Situation nationale : « Au Burkina, on voit rarement des ministres démissionner par sens de responsabilité » (CFOP-BF)

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Situation nationale : « Au Burkina, on voit rarement des ministres démissionner par sens de responsabilité » (CFOP-BF)

Dans la nuit du jeudi, 18 octobre 2018, la brigade de la gendarmerie de Djibo, dans la région du Sahel, a été l’objet d’une attaque terroriste qui a fait des dégâts matériels et permis la libération de prisonniers. Pour l’opposition, s’il est reconnu actuellement que le nord est une zone de prédilection des terroristes, le mode opératoire de l’attaque sus-mentionnée surprend. Retraçant les péripéties de cette attaque telles que relayées dans la presse, l’opposition se demande pourquoi une cinquantaine de terroristes étaient enfermés en un seul endroit, surtout dans une brigade de gendarmerie qui n’offre pas toutes les garanties de sécurité.

Le CFOP-BF note que depuis l’attaque, aucun haut responsable n’est allé remonter le moral des populations, certainement désorientées par la situation. « Les attaques se sont passées la semaine dernière. Nous sommes mardi, quel est le haut dirigeant de l’Etat qui est allé dans cette localité remonter le moral des populations ? (…). Le ministre de la Défense ne s’y est pas rendu lui-même pour remonter le moral des troupes ni pour encourager (…) les populations. Le ministre de la Sécurité, pareil », s’étonne Dr Aristide Ouédraogo.

Situation nationale : « Au Burkina, on voit rarement des ministres démissionner par sens de responsabilité » (CFOP-BF)« Dans tous les cas, ce ne sont pas les braves Forces de défense et de sécurité qui saignent chaque jour que Dieu fait, qu’il faut accuser. Ceux à qui nous demandons des comptes, ce sont les autorités civiles qui sont censées fournir les moyens de combat à nos Forces de défense et de sécurité. Il incombe également à ces autorités, non seulement de définir une stratégie victorieuse, mais aussi de mettre tout en œuvre pour que nos militaires et paramilitaires aient le moral haut », soutiennent les conférenciers. Ils estiment que cette situation sécuritaire actuelle est le résultat d’une « gouvernance défaillante ».

Pour l’opposition, il faut « limoger purement et simplement » le ministre de la Sécurité et celui en charge de la Défense et nommer « des spécialistes expérimentés et compétents ».
« La question de la sécurité est devenue si cruciale, que les deux ministères cités ne devraient pas être occupés par des copains et des compagnons politiques, de surcroît incompétents et amateurs en la matière », a réitéré l’opposition pour qui, les populations ne croient plus en la capacité du pouvoir de les protéger. Pourtant, selon les conférenciers, le Burkina regorge de personnes capables de donner satisfaction à la tête de ces départements ministériels.

Situation nationale : « Au Burkina, on voit rarement des ministres démissionner par sens de responsabilité » (CFOP-BF)« Au Burkina, on voit rarement des ministres démissionner par sens de responsabilité. Si les intéressés refusent de démissionner et que les autres se taisent, ils deviennent des complices », ont analysé les conférenciers, précisant n’être pas contre les personnes des ministres sus-pointés.

Le second point à l’ordre du jour est relatif à ce qu’ils ont qualifié de « déstabilisation des mairies dirigées par l’opposition ».

« En effet, après de vaines tentatives de faire tomber madame le maire de l’arrondissement 3, le MPP a entrepris une vague tentative de déstabilisation de la quasi-totalité des mairies dirigées par l’opposition politique dans le Kadiogo », informe l’opposition, relevant que « cette crise de folie » est consécutive à sa marche-meeting du 29 septembre.

« Le lundi 15 octobre 2018, c’est le maire de l’arrondissement 7 de Ouagadougou, par ailleurs président de la commission mobilisation de la marche-meeting des forces vives de la nation, qui a été visé par une motion de défiance fomentée par les conseillers municipaux MPP et alliés. Le motif principal avancé est que le maire a pris activement part à la marche-meeting de l’opposition », ont révélé les conférenciers, informant plus loin que la motion a échoué.

Situation nationale : « Au Burkina, on voit rarement des ministres démissionner par sens de responsabilité » (CFOP-BF)« Au moment où tout le monde s’accorde sur le fait qu’au regard de la situation nationale, marquée par des attaques terroristes, l’unité nationale est plus que nécessaire, pour le MPP, ce qui est important, c’est comment faire pour rester au pouvoir en déstabilisant l’opposition dans toutes les sphères de décisions, notamment à l’Assemblée nationale, les mairies, les partis politiques », déplore Yumanli Lompo. Pour l’opposition, ce comportement anti-démocratique du MPP risque de mettre en péril la paix au sein des communautés et faire reculer la démocratie locale.

Tout en réaffirmant sa solidarité à ses maires et conseillers « victimes » de ces actes, l’opposition appelle les communautés concernées par ces actions de déstabilisation à soutenir les maires et à être vigilantes pour contrer toute action de velléité que le MPP et ses alliés viendraient à initier.

O.O
Lefaso.net

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