sur le terrain, certains ministères stratégiques continuent d’être confiés à des retraités qui devraient profiter de leurs repos mérités. Nous avons certes, beaucoup de respect et de considérations pour nos « super ainés » retraités, mais nous pensons que des postes de conseillers ou du même genre, les conviendraient mieux (en ce moment crucial de la vie de la nation) au cas où l’on souhaite toujours les responsabiliser.

Pour le FPR, après plus de trois (03) mois sans résultats probants, nous estimons que le Premier Ministre et son gouvernement actuel ont échoué. Les gouvernants doivent avoir le courage de procéder à un remaniement stratégique urgent car il n’y a plus de temps à perdre, le peuple est sur les nerfs et à bout. La configuration du gouvernement doit changer car beaucoup de postes importants en son sein sont occupé, soit par des personnes fatigués, soit par des personnes incompétentes et désavouées, soit par des figurants qui bénéficient d’une récompense politique. Tous ceux qui étaient admis à la retraite doivent quitter le gouvernement et être relogés autrement et ailleurs, tous ceux qui sont aux affaires (participent activement) depuis 1987 voir 1989 sans avoir apporté quoi que ce soit de notable et de louable de manière palpable au peuple, doivent quitter le gouvernement, tous les ministres inactifs qui sont décriés au sein même de leur départements doivent quitter le gouvernement. Le protectionnisme et les copinages doivent prendre fin et un nouveau gouvernement dont la formation tiendra compte de la réalité de crise actuelle ainsi que des véritables aspirations du peuple doit voir le jour afin de conduire le peuple dans l’union. Le virage doit s’opérer maintenant sans attendre car nous ne pouvons plus accepter cette dictature déguisée du clan.

A tous ceux qui ont soif de liberté et de développement véritable, il est admis qu’il n’y a point de liberté et de pain pour un peuple sans combat. C’est pourquoi debout comme un seul homme, nous devons nous unir ou périr ; nous devons nous battre pour nous affranchir réellement parce que nous refusons d’être complice devant l’histoire, à travers notre silence coupable et notre inaction de la destruction progressive du Burkina Faso.

En considération de ce qui précède, si les gouvernants continuent de faire la sourde oreille, le FPR ainsi que tous les citoyens épris de paix et de justice sociale, lutterons clairement à travers toutes les voies démocratiquement reconnues pour la liberté, le développement et le mieux être du peuple burkinabè sans distinction aucune.

En tant que patriotes engagés, nous pensons qu’il est possible de permettre à notre pays de résister à toutes tentatives interne ou externe de servitudes. Notre pays le Burkina Faso, peut bien devenir une nation, rayonnante et respectée pourvu qu’il soit dirigé par des patriotes panafricanistes visionnaires et capables.

La Patrie ou la mort, nous vaincrons.

Vive la diversité du peuple unit,                                         

 Pour le Bureau Politique National  l’Eternel Dieu bénisse le Burkina Faso                            

Le Président National               

Ouagadougou le 15/05/19.               

Source : Burkina24.com

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